Dialogue national

Déclaration de l’UFC

par UFC , le 3 juillet 2004, publié sur ufctogo.com

Le jeudi 27 juin 2004, le Premier Ministre a adressé au Président de l’UFC, une lettre l’invitant à participer « à une séance de travail sur la réforme du Code Electoral », le mercredi 30 juin 2004, à 15 heures, à la salle Entente du CASEF.

 

Cette lettre appelle de la part de l’UFC, les observations suivantes.
Il est aujourd’hui évident que la volonté politique de la mise en œuvre sincère des 22 engagemen1s souscrits par le Gouvernement devant l’Union Européenne (UE) à Bruxelles le 14 avril 2004, est inexistante. Le Gouvernement préfère adopter une lecture erronée de la nature et de la portée politique de ces engagements.

Or, quoique souscrits devant l’Union Européenne, ces 22 engagements, notamment et surtout ceux de nature politique et institutionnelle, constituent juridiquement une stipulation au profit de « l’opposition traditionnelle » qui est dans ses diverses composantes, partie prenante à leur exécution.

Dés lors, le gouvernement togolais n’est plus qualifié ni politiquement ni juridiquement à vouloir exécuter unilatéralement et selon son bon vouloir, ces engagements.

1- À la lumière de l’observation liminaire ci-dessus, l’engagement 1.1 relatif à la reprise du dialogue national ne saurait faire de « l’opposition traditionnelle » un simple spectateur de l’organisation et du déroulement du dialogue. Or, la réunion du 30 juin 2004 est convoquée alors qu’aucun bilan n’a été tiré et aucun projet proposé, concernant le mode d’organisation, le cadre, et le contenu du dialogue, à la suite des dernières consultations du Gouvernement avec l’opposition, les partis de la mouvance présidentielle et la société civile.
2- L’absence d’un cadre structuré et d’un ordre du jour établi consensuellement, donne à la démarche actuelle du Gouvernement un caractère désinvolte et désordonné, aux antipodes du dialogue sérieux et crédible que le peuple togolais attend. Le gouvernement se croit autoriser à convoquer de manière intempestive et au gré de ses arrière-pensées et calculs politiciens, des semblants de réunions programmées, comme par hasard, à la veille de chaque échéance d’évaluation de l’Union Européenne :
- ouverture solennelle du Dialogue national, le 27 mai 200, quatre Jours avant la mission d’évaluation du 1er juin 2004
- convocation « d’une séance de travail sur la réforme du Code électoral, le 30 juin, à la veille d’une nouvelle évaluation programmée pour le 1er juillet 2004.
Il est clair qu’en lieu et place de la fixation et du respect d’un ordre du jour précis, arrêté ensemble d’avance et permettant de traiter les sujets retenus d’une manière ordonnée et rationnelle, le gouvernement cherche à imposer des simulacres de discussion au coup par coup.

3- Il importe surtout de garder présent à l’esprit que le refus par le régime RPT de l’alternance politique et les nombreux hold-up électoraux que ce régime commet pour se maintenir au pouvoir, constituent la cause fondamentale de la crise togolaise. La manifestation directe de cette attitude est le tripatouillage incessant, injustifié et Illégitime du « cadre électoral » (Constitution et Code Electoral) de notre pays par ce régime.
Dans ces conditions, aucun protagoniste de la crise togolaise, soucieux de sortir notre pays de cette crise, ne peut se permettre, dans la mise en œuvre des 22 engagements, la moindre négligence sur ce qui a trait aux élections.
De même, aucun protagoniste sérieux du dialogue annoncé ne peut accepter, en l’absence de toute organisation crédible, transparente et structurée, d’aller discuter d’un sujet aussi important que « la réforme du Code Electoral » qui relève naturellement, de la compétence du dialogue national, conformément à l’engagement 1.3, « révision du cadre électoral ». Alors que ce dialogue n’a pas encore commencé et n’est même pas encore préparé à cause des manœuvres de diversion auxquelles se livre le gouvernement.

4- La stratégie du gouvernement qui est maintenant connue de tout le monde, procède de la volonté délibérée d’esquiver tout dialogue sérieux sur les problèmes institutionnels et politiques de fond de notre pays. C’est cette attitude que manifeste également le refus de libérer les détenus politiques et de restituer ses pièces d’identité à M. Gilchrist Olympio alors qu’on l’invite à une séance de travail à Lomé.
En adoptant cette stratégie, le régime amplifie la crise et maintient les populations de notre pays dans d’inadmissibles souffrances que ses errements ont créées et qu’il s’emploie à faire durer.

5- L’Union des Forces de Changement légitimement préoccupée par l’état de délabrement général de notre pays et de faillite du régime en place, ne peut accepter cette stratégie de « après nous le déluge » du gouvernement, dont la seule conséquence sera l’aggravation des souffrances des populations.

L’UFC réitère sa profonde conviction que le dialogue national, pour être crédible et pour déboucher sur des décisions acceptables par tous, devra être préparé ensemble avec les protagonistes de la crise. Elle continue de penser qu’il est indispensable qu’une organisation bipartite Gouvernement/ « Opposition traditionnelle » détermine le cadre et le contenu de ce dialogue.

Elle avait déjà exprimée cette position au gouvernement lors de la rencontre du 10 juin 2004 et a présenté des propositions pour sa réussite. Aujourd’hui, force est de constater que le gouvernement ne veut tenir aucun compte des propositions qui lui ont été remises. Voilà pourquoi, l’UFC rend publiques, les propositions qu’elles avait adressées au gouvernent concernant la préparation du dialogue.

L’UFC lance un appel pressant aux populations togolaises. afin qu’elles se mobilisent pour exiger et obtenir un dialogue national organisé, « dans un cadre structuré et transparent ».

L’UFC exhorte l’UE à s’impliquer davantage dans l’organisation d’un dialogue national crédible dont la tenue est indispensable à la mise en œuvre de plusieurs des 22 engagements et à l’assainissement de l’environnement politique.

L’histoire jugera sévèrement ceux qui auront sacrifié l’Intérêt supérieur notre de pays sur l’autel de leurs calculs politiciens, de leurs intérêts personnels ou de leur soif d’un pouvoir totalitaire.

Le Bureau national de l’UFC

 

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