Communiqué

Déclaration de l’UFC du 20 novembre 1999 concernant la poursuite des travaux du CPS

par UFC , le 20 novembre 1999, publié sur ufctogo.com

 

L’Union des Forces de Changement (UFC) estime de son devoir et de sa responsabilité, de porter ci-dessous, à la connaissance de l’opinion nationale et internationale, qu’en dépit des apparences, les travaux au sein de la Commission Paritaire de Suivi (CPS) sont, de nouveau, bloqués, et ce, depuis la dernière réunion présidée par les Facilitateurs, le 3 novembre 1999.

En effet, la mouvance présidentielle a fait inscrire à l’ordre du jour des travaux du CPS, la reprise de la coopération entre le Togo et l’Union Européenne (UE), et cherche par tous les moyens à associer toute l’opposition togolaise à une action en faveur de cette reprise. Toutes les rencontres depuis le 3 novembre dernier ont été pratiquement consacrées à l’examen de la reprise de cette coopération, avec une insistance particulièrement lourde de la part de la mouvance présidentielle, laissant apparaître clairement que, sans une solution obtenue avec la contribution de toute l’opposition elle n’est plus intéressée par la poursuite des négociations.

La mouvance présidentielle et le Gouvernement qu’elle contrôle entièrement, seuls responsables de la crise politique togolaise, connaissent pourtant les conditions de cette reprise de la coopération, fixées par l’UE, en application de l’article 5 de la Convention de Lomé, relatif aux droits de l’Homme et à la Démocratie.

L’UFC rappelle que S.E.M. l’Ambassadeur Georg REISCH, représentant de l’UE au sein du collège des Facilitateurs, a précisé le 3 novembre 1999, au cours de la dernière séance du CPS présidée par les Facilitateurs et lors de la conférence de presse qui a suivi, que :

- l’établissement d’un calendrier électoral en vue des prochaines élections législatives,
- l’organisation d’élections équitables, libres, transparentes et démocratiques
- une avancée significative dans le domaine des droits humains, sont attendus par l’UE en vue de la reprise de la coopération avec le Togo.

L’UFC a pris acte de la position de l’UE. C’est pourquoi elle s’interroge sur les véritables raisons des manœuvres auxquelles se livre la mouvance présidentielle, en inscrivant à l’ordre du jour des travaux du CPS, le point relatif à la reprise de la coopération entre le Togo et l’UE, retardant ce faisant, la réalisation des objectifs de l’ Accord-Cadre de Lomé (ACL), et donc, la solution à la crise politique togolaise ainsi que la reprise de la coopération entre le Togo et l’UE.

L’UFC dénonce ces manœuvres engagées pour obtenir la reprise de la coopération par des voies autres que celles demandées par l’UE.

L’UFC constate que la mouvance présidentielle adopte encore aujourd’hui, exactement l’attitude qui fut la sienne aux lendemains du hold-up électoral du 24 juin 1998 où elle n’a dû se résoudre au Dialogue avec l’opposition que fin octobre 1998, après l’échec de son lobbying acharné en Europe, lorsque l’UE a confirmé le maintien de la suspension de sa coopération avec le Togo. Que de temps perdu avant qu’elle ne se rende à l’évidence !

L’UFC demeure convaincue que, comme en 1998, ces manœuvres ainsi que les autres montages orchestrés à travers le pays par la mouvance présidentielle n’atteindront pas l’objectif de la reprise de la coopération. Ils auront pour seul effet de compromettre gravement la tenue des élections législatives telles que prévues par l’Accord-Cadre de Lomé (ACL).

L’UFC rappelle, du reste, que le Dialogue intertogolais, du 19 au 29 juillet 1999, a été contre toute logique et malgré ses mises en garde, principalement orientée vers l’organisation d’élections législatives, suite à l’engagement du chef de l’Etat, Monsieur Gnassingbé EYADEMA, pris en dehors du Dialogue sur les média publics et internationaux, et répercuté par un chef d’Etat étranger, de dissoudre en mars 2000, l’actuelle Assemblée Nationale, d’ailleurs illégitime et non représentative.

L’UFC, sans renoncer à revendiquer sa victoire du 21 juin 1998, estime que tout devrait, au moins, être mis en œuvre, surtout de la part de ceux qui ont permis cette orientation ou y ont contribué, pour que cet engagement soit respecté et que des élections législatives réellement transparentes et équitables soient organisées dans les délais légaux.

L’UFC saisit l’occasion de la présente déclaration pour lancer un appel pressant aux autorités togolaises afin que s’assainisse le climat actuel, caractérisé par la résurgence et la multiplication sur les média d’Etat, de pratiques inadmissibles en toutes circonstances et, qui plus est, absolument contraires à la lettre et à l’esprit de l’Accord-Cadre de Lomé (ACL).

L’UFC réitère de nouveau son exigence en vue de l’accès libre et équitable de toutes les forces politiques de notre pays aux média d’Etat, ainsi que le prévoit l’Accord-Cadre de Lomé (ACL).

L’UFC réprouve énergiquement les pressions sous forme de menaces " d’explosion sociale " et de violence comme moyens politiques .

L’UFC considère que la mouvance présidentielle devra par ses attitudes, ses comportements et ses prises de position, démontrer clairement qu’elle adhère au principe de l’alternance démocratique.

L’UFC s’étonne que la recherche de la régularité, de l’équité et de la transparence dans les opérations électorales, soient perçues comme dirigées contre quelque formation politique, alors qu’il s’agit de l’application pure et simple du droit des peuples de se donner librement les dirigeants de leur choix, principe auquel l’UFC est fondamentalement attachée.

En conséquence de tout ce qui précède l’UFC exige :

1 - Que la Commission Electorale Indépendante (CENI) soit mise en place dans les meilleurs délais.

2 - Que le CPS :

a) convienne de toute urgence d’un calendrier électoral se référant à l’engagement du chef de l’Etat de dissoudre l’Assemblée Nationale actuelle au mois de mars 2000, afin que les élections législatives interviennent conformément au délai prévu par la Constitution.

b) établisse dans les meilleurs délais le calendrier de toutes les opérations électorales, depuis la révision des listes jusqu’à la proclamation définitive des résultats par la CENI

3 - Qu’un découpage électoral plus équilibré soit rapidement accepté pour une représentation équitable des populations des villes et des campagnes à l’Assemblée Nationale.

4 - Que la Cour Constitutionnelle actuelle, disqualifiée par son attitude foncièrement partisane lors de l’élection présidentielle du 21 juin 1998, ne joue pas un rôle primordial comme le demandent les populations togolaises.

L’UFC demande au collège des Facilitateurs de prendre les initiatives que commande la situation.

L’UFC prie instamment l’ Union Européenne d’entreprendre les démarches nécessaires auprès des autorités togolaises pour qu’elles réalisent les conditions demandées et qui sont celles pour la reprise d’une coopération profitable aux populations togolaises.

L’UFC déclare que si la présente situation devait durer au mépris de ses exigences, l’impression largement répandue au sein des populations se trouverait confirmée que le Dialogue intertogolais n’est qu’une mascarade de la mouvance présidentielle, destinée à obtenir la reprise de la coopération de l’ UE avec le Togo et non un moyen de résoudre la crise togolaise.

L’UFC déclare solennellement qu’alors, elle aviserait et se fera un devoir de s’en expliquer aux populations togolaises qui comprendront qu’elles n’ont rien à attendre des négociations politiques en cours.

Fait à Lomé, le 20 novembre 1999

Pour le Bureau National
Le Premier Vice-Président
Emmanuel AKITANI BOB

UNION DES FORCES DE CHANGEMENT U.F.C.
59 rue Koudadzé Lomnava
B.P. 62168Tel/Fax. 21 33 32
Lomé TOGO
email : contact ufctogo.com

 

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