Communiqué

Demande de déplacement du prochain sommet de l’OUA de Lomé dans une autre capitale africaine

par UFC , le 7 mai 2000, publié sur ufctogo.com

 

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Lomé, le 7 mai 2000
A Monsieur le Président de la République

Objet : Demande de déplacement du prochain sommet de l’OUA
de Lomé dans une autre capitale africaine.

Excellence Monsieur le Président de la République, Nous avons l’honneur d’attirer très respectueusement votre haute attention sur l’opportunité d’organiser à Lomé, au Togo, le prochain sommet des Chefs d’Etat de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA). Nous considérons en effet, que la tenue de cette réunion au Togo, dans le contexte de crise politique et sociale aiguë que connaît ce pays, causerait un grave préjudice au Peuple togolais et à l’Afrique.

Vous n’ignorez certainement pas que notre pays, le Togo, est privé depuis 1993, de l’aide économique et financière de l’Union Européenne, des pays de l’UE, et des Etats Unis d’Amérique. Cette sanction, qui est la conséquence de violations graves, massives et répétées des Droits de l’Homme par le régime togolais, a été maintenue et même renforcée après les élections présidentielles de 1998, à la suite de la proclamation de résultats considérés par les Observateurs internationaux, comme "ne reflétant pas la volonté exprimée par le Peuple togolais".

Les Institutions Financières Internationales, principalement, le Fonds Monétaire Internationale et la Banque Mondiale, dans l’impossibilité de faire face, toutes seules, aux concours financiers dont le Togo a besoin, sont également, depuis pratiquement une décennie, en état de cessation de toute assistance à notre pays.

L’irresponsabilité dans la gestion des finances publiques, le népotisme, le gaspillage, bref la mauvaise gouvernance, ont crée une situation de dégradation économique et sociale profonde.
- Les hôpitaux et centres de santé sont sinistrés et les soins élémentaires ne sont pas assurés.
- Les salaires des fonctionnaires et les pensions des retraités accusent des retards considérables qui dépassent 8 mois pour les catégories les plus défavorisés.
- L’Ecole togolaise, depuis le primaire jusqu’à l’Université, n’assure plus depuis longtemps sa mission normale d’éducation. Les enseignants sont en grève quasi permanente.

Plus grave, les autorités togolaises refusent obstinément de prendre les mesures demandées par la communauté internationale et les institutions financières pour la reprise de relations économiques et financières normales.

Est-il concevable d’organiser le sommet de l’OUA dans ce contexte de crise économique et sociale profonde, qui menace même l’existence de notre Etat ?

Plus préoccupant, les autorités togolaises ont perdu tout crédit, tant à l’intérieur du pays, qu’au plan international.

Depuis une dizaine d’années, les rapports publiés par plusieurs Associations de défense des Droits de l’Homme dont Amnesty International et la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), et le Département d’Etat américain, font état, régulièrement, de violations massives et répétées des Droits de l’Homme, par le régime togolais. D’ailleurs, l’Organisation des Nations Unies (ONU) a accepté de mettre en place une Commission d’enquête internationale pour vérifier les graves accusations de violations des Droits de l’Homme, portées par Amnesty International contre le Togo dans un Rapport publié le 5 mai 1999 et intitulé : Togo, Etat de Terreur.

Le 15 mars 2000, un rapport publié par un groupe d’experts mandaté par le Conseil de Sécurité de l’ONU et présidé par l’Ambassadeur Canadien FOWLER, a mis en cause, personnellement, le Chef de l’Etat togolais, dans de graves violations des sanctions décrétées contre l’UNITA. M. Gnassingbé EYADEMA y est accusé notamment, de fournir des armes à ce mouvement rebelle, contre paiement en diamants, prolongeant ainsi la guerre et la souffrance atroce du peuple frère d’Angola.

Ce rapport a mis en lumière, la pratique du double langage sur laquelle repose le régime togolais qui prétend s’investir dans la recherche de la paix partout en Afrique, dans le même temps qu’il alimente la guerre civile en Angola. De même, le régime togolais incite sur les média d’Etat, à la haine et à la violence contre les forces démocratiques togolaises, dans le même temps qu’il parle en permanence de réconciliation nationale au Togo.

Un tel régime, qui a pu se maintenir en raison de la guerre froide, est anachronique aujourd’hui. Il est même dangereux pour la paix au Togo, en Afrique et dans le monde. La Communauté internationale doit faire preuve, à son égard, de la plus grande fermeté.

Nous voudrions vous interpeller en vous demandant si l’Etat togolais qui manque gravement à ses obligations domestiques élémentaires, peut raisonnablement organiser la réunion de l’OUA.

Nous voudrions vous interpeller en vous demandant, si, en raison de la perte par le régime togolais de tout crédit au plan international, le Togo peut, sans préjudice pour l’OUA, accueillir le sommet de cette organisation.

Nous voudrions enfin vous interpeller sur l’image de l’Afrique aujourd’hui, si elle était représentée par un chef d’Etat au ban de la Communauté Internationale.
Vous devez éviter que les populations togolaises, qui considèrent que la tenue du sommet de l’OUA au Togo, manifeste le mépris profond du régime togolais pour elles, en arrivent à penser que les chefs d’Etat africains sont insensibles à leurs souffrances et cautionnent la politique rétrograde du régime EYADEMA.

Car, il est évident que M. Gnassingbé EYADEMA recherche désespérément au plan international, à travers la tenue de ce sommet, une légitimité qui lui fait si cruellement défaut chez lui. L’OUA n’est pas créée pour cela.

Voilà pourquoi, nous vous invitons à user de votre grande influence auprès de vos Collègues, pour que le sommet de l’OUA se tienne à Addis Abéba en Ethiopie, ou dans un pays apte à l’accueillir sans préjudice, et pour son Peuple et pour l’image de l’Afrique.

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre Très Haute Considération.

Pour le Bureau National,
Le Président National,
Gilchrist OLYMPIO

 

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