Dictature aux abois

Des suites du Dialogue intertogolais : le syndrome de l’impuissance

par Isaac TCHIAKPE , le 11 février 2002, publié sur ufctogo.com

Cela est bien connu dans l’histoire, les dictatures aux abois répondent aux observations qu’on leur fait par l’invective et la dénonciation du complot international. En général, les courtisans se font les chantres de la souveraineté nationale, les défenseurs des intérêts du peuple. C’est du reste, ce qui se passe au Togo, depuis que l’Union européenne et les Etats-Unis ont averti le RPT et son chef que toute remise en cause de l’Accord-cadre serait préjudiciable pour la reprise de la coopération avec le Togo. Ainsi, Eyadéma et ses courtisans sont devenus fébriles et insultent leurs partenaires.

 

Les diatribes récentes de M. Agbeyome Kodjo contre l’Union européenne sont la manifestation du syndrome de la débacle. Car, la stratégie de M. Eyadéma a vécu. Plus personne, sauf quelques milieux officieux à Paris, n’est abusé par l’image de démocrate et d’homme de dialogue qu’affiche Eyadéma. L’insulte et l’invective sont les armes qu’ affectionnent les dictatures pour répondre à de justes demandes, à savoir des exigences de démocratie et de respect des droits de l’homme.

Oui, Gnassingbé Eyadéma et son parti ont prospéré par le mensonge, la prédation, la terreur, et la falsification de l’histoire. Gnassingbé Eyadéma n’a eu de cesse de se forger une bonne image sur la scène internationale, celle de démocrate, de faiseur de paix, de sage de l’Afrique. Et il fut aidé en cela par des canailles parisiennes qui s’enrichirent sur le dos du peuple togolais. Ainsi, en dépit des crimes avérés de ce régime, Eyadéma a pu se maintenir au pouvoir, acquérir de la respectabilité, se faire recevoir dans presque toutes les capitales du monde.

Ainsi, malgré le fâcheux épisode électoral de juin 1998, Eyadéma a pu se maintenir au pouvoir et se faire reconnaître comme président légitime.

De même, alors qu’il est prouvé par une commission internationale d’enquêtes ( ONU-OUA ) que ce régime s’est rendu coupable de massives exécutions d’opposants politiques, Eyadéma est bel et bien là et se pavane de temps en temps dans les capitales occidentales, poussant l’outrecuidance à se dire parer des vertus d’ homme de dialogue et de démocrate.

En effet, outre ce moyen terrible d’oppression dont il dispose et qui est l’armée, Eyadéma s’est maintenu au pouvoir parce qu’il disposait de solides relais en Occident, et que ceux-ci ont contribué à lui forger une respectabilité et à jeter une chape de silence sur le sort du peuple togolais, pris en otage par une soldatesque ignare, à l’image de son chef, dressée à tuer !

Ce n’est pas faute de trouver en lui les ressources pour se libérer, que le peuple togolais subit le joug de cette dictature d’un temps ancien. Les Togolais ont prouvé en 1990 qu’ils en avaient assez d’une telle barbarie. Cependant, on sait ce qu’il en est advenu, une horde de militaires lancée dans les rues de nos villes, et qui prirent plaisir à tuer, à terroriser, poussant ainsi des centaines de milliers de nos compatriotes à l’exil. Sans compter bien sûr, certaines compromissions politiques qui furent fatales au processus de démocratisation !

Mais alors, Eyadéma est-il indéracinable ? Evidemment non ! Par sagesse, les leaders de l’opposition n’ont jamais appelé le peuple à une confrontation avec ce régime et son armée. Car, Eyadéma a organisé son clan et l’armée, de manière telle, que le risque d’un scénario à la rwandaise n’est pas à exclure. Certes, comparaison n’est pas raison, une situation n’est pas comparable à une autre. Mais, ayons présent à l’esprit qu’ au Rwanda, un accord politique avait été aussi conclu avec le régime en place qui refusait de le respecter sous la pression de certains courtisans extrémistes, et qui n’hésitaient pas de même à invectiver sur les médias publics leurs adversaires politiques. Mentionnons aussi, la complicité tacite d’une capitale occidentale qui parfois, n’hésita pas à s’engager militairement auprès du régime Habyarimana.

Nous savions à quoi nous en tenir en nous engageant dans un processus de négociation politique avec un parti qui n’a aucune culture démocratique, qui a toujours abusé du double langage et dont les dirigeants sont notoirement de mauvaise foi. En participant au dialogue intertogolais, le souci de l’UFC était d’œuvrer sans compromission pour permettre à nouveau l’expression libre du peuple togolais. Nous fûmes partie de ce dialogue que nous avons toujours considéré comme un pis-aller au regard du contentieux électoral de juin 1998.

Cependant, toutes ces dernières péripéties révèlent à la communauté internationale la nature hypocrite du régime Eyadéma. D’une certaine manière nous sommes satisfaits, car par leurs propres turpitudes, Eyadéma et ses collaborateurs jettent leur masque.

Bien évidemment, la pression internationale conforte nos convictions et nos engagements, mais nous n’avons jamais considéré qu’elle seule suffirait à ramener Eyadéma et les siens à la raison.

Nous attendons simplement de nos partenaires au développement qu’il ne manifeste aucune complaisance avec un régime assassin et qui terrorise sa population. A nous de trouver les voies et moyens de chasser ces gens infamants du pouvoir ! Et pour cela, toutes les contributions sont utiles et maintenant nécessaires.

Par Isaac.TCHIAKPE

 

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