13 JANVIER AU TOGO

Déclaration de l’UFC relative à la célébration de la « fête du 13 janvier » par le régime RPT

par UFC , le 11 janvier 2006, publié sur ufctogo.com

HALTE A LA DUPLICITE !

L’Union des Forces de Changement (UFC), constate avec regret, comme le Peuple togolais tout entier, que le régime RPT s’apprête à célébrer, une fois encore, la « fête du 13 janvier », poursuivant ainsi, la logique d’arrogance et de duplicité qui a toujours compromis toute résolution sereine de la crise togolaise.

 

Le 13 janvier 1963 est la date à laquelle le premier Président de la République togolaise, démocratiquement élu, Sylvanus Olympio, a été assassiné par Gnassingbé Eyadéma, à l’époque, Etienne Eyadéma, ancien militaire démobilisé de l’armée française.

Contrairement à ce que prétend la mythologie du régime RPT, cet acte présenté comme un coup d’État militaire des Forces Armées Togolaises (FAT), est un crime crapuleux perpétré par un groupe d’individus désoeuvrés et sans solde, qui ont obtenu d’être intégrés dans l’armée, une fois leur forfait commis. En effet, ni l’auteur de l’assassinat, Etienne Gnassingbé Eyadéma ni ses complices n’appartenaient aux FAT, au moment des faits.

Le 13 janvier 1967 est le jour où Etienne Gnassingbé Eyadéma et ses acolytes du crime du 13 janvier 1963, ont formellement pris le pouvoir. Car, depuis le 13 janvier 1963, l’assassin et ses complices qui inspirent une sainte horreur à la classe politique en raison du crime resté impuni, dirigent le pays à partir du camp militaire où se trouve la réalité du pouvoir.

L’irruption violente et sanglante de Etienne Gnassingbé Eyadéma sur la scène politique togolaise s’est traduite pour les populations togolaises qu’il a prétendu libérer, par une descente aux enfers. Le régime totalitaire du parti unique RPT mis en place, a transformé le pays en un vaste camp de concentration où les droits de l’homme sont systématiquement et massivement violés. Les finances publiques sont pillées au profit du chef et de son clan. Ceux-ci se sont enrichis au détriment du peuple qui croupit dans la misère absolue.

C’est cette situation calamiteuse dans laquelle les errements du RPT et de son chef ont plongé le pays que la Conférence Nationale Souveraine (CNS) tenue à la suite du soulèvement populaire du 5 octobre 1990, a révélée au grand jour.

Quel que soit le sens donné par les autorités de fait à la célébration du 13 janvier, rien ne saurait justifier la glorification de l’assassinat d’un chef d’État démocratiquement élu ni la prise du pouvoir par un coup de force pour asservir des populations. Voilà pourquoi, la CNS, dans un souci d’apaisement, avait pris une résolution faisant de la date du 13 janvier une journée de recueillement.

Par la mise en œuvre d’une stratégie de la terreur (prise d’assaut du siège du gouvernement et capture du Premier Ministre Koffigoh, le 3 décembre 1991, faisant plusieurs morts ; attentat contre la caravane de M. Gilchrist Olympio à Soudou, le 5 mai 1992 faisant plusieurs morts dont le docteur Marc Atidépé ; assassinat de Tavio Amorin le 22 juillet 1992 ; prise en otage des membres du HCR, Parlement de transition en septembre 1992 ; massacre à l’arme de guerre, de populations aux mains nues, le 25 janvier 1993, à la Place Fréau ; etc.), et de la duplicité (remise en cause du consensus issu de l’Accord-cadre de Lomé signé en juillet 1999 ), Gnassingbé Eyadéma s’est employé à empêcher toutes les réformes démocratiques, y compris la transformation du 13 janvier en une journée de recueillement, a instrumentalisé les institutions de la République et organisé des élections frauduleuses pour se maintenir au pouvoir.

Aujourd’hui, après la mort de Gnassingbé Eyadéma, les autorités togolaises autoproclamées, arrivées au pouvoir dans le sang, prétendent « restaurer la confiance mutuelle, enclencher une dynamique d’apaisement et s’engager dans un processus de réconciliation nationale ». Cette affirmation semble trouver un écho favorable auprès d’une certaine communauté internationale prompte à se satisfaire de déclarations de bonnes intentions au lieu de juger aux actes, contrariant la volonté populaire de voir aborder les vrais problèmes en vue d’un règlement juste et durable de la crise.

Les récents propos du commissaire européen à la coopération, au développement et à l’action humanitaire, Louis Michel, tenus lors du dernier sommet France-Afrique, en décembre 2005 à Bamako, et selon lesquels M. Faure Gnassingbé s’est engagé dans un processus de réconciliation nationale, viennent ainsi de subir un cinglant désaveu. La célébration d’une date qui exacerbe les ressentiments et constitue un facteur de division ne peut aller dans le sens de la réconciliation nationale.

Force est donc de constater qu’à l’instar du défunt dictateur Gnassingbé Eyadéma, qui prétendait œuvrer pour l’unité nationale, pendant qu’il classait les togolais en « togolais à part entière et togolais entièrement à part » son fils Faure Gnassingbé pratique la duplicité, les actes n’étant jamais en harmonie avec le discours.

On ne peut prétendre « restaurer la confiance mutuelle » en persévérant dans la culture de la violence et de l’impunité. On ne peut prétendre « créer une dynamique d’apaisement » en célébrant le crime. On ne peut prétendre œuvrer pour la « réconciliation nationale » et dans le même temps, continuer d’exalter l’assassinat de Sylvanus Olympio, père de l’indépendance du Togo et père de la Nation togolaise.

La célébration de la « fête du 13 janvier » reste un acte d’arrogance qui participe de l’instrumentalisation des forces armées pour intimider et narguer les populations togolaises et pour étouffer et réprimer toute velléité de contestation d’un régime qui refuse obstinément l’alternance démocratique.

La célébration de la « fête du 13 janvier » est en flagrante contradiction avec la prétendue volonté de réformer et de moderniser l’armée togolaise pour la rendre républicaine, clamée haut et fort par Faure Gnassingbé dans son programme.

L’UFC exprime ses plus vives protestations contre cette célébration qui contredit la prétendue volonté de dialogue et de réconciliation des autorités togolaises autoproclamées et confirme leur manque de crédibilité.

L’UFC condamne avec la plus grande vigueur la célébration de cette ‘’fête’’ qui donne lieu par ailleurs à un gaspillage des deniers publics pendant que les laborieuses populations togolaises vivent dans la précarité, croupissent dans la misère et sont réduites à la mendicité.

L’UFC lance un appel pressant et solennel à la communauté internationale afin qu’elle mette fin à son attitude de complaisance qui encourage le régime à persévérer dans l’arrogance, l’intransigeance et la duplicité.

L’UFC exhorte les populations togolaises à redoubler de vigilance afin de mettre en échec toute velléité des autorités autoproclamées de perpétuer l’imposture, en transformant le dialogue annoncé en un marché de dupes.

Pour le Bureau National,

Le Deuxième Vice-Président,

Amah Gnassingbé

 

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