Parlement

Déclaration de Jean-Pierre Fabre,
Président du Groupe parlementaire UFC

par UFC , le 16 septembre 2008, publié sur ufctogo.com

Intervention du Président du Groupe Parlementaire UFC
en réponse à la présentation du programme d’action
du Gouvernement de M. Gilbert HOUNGBO

 

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Mesdames et Messieurs les Députés et chers collègues,

Monsieur le Premier Ministre,

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,

Excellences Mesdames et Messieurs les membres du corps diplomatique et des organisations Internationales,

Mesdames, Messieurs,

C’est la seconde fois en moins d’un an, qu’en vertu de l’article 78, alinéa 2 de la Constitution, un Premier Ministre vient solliciter la confiance de l’Assemblée Nationale à l’issue de la présentation du programme d’action de son gouvernement.

Monsieur le Premier Ministre,

Il y a exactement 09 mois, le 17 décembre 2007, votre prédécesseur, M. Komlan MALLY, était à cette même tribune. Comme tous les autres chefs de gouvernement du régime RPT qui se sont prêtés à l’exercice auquel vous venez de vous livrer, il a présenté un programme d’action que le groupe parlementaire UFC avait à juste titre, appelé un ‘’catalogue de bonnes intentions’’. En effet, les intentions, résolutions et initiatives contenues dans ce programme et censées affranchir notre pays des dérives aux plans politique, économique et social, sont restées des vœux pieux.

Votre présence devant nous aujourd’hui en est la preuve patente et constitue l’aveu de l’échec retentissant du gouvernement précédent dont l’incurie et l’amateurisme ont aggravé la misère et la précarité des populations togolaises.

C’est donc avec beaucoup de circonspection que nous avons suivi votre exposé, car il reprend, sous un habillage habile, il est vrai, mais qui ne trompe personne, les mêmes rengaines du RPT, destinées à abuser les populations togolaises et la communauté internationale.

De quels moyens et de combien de temps disposez-vous, M. le Premier Ministre, pour réaliser les bonnes intentions contenues dans le catalogue que vous venez de présenter, d’autant plus que s’il existe, le chronogramme de mise en œuvre de votre programme ne résistera guère aux coups tordus, aux coups de Jarnac et, finalement, au coup de grâce du système RPT ?

Rappelez-vous la motion de censure affligeante et infâmante infligée par sa propre majorité de l’Assemblée monocolore RPT, et qui a emporté un de vos prédécesseurs, votre collègue des Nations Unies, Eugène ADOBOLI, coopté et adoubé dans les mêmes conditions que vous !

Le 17 décembre 2007, dans cette même enceinte, le groupe parlementaire UFC faisait longuement état de la crise qui mine notre pays, des dures réalités de la vie quotidienne de nos compatriotes, des véritables préoccupations des Togolaises et des Togolais, et surtout des propositions de solutions que nos populations sont en droit d’attendre, tant au plan socioéconomique que des réformes politiques.

C’est dire que les propositions du groupe parlementaire UFC en réponse à la présentation du programme d’action de votre prédécesseur, restent pleinement pertinentes et actuelles. Nous vous invitons à les prendre en compte pour sortir le Togo de la crise. Nous tenons copie à votre disposition, à cette fin.

Monsieur le Premier Ministre,

Les populations togolaises pâtissent de la gouvernance calamiteuse et du déficit de légitimité, de crédibilité et de responsabilité du régime RPT,

- au moment où leur vécu quotidien s’enlise dans une pauvreté galopante, un chômage endémique et une insécurité grandissante avec l’assassinat du président du MODENA, Joachim Atsutsè AGBOBLI,

- au moment où la cherté de la vie pèse lourdement sur les ménages et compromet dangereusement la prochaine rentrée scolaire,

- au moment où notre jeunesse en détresse, est livrée aux conditions de travail inhumaines et aux salaires de misère d’une zone franche censée lui apporter le plein emploi,

- au moment où les problèmes immédiats aussi bien que structurels des secteurs de la santé et de l’éducation, de l’énergie et de l’eau, de l’assainissement et de l’environnement, de la production agricole et industrielle, restent entiers,

- au moment où le gouvernement consacre d’importantes ressources à des dépenses fantaisistes et expose les fonds publics à la corruption, à la gabegie et aux détournements,

- au moment où le patrimoine national est bradé impunément, qu’il s’agisse des entreprises publiques, du sable marin, du clinker, du teck, des ressources minières et minérales, de la faune et de la flore…et même de notre littoral !

De fait, ce régime a hérité d’un pays florissant et plein de promesses, dont il a d’ailleurs pris le contrôle par la force. Il en a fait un pays exsangue, surendetté, ruiné, affamé. Un pays dont l’état de délabrement avancé, présente à l’heure actuelle, tous les aspects physique et moral d’un champ de ruines au sortir d’une guerre, avec des ponts effondrés, des routes coupées, impraticables et jonchées de camions renversés, des cultures dévastées, des habitations détruites, des localités isolées et inaccessibles, des pénuries de produits de premières nécessité, des infrastructures économiques et sociales inexistantes ou hors d’usage, des vies humaines emportées, des populations réfugiées, déplacées et sans abris, ruinées et traumatisées, frustrées et révoltées... quel gâchis !

Il s’agit donc de reconstruire ce pays à tous les niveaux et dans tous les domaines.

Monsieur le Premier Ministre,

Vous savez pertinemment que par delà la nécessité de trouver des solutions appropriées aux problèmes socioéconomiques, le règlement juste et durable de la crise togolaise passe par des actions politiques majeures et urgentes, notamment :

- le parachèvement de la mise en œuvre des 22 engagements ;

- l’adoption et la mise en œuvre rapides et consensuelles des réformes constitutionnelles et institutionnelles prévues par l’Accord Politique Global (APG) ;

- la mise en œuvre sans délai des recommandations pertinentes des deux rapports des missions d’observation électorale de l’Union Européenne ainsi que celles du rapport d’établissement des faits des Nations Unies sur l’élection présidentielle d’Avril 2005.

Vous savez également que les populations togolaises et la communauté internationale attendent la mise en œuvre effective de ces réformes dans la perspective des prochaines élections, notamment, la présidentielle de 2010.

Vous n’ignorez certainement pas non plus que le processus Vérité, Justice et Réconciliation en cours dans notre pays ne rassure pas les populations togolaises. Nos compatriotes se demandent si, tel qu’il est conçu et mené, ce processus est de nature à favoriser la réconciliation nationale en permettant notamment, de mettre un terme à l’impunité dans notre pays.

A cet égard, vous devez aussi savoir qu’une véritable réconciliation nationale ne saurait se concevoir sans l’élimination de toutes les mesures discriminatoires et d’exclusion introduites unilatéralement dans le cadre électoral par le régime RPT. Voilà pourquoi, au risque d’être frappé de discrédit et de désaveu populaire, le processus Vérité, Justice et Réconciliation doit être mené de front avec l’adoption et la mise en œuvre des réformes constitutionnelles et institutionnelles.

Monsieur le Premier Ministre,

Les qualités personnelles de technocrate qui sont les vôtres et les nombreuses expériences liées à vos brillants états de service jurent aussi bien avec le caractère politique de la mission qui vous est confiée qu’avec le système RPT dans lequel vous allez devoir l’accomplir.

Vous atterrissez en effet, dans un système archaïque, réfractaire au changement, à l’excellence, aux bonnes pratiques et au progrès social. Un système fermé à la justice et à l’équité, à la démocratie et à l’Etat de droit, au respect des libertés publiques et des droits humains. Un système adepte du double langage et de la duplicité. Un système décadent en mal de coups politiciens. Un système responsable de la déchéance du Togo aux plans politique, économique, social, culturel et sportif.

Monsieur le Premier Ministre,

De la même manière que le Groupe Parlementaire UFC n’a pas apporté son soutien au programme d’action de votre prédécesseur, de la même manière le Groupe Parlementaire UFC ne saurait vous accorder sa confiance.

Je vous remercie de votre attention.

Jean-Pierre FABRE

 

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