Affrontements

Déclaration de l’UFC relative aux événements de l’Université de Lomé

par UFC , le 7 mai 2004, publié sur ufctogo.com

 

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Déclaration de l’UFC

(relative aux événements des 28 et 30 avril 2004 sur le campus de l’Université de Lomé)

Le mercredi 28 avril et le vendredi 30 avril 2004, le campus universitaire de Lomé a été le théâtre d’affrontements violents, entre les étudiants et les forces de l’ordre. Il y a eu des blessés graves, des arrestations et des dégâts matériels importants.
Les médias publics ont rendu compte de ces événements fomentés par « des partis politiques extrémistes de l’opposition » dans le but de saboter les consultations en cours entre le Togo et l’Union Européenne (UE).
Le vendredi 30 avril 2004, une de ces nombreuses associations imaginaires, dont se sert le pouvoir RPT dans ses montages médiatiques, pour diffamer et dénigrer l’opposition, qui prétend s’appeler la NIP (Nouvelle Initiative Politique), a imputé, dans une déclaration lue sur les média publics par son chef, la responsabilité de ces troubles aux partis de l’opposition démocratique :UFC, CAR et CDPA. Selon cet individu, ces partis ont manipulé les étudiants afin que ceux-ci créent ces troubles pour faire échec aux négociations en cours entre l’UE et le Togo.

Les lundi 3 et mardi 4 mai 2004. les responsables étudiants, dirigeants le mouvement de revendication qui abouti aux troubles, ont été conduits devant le chef de l’Etat, en sa résidence privée de Lomé 2, par un individu sans foi ni loi, député dans l’Assemblée nationale monocolore, ancien ministre qui cherche désespérément à retourner en grâce auprès du chef de l’Etat, par les actes les plus vils. Le Chef de l’Etat et plusieurs de ses collaborateurs, ont tenté par tous les moyens, y compris la corruption. (3000000 CFA pour 21 étudiants), d’arracher aux étudiants, la signature d’une déclaration impliquant l’UFC, le CAR et la CDPA dans les troubles qui ont eu lieu sur le campus universitaire de Lomé. Les étudiants ont opposé une fin de non-recevoir catégorique à cette demande ignoble, soutenant n’être en contact avec aucun de ces partis et affirmant chercher à tenir leur mouvement éloigné des partis politiques.

Le mercredi 5 mai 2004, le chef du mouvement des étudiants qui se serait présenté tout seul à la résidence privée du chef de l’Etat, aurait accepté, sous la pression, de signer la déclaration incriminant les trois partis : UFC, CAR et CDPA.. Mais, le régime, insatisfait de cette seule signature, continue de harceler les autres responsables étudiants pour obtenir également les leurs.
Face à la situation ainsi créée par la répression brutale qui s’est abattue sur les étudiants, la fermeture de l’université de Lomé et les tentatives d’imputer des événements à des partis politiques de l’opposition, l’UFC tient à rendre publique la déclaration suivante :

- 1- L’UFC condamne avec vigueur, la violente répression exercée par les forces de l’ordre et les milices à leur service, sur des étudiants qui ont engagé des actions pacifiques pour soutenir de justes revendications connues, de longue date, des autorités tant de l’université de Lomé que du Ministère de la Recherche et de l’Enseignement supérieur.

- 2- L’UFC affirme solennellement qu’elle est absolument étrangère au mouvement de revendication des étudiants. Elle n’est mêlée ni de près, ni de loin aux troubles des 28 et 30 avril sur le campus, troubles qui traduisent les angoisses et la détresse d’une jeunesse abandonnée. Les étudiants togolais à l’instar des étudiants de tous les pays du monde, sont suffisamment grands et mûrs pour savoir discerner tout seuls, où se trouvent leurs intérêts et pour définir sans aucune manipulation, la manière de les défendre.

- 3- L’UFC dénonce avec indignation, la désinformation orchestrée à la suite de ces troubles, les manœuvres d’intimidation ainsi que les pressions crapuleuses exercées par les autorités togolaises sur les étudiants, à la résidence privée du chef de l’Etat, pour les contraindre à impliquer des partis politiques de l’opposition démocratiques, l’UFC, la CDPA et le CAR, et à les stigmatiser comme étant les commanditaires des troubles.
Au lieu de rechercher désespérément des boucs émissaires pour justifier l’injustifiable : ses échecs à tous les niveaux et sa faillite patente qui ont plongé les populations de notre pays notamment la jeunesse, dans la précarité, le dénuement et la misère, le régime RPT se doit de faire face à ses responsabilités en prenant la juste mesure de la crise estudiantine qui n’est qu’un des aspects de la crise profonde où ses errements ont plongé notre pays.

- 4- L’UFC considère que les revendications des étudiants sont parfaitement légitimes. Elles doivent pouvoir être satisfaites si le gouvernement est soucieux de l’intérêt de la jeunesse, relève de demain.
Il est de plus, indispensable que les étudiants puissent organiser librement leurs assemblées générales sur le campus, sans intervention des forces de l’ordre qui doivent respecter les franchises universitaires.
L’UFC demande instamment aux autorités gouvernementales et universitaires de prendre toutes dispositions appropriées afin de permettre à tous les étudiants sans exclusive, de terminer l’année universitaire en cours dans de bonnes conditions.

- 5- L’UFC réaffirme son attachement aux consultations en cours entre l’UE et le Togo, consultations dont seul l’heureux aboutissement pourra faire sortir notre pays de l’impasse politique actuelle. Le succès de ces consultations ne dépend que de la bonne volonté et surtout de la bonne foi du gouvernement. Aussi l’UFC exhorte-t-elle celui-çi, à mettre en œuvre scrupuleusement et sans détour, les 22 engagements pris devant l’UE. L’UFC demande en conséquence au gouvernement de prendre rapidement avec l’opposition, les contacts nécessaires à la préparation et à la tenue du dialogue national prévu à l’engagement 1.1. .

L’UFC invite la jeunesse togolaise à rester vigilante, à se mobiliser pour faire échec aux manœuvres de diversion qu’entreprend le gouvernement pour éviter de respecter ses 22 engagements et pour se retrouver dans un faux dialogue national face à une « opposition » qu’elle se sera elle-même choisie.

L’UFC lance un appel pressant et solennel à toutes les Togolaises et à tous les Togolais favorables au changement et à la démocratie pour qu’ils restent vigilants et mobilisés afin d’aider le gouvernement à respecter les engagements qu’il a pris à Bruxelles, le 14 avril 2004.

Pour le Bureau national,
Le premier vice-président
Emmanuel AKITANI BOB

 

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