Communiqué

De graves violations des droits de l’homme se poursuivent au Togo

par UFC , le 27 mars 2003, publié sur ufctogo.com

 

La présente conférence de presse est destinée à présenter à la Nation et au monde, à travers les médias, les graves violations des droits de l’homme qui se poursuivent au Togo d’une part, et d’autre part, les graves irrégularités constatées, ça et là, sur la façon dont la révision des listes électorales se déroule. Si les opérations de révision devraient se terminer sans une introduction énergique d’importantes améliorations, les premières conditions d’une fraude gigantesque à l’occasion du prochain scrutin présidentiel, auront été réalisées.
Il y avait un bébé de 8 mois parmi les membres de l’UFC arrêtés à Nukafu (Lomé) et détenus pendant plus de 24 heures à la Direction Générale de la Police Le Mardi 18 mars 2003, aux environs de 20 heures, les forces de l’ordre ont fait irruption, sans mandat, au domicile de Madame Peace Lawson, Présidente de la Fédération UFC du 2ème Arrondissement de la ville de Lomé, alors que se tenait la réunion hebdomadaire du bureau de la Fédération.

Elles ont embarqué, sans ménagement, tous ceux qui participaient à la réunion, après avoir pénétré par effraction dans plusieurs chambres de la maison, qu’elles ont passé au peigne fin. Elles ont procédé à la saisie des véhicules, motocyclettes et vélos garés devant le domicile.

Toutes les personnes arrêtées ont passé la nuit à la Direction Générale de la Police Nationale (DGPN), anciennement Sûreté Nationale, dans une cage d’environ 10 m2. Le groupe comprend quatre femmes, dont une mère qui portait un bébé de huit mois au dos. Le lendemain, mercredi 19 mars 2003, ces personnes ont été conduites, toute la journée, alors qu’elles n’ont pas mangé depuis leur arrestation, dans des fourgons de la Police, à leurs domiciles respectifs, où les forces de l’ordre ont procédé à des perquisitions, toujours sans mandat. Pendant l’opération, les forces de l’ordre ont confisqué des cartes attestant l’appartenance des personnes arrêtées à l’UFC, des procès-verbaux de réunions, des effets vestimentaires : culottes ou pantalon "pentagone", etc.

Ce même mercredi, 19 mars 2003, vers 22 h, les responsables de l’UFC ont été invités à venir "récupérer" auprès de la DGPN, leurs militants arrêtés. Trente-trois personnes ont été libérées, y compris le bébé de huit mois dont la présence au dos de sa maman, militante de l’UFC arrêtée depuis la veille, a stupéfié les responsables de l’UFC. Dès la libération de ses militants, l’UFC a entrepris des démarches auprès de la DGPN pour récupérer leurs biens arbitrairement saisis. Elle s’est heurtée à des tracasseries de toutes sortes. Jusqu’à ce jour, plusieurs militants ne sont pas encore entrés en possession de leurs biens : 4 motos, 3 vélos ainsi que des cartes de membres de l’UFC, sont toujours gardés par la DGPN.

L’UFC émet les protestations les plus fermes contre l’arrestation et la détention arbitraire, pendant plus de 24 heures, dans des conditions insupportables, de militants qui ne faisaient rien d’autre que de participer à une réunion de leur parti, dans un domicile. L’entrée dans un domicile sans mandat est une violation de domicile.

L’UFC émet les protestations les plus fermes contre la détention d’un bébé de 8 mois à la Direction Générale de la Police Nationale. Cet acte montre, si besoin en est encore, la nature perverse du régime togolais.

L’UFC ne peut subir sans réagir, la multiplication par le régime, des actes d’intimidation, de provocation et de brimades de toutes sortes, exercés contre elle.
L’UFC rappelle que :

Le 31 décembre 2002, trois des responsables de sa fédération de la Préfecture de Zio MM. Doson, Mensah et Agbovi ont été interpellés et détenus à la gendarmerie de Tsévié pendant trois jours, sans aucun motif valable.

Le 13 janvier 2003, le ministre de l’Intérieur interdit une manifestation de l’opposition, au motif fallacieux que cette date est une fête nationale, et que la manifestation de la CFD constituerait un trouble à l’ordre public. Tous les togolais savent que le 13 janvier n’est pas une fête légale de la République Togolaise.

Le 25 janvier 2003, M. Samuel OSSENI, militant de l’UFC, a été déféré à la prison civile de Lomé, après avoir été détenu pendant cinq jours à la Direction de la Police Judiciaire (DPJ). M. OSSENI a été arrêté pour "avoir été en possession d’un tract" annonçant la préparation d’un coup de force militaire.

Le 9 février 2003, MM. Marc Palanga, Issa Affo, Gnaziwé Adom, Kodjolo ARIOU, Panawé Bodjona et Kossivi ont été arrêtés à Kara et gardés à la gendarmerie de cette ville pendant neuf jours. Le samedi 22 février 2003, M. Marc Palanga est de nouveau arrêté. Il est toujours détenu à la gendarmerie de Kara. Les brimades régulières exercées sur ce responsable de l’UFC confinent à la persécution.

Le mercredi 26 février 2003, M. Katassa Mazama, collègue de M. Marc Palanga dans la fédération UFC de la Kozah est arrêté. Il est toujours détenu à la gendarmerie de Kara.

Le mercredi 5 mars 2003, un militant de l’UFC, Clément Anoumou, a été kidnappé, sur le boulevard circulaire, aux environs de 17 heures, après sa sortie du siège de l’UFC, par des gendarmes en civil qui l’ont conduit à la gendarmerie de Lomé. Il n’a été libéré vers 20 heures qu’après un interrogatoire long et minutieux.

Le samedi 8 mars 2003, les forces de l’ordre interdisent une causerie-débat organisée par l’UFC au Foyer Pie XII de Lomé, et dispersent les participants à coup de matraques. On dénombre plusieurs blessés, dont deux grièvement blessés à la tête : Espoir Amékoudji et Komlan Kpaté. Sept militants de l’UFC ont été arrêtés et détenus pendant deux jours au Commissariat Central de la ville de Lomé et à la DGPN, pour avoir protesté contre l’interdiction.

Il y a environ un mois, le colonel Ernest Gnassingbé, fils du chef de l’Etat, et responsable de brimades et d’actes de violence réguliers sur nos militants de la région septentrionale du pays, a téléphoné à M. Ali Antoine Bodjona, dont un des fils avait été arrêté en compagnie de Marc Palanga, le 9 février 2003. Ernest Gnassingbé a menacé de faire arrêter Ali Bodjona dans les tous prochains jours.

Révision des listes électorales

En ce qui concerne les opérations de révision des listes électorales, à ce jour, nous avons relevé les deux irrégularités suivantes :
1) Les listes ne sont pas affichées

Or la transparence et l’équité des opérations exigent que dès le début de la révision - sinon même une semaine avant - toutes les listes soient affichées et que les populations puissent aller les consulter librement sans aucun intermédiaire. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Les listes sont détenues par les agents réviseurs et les électeurs sont obligés de s’adresser à eux pour savoir si leurs noms figurent sur ces listes. Chacun sait que tous ces agents réviseurs sont nommés par le Ministère de l’Intérieur et qu’ils sont nombreux à ne pas être coopératifs avec les électeurs.

2) Refus d’inscrire certains électeurs

Il nous revient de sources concordantes, que les électeurs âgés de 25 ans ou plus, qui se présentent pour se faire inscrire pour la première fois, sont systématiquement renvoyés. Il en serait de même pour ceux qui ont eu 18 ans en 2000 et qui ne s’étaient pas fait inscrire lors de la dernière révision. Si ces informations sont confirmées, il y a lieu de s’interroger sur les intentions des donneurs d’ordre. Les conditions dans lesquelles se déroule cette révision n’inspirent aucune confiance quant à la transparence et à l’équité de ces opérations de révision des listes électorales.

L’UFC interpelle les autorités togolaises !

L’UFC tient à attirer l’attention de la nation et de la communauté internationale. Le scrutin présidentiel de 2003 ne se prépare pas dans de bonnes conditions. Le Togo est en réel danger.

Fait à Lomé, le 27 mars 2003

Pour le Bureau National
Le Premier Vice-Président
Emmanuel Akitani-Bob

Union des Forces de Changement (UFC), www.ufctogo.com

 

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