Présidentielles 2003

Déclaration provisoire du Conseil national de surveillance des élections (CONEL)

par Conseil national de surveillance des élections (CONEL) , le 2 juin 2003, publié sur ufctogo.com

Bourrage d’urnes, violences, intimidations, truquages, exclusion, achats de consciences et autres forfaitures ont marqué le déroulement du vote sur l’ensemble du territoire national.

 

Dans le cadre de sa mission de monitoring du processus de l’élection présidentielle du 1er juin 2003, le Conseil national de surveillance des élections (CONEL) a suivi le déroulement des opérations du vote le 1er juin 2003 sur l’ensemble du territoire national, grâce à ses observateurs et aux réseaux d’électeurs constitués dans le pays.

Le CONEL constate que de nombreuses irrégularités et fraudes massives susceptibles d’entacher considérablement les résultats du scrutin ont marqué la consultation de ce jour. Ces manœuvres grossières ont porté essentiellement sur :

1- L’exclusion des délégués des candidats de l’opposition des bureaux de vote

En violation des articles 101, 102 et 103 du Code électoral, les délégués des candidats de l’opposition n’ont pas été admis dans les bureaux de vote dans un nombre important de circonscriptions électorales. Ces phénomènes ont été constatés notamment dans les régions des Savanes : Tone, Oti, Kpendjal ; dans la région de la Kara : Kozah, Binah, Assoli, Doufelgou ; dans la région Centrale : Tchamba, Blitta, Sotouboua, Tchaoudjo ; dans la région des Plateaux : Haho et Wawa et dans la région Maritime : Zio et Vo. L’absence de ces délégués dans les bureaux de vote n’a pas permis un déroulement impartial, équitable et sincère des opérations.

2- Bourrages et remplacement des urnes

Dans plus de la moitié des bureaux de vote, les urnes ayant servi au scrutin ont été bourrées de bulletins, avant l’ouverture des bureaux de vote. Ailleurs, les urnes ont été remplacées à la fin des opérations par d’autres amenées par les préfets ou les représentants du RPT (parti au pouvoir) dans les localités concernées. Ces faits ont été remarqués dans la quasi-totalité des régions.

3- Interruption du dépouillement

Dans certains bureaux de vote, dans la Kara et la Centrale notamment, lorsque le décompte des voix n’est pas à l’avantage du candidat du RPT, les préfets sont intervenus pour arrêter les dépouillements et emporter manu militari les urnes.

4- Coupure des moyens de communication dans le pays

Les moyens de communication notamment le téléphone et l’Internet ont été coupés entre les différentes localités du pays un peu avant la fermeture des bureaux de vote. Cette coupure a eu une grande incidence notable sur le scrutin ; celui de priver les candidats de même que les électeurs de la connaissance des résultats issus des urnes au fur et à mesure des dépouillements dans les différents bureaux de vote.

5- Achat du vote des électeurs

Le CONEL a constaté que dans plusieurs localités du pays, des responsables connus du RPT au pouvoir ont remis de l’argent aux électeurs en vue d’acheter leurs votes. Cette corruption active s’est accompagnée par endroits de remise de bulletins de votes préalablement cachetés au profit du candidat sortant. Le CONEL tient à préciser que les irrégularités massives constatées ont été à l’origine des incidents et violences qui ont émaillé le déroulement du scrutin dans certaines localités du pays et conduit à des arrestations des électeurs au nombre desquels figurent certains collaborateurs (observateurs-électeurs) du CONEL. `p> Dans l’état actuel des choses, il est matériellement impossible pour la CENI chargée de la centralisation et de la proclamation des résultats d’accomplir sa mission.

Eu égard à tout ce qui précède, le CONEL est vivement préoccupée par l’issue de ce scrutin. Intégrant les entraves créées par le pourvoir pour l’empêcher d’entrer en possession des vrais résultats, le CONEL prend de nouvelles dispositions urgentes pour traiter les résultats à la disposition de ses observateurs, qu’il tient à intégrer dans la base de données disponible et consultable sur son site.

Le CONEL invite les populations à la vigilance la plus grande. Il exhorte la jeunesse, les travailleurs et tout le Peuple du Togo à ne pas faire foi à des résultats, quelle qu’en soit la source, qui ne respecteraient pas les normes minimales de crédibilité. Un rapport global sur le déroulement de l’élection, prenant en compte les manipulations et le niveau d’expression réel de l’électoral sera publié, dès que possible.

Restons mobilisés pour la démocratie sur la Terre de nos Aïeux.

Fait à Lomé ce 02 Juin 2003 (3H 50)

Le Comité Exécutif du CONEL

Contacts :
CNSC-Togo
BP 81190 Lomé
E-mail : presidentielle2003 togodebout.com
Site web : www.togodebout.com

 

© Copyright Conseil national de surveillance des élections (CONEL)

Articles suivants

Articles précédents

Dépêches

UFC Live !

  • Vous devez installer le module flash correspondant à votre navigateur pour voir ce contenu.

WEB Radios - TV

WEB Radios
Tous unis pour un Togo libre et démocratique
mercredi
16 août 2017
Lomé 25°C (à 17h)