Présidentielle

Dépouillement à haut risque au Togo

par Libération (France) , le 26 avril 2005, publié sur ufctogo.com

Tensions et nouveaux heurts hier à Lomé entre les forces de l’ordre et les partisans du candidat de l’opposition.

 

Soudain, un coup de sifflet retentit. Deux Jeep remplies de militaires, tous phares allumés, viennent de s’engager au bout d’une ruelle sablonneuse. Dans le quartier de Bé, l’un des fiefs de l’opposition au régime togolais à Lomé, c’est la panique. Les habitants courent dans tous les sens, des enfants trébuchent, puis se relèvent aussitôt pour se mettre à l’abri dans une cour. Cette fois, les soldats passent sans tirer de gaz lacrymogènes ou de grenades assourdissantes.

Dimanche, les Togolais se rendaient aux urnes pour le scrutin présidentiel. Trois candidats étaient en lice : celui du régime, le fils du défunt président Eyadéma, Faure Gnassingbé ; celui de la coalition des six partis de l’opposition dite radicale, Emmanuel Bob Akitani ; et Harry Olympio. Dans l’attente de la fin du dépouillement, l’armée se livre à des manoeuvres d’intimidation envers la population.

Barrages. Hier, les rues sont restées désertes et les magasins ont gardé leur rideau baissé. Les communications sont quasi impossibles : l’un des réseaux de téléphone portable a été fermé, l’autre a vu ses tarifs brusquement augmentés à des niveaux prohibitifs. Une fois les soldats passés, les jeunes qui soutiennent l’opposition érigent des barricades de fortune : ferraille, troncs d’arbre, pneus enflammés... Les journalistes étrangers qui se risquent dans le quartier en état d’insurrection sont soupçonnés d’être des « espions français ». Pour franchir les barrages, il faut parlementer avec la foule munie de bâtons et, pour certains, de machettes. Dans le quartier, des habitants brandissent les « résultats » du vote : Emmanuel Bob Akitani, le candidat de la coalition, aurait obtenu, selon eux, plus de 90 % des voix. Des chiffres non confirmés officiellement. Depuis les violences de dimanche soir, le dépouillement a été perturbé dans plusieurs zones de la capitale.

Cinq tués. Selon un dernier bilan fourni par une source diplomatique à Lomé, au moins cinq personnes auraient été tuées près d’un bureau de vote de la capitale, lorsque les militaires sont venus prendre les urnes. Des dizaines de blessés seraient aussi à déplorer.

L’envoyé spécial du Figaro Patrick de Saint-Exupéry a été refoulé samedi faute d’accréditation de presse pour couvrir l’élection présidentielle, selon le quotidien. Tous les médias privés togolais ont reçu l’interdiction de couvrir le scrutin.

Par Thomas HOFNUNG

 

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