Françafrique

Des tortionnaires et criminels contre l’humanité formés par la France

par Forum de la Semaine (Togo) , le 10 juillet 2006, publié sur ufctogo.com

Le DG de la Police en stage : Les turpitudes d’une France qui se cherche

 

Nous vous l’annoncions il y a de cela quelques jours : la France, « pays des droits de l’Homme et des libertés » accueille et forme à l’Ecole de guerre de Paris le Capitaine de Frégate Néyo Takougnadi, le tout-puissant Directeur général de la Police nationale. Ce marin parachuté à la tête de la Police nationale par feu Général Eyadema pour « service rendu », et contre l’avis de nombreux policiers de métier formés sur le budget de l’Etat pour œuvre utile, a érigé la Police nationale en haut lieu de tortures et autres traitements inhumains et dégradants. Des crimes contre l’humanité, puisque c’est ainsi que la torture est reconnue, sont monnaie courante dans les lieux de détentions secrets et des Commissariats.

Nous n’en voulons pour preuve que le Commissariat de la villa Donou à Djidjolé où des rescapés racontent des scènes de tortures abominables et inimaginables. C’est de là où fut torturé, l’actuel Directeur de Cabinet du Ministre de la Ville, Daniel Kofi Aganon arrêté alors qu’il était le Président de la Jeunesse de l’Union des Forces de Changement (UFC) parti de Gilchrist Olympio. En compagnie de son collègue Vincent Godévi et en plus d’une dizaine de jeunes militants du même parti, il fut victime des pires atrocités des tortionnaires à la solde du tout-puissant Capitaine de Frégate. Ployant sous les coups des bâtons, matraques et autres barres de fer en plus des scènes et positions de souffrances difficiles à décrire, nos malheureux militants de l’opposition se sont évanouis à plusieurs reprises et traînent à vie et de façon quasi-irréversible, les séquelles de ces atrocités, de ces crimes contre l’humanité.

Nombreux sont ceux qui y ont laissé leur vie sans que l’opinion ne soit ameutée. Car, ces atrocités sont commises dans presque tous les commissariats et postes de police du Togo au nom de la « realpolitik » dont l’éminence grise est le Capitaine de Frégate Néyo Takougnadi. Et la France, « pays des droits de l’Homme » en sait quelque chose. Car elle ne peut pas l’ignorer vu que les cas patents de Tengué Komi Kouma hier et aujourd’hui de Yaya Moussa sont fort illustratifs.

En effet, Tengué Komi-Kouma du nom du jeune Président du Comité villageois de développement (CVD) de Dzolo, livré à la police par le Chef Canton Amaglo Sadjo III du village de Dzolo (Avé 60 km de Lomé) a été retrouvé mort dans le Commissariat de Kévé le 12 janvier 2004 drainant sur son corps des traces de coups et blessures et la bourse de son testicule écrasée se transformant en une forme de « galette » selon le résultat de l’autopsie. Les policiers ont ensuite jeté le cadavre dans une réserve d’eau sur la cour du Commissariat pour simuler une noyade. Malgré que le résultat de l’autopsie ait révélé que « la mort est survenue dans un état de choc aigu et l’examen de l’eau s’est révélé négatif », les Policiers Lossina et Koudzi qui étaient de garde le jour du décès n’ont pas été mis aux arrêts et traduits devant la justice. Surtout que les riverains ont témoigné des cris et pleurs de supplices venus du Commissariat durant toute la nuit. Qui plus est, ces policiers assassins sont simplement convoyés au Commissariat central, libres de leur mouvement jusqu’à leur mutation définitive de Kévé. Cette affaire a fait le tour du monde et repris abondamment dans des différents rapports des ONGs des droits de l’Homme (FIDH, Amnesty International) sur le Togo. Dans un pays normal, le Directeur de la Police nationale devait démissionner. Le corps de M. Tengué se trouve jusqu’à ce jour à la morgue du CHU de Tokoin-Lomé.

Ensuite, et tout récemment, c’est l’affaire Yaya Moussa qui a défrayé le chronique. Le jeune commerçant était arrêté nuitamment à Doulassamé en compagnie d’un de ses amis puis conduit dans les locaux de la Direction centrale de la Police Judiciaire. Torturé, il fut retrouvé mort et son corps déposé à la morgue avant que les parents ne soient informés. Le Directeur central de la Police judiciaire, dépassé par les évènements a dû ficeler une histoire à dormir debout qui n’implique pas moins ses agents. Pour le Commissaire Koudowovoh, la malheureuse victime a été lynchée par une foule sur l’alerte de ses agents alors qu’elle tentait une désertion sur le terrain où elle était amenée sur la base de sa propre dénonciation. En réalité, Yaya Moussa a été torturé à mort mais pas par une foule. Aucune procédure judiciaire n’est ouverte contre les agents impliqués dans cette affaire. Serait-ce la France que le DG de la Police aurait démissionné. Les droits de l’Homme n’ont de valeur que pour ceux qui sont murs pour la démocratie.

De nombreuses séances de tortures ont cours au sein des locaux même de la direction générale de la Police nationale et très souvent sur les ordres de Takougnadi qui suit tout de près lui-même. Une douloureuse expérience que nous avons vécue lors de notre détention (nous étions détenus avec Colombo Kpakpabia et Filip Evégno l’actuel Président de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication), nous avions remarqué que l’Officier de Police Adjoint qui a ordonné les tortures pratiquées sur notre personne et qui a participé à ces séances de traitements inhumains et dégradants, le tortionnaire Karbou Alain Agoura, était en contact téléphonique permanent avec quelqu’un à qui il répondait avec toutes les références. Nos soupçons ont été confirmés plus tard par un agent qui nous révélait que c’était « le D.G lui-même ». Ce que nous avions souligné à l’époque au Doyen des Juges d’Instruction Pawélé Sogoyou, resté impuissant sur ce dossier jusqu’à ce jour.

Le Capitaine de Frégate Néyo Takougnadi ne mérite pas de fréquenter une école de guerre qui a formé d’éminents militaires africains qui font honneur au continent à l’instar d’Amani Tounami Touré l’actuel Président du Mali. Takougnadi est un criminel, un tortionnaire qui a transformé la Police nationale a un goulag et un schéol qui n’honorent pas notre pays avec leurs morts et leurs traumatisés à vie.

Le contribuable français doit demander des comptes au gouvernement de Chirac- Villepin qui utilise les recettes du budget français pour former des tortionnaires et des criminels contre l’humanité pour les lâcher ensuite dans nos pays afin qu’ils écrasent mieux les velléités de « ceux qui ne sont pas mûrs pour la démocratie ». C’est une véritable prime à l’impunité, terreau des violations massives des droits de l’homme. Auparavant, Faure Gnassingbé doit avoir le courage pour nommer un vrai Commissaire de Police à la tête de ce corps dont le peuple a besoin pour son épanouissement.

Dimas DZIKODO
Forum de la Semaine N°170 : du 10 juillet 2006

 

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