Ablodé

Déclaration de l’UFC devant l’Ambassade du Togo à Paris

par UFC , le 25 août 1998, publié sur ufctogo.com

 

Chers Compatriotes,

En vous rassemblant aujourd’hui devant l’Ambassade du Togo à Paris pour signifier au Général Eyadéma qu’il n’a plus de légitimité en tant que Président de la République togolaise à compter de ce 25 août 1998, vous posez un acte politique d’une importance capitale pour la restauration de la démocratie dans notre pays.

Au nom du Président de l’Union des forces de changement, Mr. Gilchrist Olympio, je félicite le Groupe de Coordination des sections des partis politiques togolais en France qui a eu l’initiative de ce rassemblement. Vous rejoignez ainsi le peuple togolais qui, partout dans le monde aujourd’hui s’unit pour protester contre ce récent coup de force électoral par celui-là même qui usurpe le pouvoir au Togo depuis plus de 30 ans.

Le peuple togolais a trop longtemps subi la dictature de cet homme dont les méthodes de gouvernement antidémocratiques, faites de violences, de mensonges, de corruption, de manipulation, de prédation, de gaspillage et de violations des droits de l’homme, ont conduit notre pays à la faillite et à la misère. C’est contre toutes ces forfaitures et leurs auteurs que le peuple togolais a voté le 21 juin 1998. Le peuple était d’autant plus déterminé à rejeter ce régime qu’il recevait de la part des partis politiques démocratiques des gages de leur engagement pour le changement.

Comme l’UFC le définit dans son programme, ce changement sera d ’abord l’expression du refus des contraintes inutiles imposées par le pouvoir en place et qui ne servent ni les intérêts du peuple ni son progrès. Mais il sera aussi un changement conçu comme la dynamique d’un pouvoir démocratiquement élu, oeuvrant pour l’émergence d’un Etat de droit et assurant, voire améliorant en permanence, la sécurité et les conditions de liberté et de bien être du peuple.

Au lieu de respecter la volonté clairement exprimée par le peuple togolais donnant la victoire au candidat Gilchrist Olympio, le régime antidémocratique d’Eyadéma s’est frauduleusement proclamé vainqueur de l’élection du 21 juin 1998 et, depuis, se maintient au pouvoir par la violence et la terreur d’Etat dont les Togolais subissent les manifestations tous les jours. Le matraquage des populations paisibles et l’incendie du siège de l’UFC le 26 juin 1998, l’anticipation de la prestation du serment présidentiel le 17 juillet au lieu du 25 août 1998, la prétendue invasion du pays par des forces étrangères le 14 août dont le but inavoué était la casse et l’incendie des maisons des dirigeants des vrais vainqueurs de l’élection du 21 juin 1998, l’intimidation des démocrates en vue de les intégrer de force dans un soi-disant gouvernement d’union nationale, sont autant de moyens dont use le régime battu de l’élection du 21 juin pour trouver une solution à la crise dans laquelle le pays se trouve plongé.

Les forces démocratiques du pays répondent radicalement non à toutes ces manoeuvres et affirment que seule l’union du peuple par la voie démocratique peut promouvoir le changement et contribuer à la construction du Togo nouveau que, depuis longtemps, nous appelons tous de nos voeux :
- un pays où le respect de la personne humaine sera la règle quel que soit l’origine ou le statut social des uns et des autres,
- un pays où les droits de chacun seront fondés sur son appartenance citoyenne à la République,
- un pays où le développement économique social et culturel procéderont d’une démocratie participative,
- un pays où l’arbitraire, la brutalité, le cynisme ne constitueront plus les seuls éléments de rapport de force entre les individus,
- un pays à jamais débarrassé de l’esprit de clan, du tribalisme ; maux qui nous ont toujours empêché de construire dans l’unité et la solidarité une nation digne et prospère,
- un pays de liberté de concorde et de paix.

Ce sont là les taches auxquelles nous appelle la patrie. La maturité dont le peuple togolais a fait preuve en déjouant les manoeuvres de la dictature est pour nous autant de gage de notre engagement à ses côtés pour l’œuvre immense et exaltante de préparation de notre avenir commun. Dans la situation actuelle nous devons garder notre sang froid et espérer. Désormais au Togo, la légitimité est notre côté. Personne ne nous l’enlèvera.

En refusant de se conformer à la légitimité, Eyadéma s’inscrit délibérément dans la logique de la violence et de la confrontation. Il se trompe et c’est ce qui fera sa perte. Car aujourd’hui, c’est l’exercice véritable de la démocratie et de la bonne gouvernance qui appellent l’aide extérieur et suscitent la participation populaire intérieure au développement.

La reprise des discutions de Bruxelles le mois prochain sur la situation de crise au Togo sera le moment de vérité pour le régime moribond d’Eyadéma.
- Nous y apporterons la preuve de la victoire du peuple à l’élection présidentielle du 21 juin 1998.
- Nous y apporterons la preuve du refus systématique des forces démocratiques à s’associer à quelque arrangement que ce soit avec le régime de dictature qui est de plus illégitime.
- Enfin nous y apporterons la preuve de la détermination des forces démocratiques à diriger notre pays dans l’union et la paix.

Notre victoire du 21 Juin 1998 nous sera restituée.

Vive le Togo.

Ablodé La victoire nous reviendra.

 

© Copyright UFC

Articles suivants

Articles précédents

Dépêches

UFC Live !

  • Vous devez installer le module flash correspondant à votre navigateur pour voir ce contenu.

WEB Radios - TV

WEB Radios
Tous unis pour un Togo libre et démocratique
mercredi
26 juillet 2017
Lomé 25°C (à 09h)