Revue de presse

Côte-d’Ivoire : "Ces voleurs de Français !"

par Courrier International (France) , le 22 septembre 2004, publié sur ufctogo.com

Des soldats français de l’opération de maintien de la paix en Côte-d’Ivoire ont failli à leur mission en profitant des brèches ouvertes dans les banques du pays par l’ex-rebellion pour se remplir les poches, s’indigne la presse ivoirienne.

 

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Les forces françaises devant la BCEAO, septembre 2003 - Copyright AFP - Visiter le site

"Douze militaires français voleurs arrêtés", titre Notre Voie. Le 19 septembre, des soldats de l’opération Licorne, la force militaire française en Côte-d’Ivoire, ont été arrêtés pour le vol de 65 millions de francs CFA (100 000 euros) dans l’agence de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) de Man, à l’ouest d’Abidjan. Ces militaires faisaient partir du contingent de 4 000 soldats français stationné en Côte-d’Ivoire aux côtés de 6 300 Casques bleus des Nations unies. Leur mission consiste à contribuer au maintien de la paix dans ce pays coupé en deux par une rébellion armée, déclenchée le 19 septembre 2002, contre le gouvernement du président Laurent Gbagbo.

Les soldats français étaient chargés de garder cette succursale de la BCEAO située dans le nord du pays, contrôlé par l’ex-rébellion. "Les soldats français n’ont pas pu s’empêcher de garder les coffres-forts de la BCEAO sans y toucher", se plaint le quotidien ivoirien 24 heures. "Depuis le début de la crise ivoirienne, les succursales de la BCEAO basées dans les zones ex-assiégées font l’objet de pillage", continue le journal. En septembre 2003, l’agence BCEAO de Bouaké (centre) a perdu 20 milliards de francs CFA (plus de 30 millions d’euros) lors d’un "casse" meurtrier, qui a opposé différents groupes armés pro et antigouvernement. En août 2004, c’était au tour de l’agence de Korhogo (nord) d’être cambriolée.

Mais "ce n’est pas la première fois que des soldats français de la force Licorne se rendent coupables d’un tel acte", note Soir Info. En janvier 2004, un soldat français avait été rapatrié à Paris, après avoir été arrêté en possession d’un sac contenant une forte somme d’argent provenant de la succursale de la BCEAO de Bouaké. Le Patriote, lui, rappelle que, en septembre dernier, quatre éléments des troupes françaises de l’opération Licorne ont profité des dégâts causés par les ex-rebelles dans les banques de la BCEAO cambriolées à Bouaké pour délester les coffres de 38 millions de francs CFA (57 000 euros) supplémentaires. Ils ont été épinglés alors qu’ils tentaient d’échanger cet argent contre des diamants. La situation est rendue d’autant plus confuse par l’état de "ni guerre ni paix" qui prévaut dans le nord de la Côte-d’Ivoire.

Le Front va plus loin dans son analyse et met la présence militaire française sur la sellette. Selon lui, "ces malfrats venus à la rescousse d’un pays en difficulté ont plutôt trouvé l’occasion de s’adonner à des pratiques d’une rare bassesse. D’abord, ce fut la projection de films pornographiques, ensuite, les viols des jeunes filles et après, le vol. Pourquoi les militaires français s’obstinent-ils à vouloir créer d’autres misères à des populations manifestement exaspérées, éprouvées par deux années de guerre ?", s’interroge-t-il. Le lendemain de leur arrestation, les soldats mis en cause ont été rapatriés en France, où ils devront faire face à la justice. L’armée française promet de sévir. Cela étant, "on est toujours sans nouvelles des sanctions judiciaires et disciplinaires infligées à la première vague de soldats-voleurs", objecte 24 heures.

Ce vol survient alors que la BCEAO a entamé, depuis le 15 septembre dernier, une vaste opération de démonétisation dont le but est de retirer de la circulation les coupures de francs CFA datant de 1992, soit 50 % des billets en circulation en Afrique de l’Ouest. Outre les problèmes de fausse monnaie, cette opération vise surtout à contrecarrer les tentatives de blanchiment de l’argent des braquages des antennes de la BCEAO. Lors des casses, les ex-rebelles ont emporté l’équivalent de plusieurs millions d’euros, tandis que le montant total de l’argent dérobé par des soldats français s’élève à un peu plus de 157 000 euros.
Télesphore Ngonga Tchatchou

 

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