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Coton : les pays africains repartent bredouilles de l’OMC

par AFP , le 16 mars 2007, publié sur ufctogo.com

 

Les pays africains sont repartis bredouilles vendredi de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) où une nouvelle réunion consacrée au dossier du coton n’a pas concrétisé l’espoir d’une baisse des subventions versées par les pays riches à leurs producteurs.

Les quatre principaux pays producteurs de coton d’Afrique de l’ouest (Mali, Bénin, Burkina Faso et Tchad) se battent depuis 2003 pour que les négociations du cycle de Doha menées par les Etats membres de l’OMC portent un intérêt particulier à la filière coton.

Ils demandent que les Etats industrialisés producteurs de coton, notamment les Etats-Unis, suppriment les subventions aux exportations et diminuent les soutiens directs à leurs agriculteurs.

La réunion organisée jeudi et vendredi au siège de l’OMC à Genève a même mis en évidence les craintes des pays africains d’une hausse des subventions américaines à leurs cotonculteurs.

Selon le ministre béninois du Commerce, Moudjaïdou Issifou Soumanou, les réformes proposées par la nouvelle loi agricole américaine (farm bill) "vont augmenter les subventions au coton de 60 à 65%".

"Si la nouvelle loi américaine est votée en l’état, elle sera contreproductive", a-t-il affirmé devant la presse.

Treize ministres représentant dix pays africains ont fait le déplacement de Genève. "Pas un seul ministre du nord n’était présent", a fait remarquer à l’AFP Nicolas Imboden, directeur exécutif de l’Ideas, un centre de réflexion sur le commerce international.

Selon le ministre béninois, "les cotonculteurs africains ont perdu 30% de leurs revenus" ces dernières années du fait des subventions des pays riches, qui entraînent une baisse des cours du coton.

Un constat partagé par le directeur général de l’OMC, Pascal Lamy. "Les recettes des producteurs africains sont en déclin", a-t-il affirmé devant la presse, mettant en cause "la tendance baissière des cours mondiaux et les subventions qui faussent les échanges".

Il a reconnu que les avis divergaient pour savoir lequel de ces éléments avait le plus d’impact.

Les 150 Etats membres de l’OMC ont promis de traiter la question du coton de manière "ambitieuse et spécifique" dans les négociations de Doha.

Parallèlement, trente Etats africains sollicitent une aide financière pour pallier les déficits de leurs cotonculteurs et réformer ce secteur.

Les institutions internationales comme la Banque mondiale ou l’Agence française de développement et des pays donateurs ont promis près de 7 milliards de dollars d’aide, dont plus de 1,6 milliard pour les quatre pays les plus touchés.

Selon M. Imboden, la réunion de cette semaine n’a pas permis "d’avancer d’un pouce". "Il n’y a pas eu de propositions nouvelles sur l’aide au développement et les négociations sur les subventions n’ont été abordées que dans une séance d’information", a poursuivi l’expert.

Selon des sources proches des négociations, "les Américains n’ont pas voulu que les discussions dans cette rencontre sur le coton abordent la question des négociations commerciales" de Doha. Une information qui a été démentie par Pascal Lamy.

Un rapport de l’ONG Oxfam publié cette semaine affirme que les réformes de la Banque mondiale imposées à la filière du coton au Mali ont accru la pauvreté dans les zones rurales du pays.

L’ONG préconise un retour à des prix minimum garantis, facteur "crucial pour ralentir la tendance à la hausse de la pauvreté rurale au Mali".

 

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