Déclaration de l’UFC

Déclaration de l’UFC sur le drame de Lomé 2

par UFC , le 20 novembre 2004, publié sur ufctogo.com

Une folle entreprise de manipulation et de désinformation a conduit à la mort de plusieurs dizaines de nos compatriotes.

 

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L’Union des Forces le Changement (UFC) a appris avec stupeur, le samedi 20 novembre 2004 le drame survenu le même jour devant le domicile du chef de l’Etat à Lomé 2.

Selon les informations en notre possession, une marche organisée par les autorités togolaises pour saluer la reprise selon elles, de la coopération entre l’Union Européenne et le Togo, a dégénéré en bousculade devant le domicile du Chef de l’Etat, point de chute de la manifestation, entraînant la mort de plusieurs dizaines de nos compatriotes ainsi que des blessures graves sur plusieurs centaines d’entre eux.

L’UFC présente ses condoléances aux familles éplorées ainsi que ses souhaits de prompt rétablissement aux blessés.

L’UFC est d’autant plus indigné que cet événement tragique est la conséquence d’une folle entreprise de manipulation et de désinformation nationale, orchestrée par les autorités togolaises à la suite de la publication de la décision du Conseil de l’Europe, en date du 15 novembre 2004.

En effet, alors que cette décision annonçait la demande aux autorités togolaises par l’Union Européenne, d’exécution de mesures concrètes notamment la reprise du dialogue national, la révision du cadre électoral dans le contexte de ce dialogue, et subordonnait de manière explicite la reprise de la coopération entre l’UE et le Togo à la tenue d’élections législatives régulières, les autorités togolaises ont commencé à organiser des manifestations pour célébrer la reprise selon elles, de la coopération entre l’UE et le Togo.

Malgré les mises au point de l’UE à travers un de ses porte-parole, intervenu notamment sur Radio France International et BBC, pour préciser que l’UE est « loin de la reprise de la coopération avec le Togo » et que cette « reprise est subordonnée à l’organisation consensuelle des élections législatives », le gouvernement a poursuivi dans sa manœuvre surréaliste de manipulation et de désinformation qui a conduit à la mort de plusieurs dizaines de nos compatriotes.

L’UFC considère que l’attitude des autorités togolaises est indigne et manifeste la nature perverse du régime et le cynisme qui le caractérise depuis longtemps.

Après avoir ruiné le pays, conduit celui-ci dans l’état de délabrement où il est aujourd’hui, créé la misère dans les villes et les campagnes, les autorités togolaises n’hésitent pas à exploiter la détresse des populations empêtrées dans les difficultés de la vie quotidienne. Elles organisent des manifestations de soutien et y attirent par des promesses de gain, des personnes désespérées et sans perspective, qui y participent pour s’assurer le pain quotidien.
Les personnes qui ont participé à la marche de soutien du samedi 20 novembre 2004 qui a abouti à ce drame, ont été, pour certaines qui sont des fonctionnaires, contraintes d’y prendre part sous peine de sanctions, pour d’autres, convoyées des coins les plus reculés du pays, contre promesses alléchantes, pour grossir les rangs des soutiens du régime. Malheureusement, ce qui devait être pour tous les participants à cette manifestation, une occasion de gain facile, s’est terminé dans un cauchemar, dans un drame. C’est une leçon à méditer.

L’UFC exige du gouvernement, qu’il mette fin à la stratégie honteuse des marches de soutien achetées.

L’UFC invite le gouvernement à cesser la politique de l’autruche et à revenir sur terre.

L’établissement d’une « feuille de route » avec la demande explicite d’exécution de mesures concrètes comme le dialogue national et la révision du cadre électoral, n’est pas la reprise de la coopération.
L’annonce de la poursuite de la mise en œuvre des projets financés sur le reliquat des 6ème et 7ème FED, qui n’a jamais été interrompue, n’est pas non plus la reprise de la coopération.

L’annonce de la subordination de la notification du 9ème FED à la révision consensuelle du cadre électoral et à la fixation non moins consensuelle de la date des élections législatives, n’est pas la reprise de la coopération.

La subordination de la reprise de la coopération entre l’UE et le Togo à la tenue d’élections législatives régulières n’est pas non plus la reprise de la coopération.

L’UFC exhorte le gouvernement à s’atteler sérieusement à la satisfaction des conditions posées, pour obtenir la reprise de la coopération au lieu d’organiser des mascarades de soutien qui se terminent par des drames.

Fait à Lomé, le samedi 20 novembre 2004

Pour le Bureau national,
Le Premier Vice-Président,
Emmanuel AKITANI BOB

 

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