Tribute

Coretta Scott King décédée : Quel avenir pour la mémoire du Prix Nobel de la Paix 1964 ?

par Ekoué Satchivi , le 9 février 2006, publié sur ufctogo.com

 

Elle a consacré sa vie à la défense des droits humains. Agée de 78 ans, Coretta Scott King est décédée le 31 janvier 2006 dans une clinique de Rosarito, dans le nord-ouest du Mexique. Vaincue par un cancer.

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Quelqu’un dans l’assistance tient un programme de la cérémonie
à l’effigie de Coretta King - Photo copyright AP

La dernière apparition en public de la veuve du Prix Nobel de la paix 1964, remonte au 16 janvier, le jour du Martin Luther King Day, célébrant la mémoire de son époux. Elle était aperçue, assise dans une chaise roulante, sans prononcer le moindre mot. Coretta Scott King meurt après de Rosa Park, une autre figure marquante du combat pour les droits des Afro- américains, disparue en octobre 2005.

Coretta Scott a vu le jour le 27 avril 1927 à Marion dans l’Etat de l’Alabama. Elève modèle et excellente musicienne, elle a d’abord étudié au Collège universitaire d’Antioch dans l’Etat de l’Ohio, avant de se spécialiser en musique et en éducation au prestigieux New England Conservatory de Boston dans le Massachusetts. Elle y rencontre Martin Luther King, étudiant en théologie. Mariés en 1953, ils s’installent à Montgomery. Tout en accomplissant son rôle d’épouse, Coretta Scott a toujours manifesté aux côtés de Martin Luther King, devenu le représentant de la lutte pour la reconnaissance contre la discrimination raciale aux Etats- Unis. Elle a voyagé avec lui, notamment au Ghana en 1957 et en Inde deux ans plus tard ; prononcé à sa place des discours en cas d’empêchement.

Une vie consacrée à la lutte pour les droits civiques
Auteur du célèbre discours intitulé « I have a dream »( J’ai fait un rêve), Martin Luther King fut assassiné le 4 avril 1968 à 39 ans sur le balcon du Lorraine Motel à Memphis dans le Tennessee. Il préparait une marche en soutien au syndicat d’éboueurs noirs. Après avoir œuvré dans l’ombre de son époux et portant en elle son « rêve »,Coretta Scott King étonne le monde en prenant la décision de poursuivre la tâche à peine entamée par le pasteur baptiste.

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Des membres de la garde d’honneur de la police d’Atlanta portent le cercueil
où repose la militante à l’église Baptiste de Lithonia - Photo copyright AP

Ainsi propulsée à l’avant -scène de la lutte pour le triomphe des droits civiques, la veuve du pasteur assassiné, procède en mai 1968 au lancement de la campagne de lutte contre la pauvreté (Poor’s people campaign) tout en exhortant les Américaines à s’unir pour la lutte contre les trois fléaux majeurs que sont « le racisme, la pauvreté et la guerre ».

Poursuivant son action, la combattante de la liberté fonde le Centre Martin Luther King pour le changement social non -violent.. Tout en consacrant son énergie à d’autres actions sociales. Membre du conseil d’administration de l’Association des droits civiques « Southern Christian Leadership Conference » et de l’association féminine « National Organization for Women), Coretta Scott King a par ailleurs milité pour les droits des femmes, lutté contre le sida, la peine de mort et la guerre en Irak.

Femme d’un rare courage, Coretta Scott King « est une figure de proue, non seulement pour le mouvement des droits civiques, mais aussi pour la marche vers le progrès » .Titulaire d’une kyrielle de diplômes honorifiques, elle est l’auteur de plusieurs ouvrages. Dans l’autobiographie éditée en 1969 « My life with Martin Luther King Jr » (Ma vie avec Martin Luther King Jr), elle écrit : « Comme sa tâche n’était pas terminée, j’ai estimé que je devais me consacrer à son achèvement ».

Après une longue bataille, les efforts de la veuve du pasteur assassiné ont conduit le Congrès américain à adopter en 1986 une loi faisant du jour de naissance de Martin Luther King, une date fériée dans tout le pays. Crée en son honneur par l’Association américaine des bibliothécaires, le prix Coretta Scott King est décerné annuellement à des écrivains et illustrateurs afro-américains.
Que de témoignages de par le monde à l’annonce de la mort de Coretta Scott King. L’Amérique toute entière lui a réservé d’émouvantes funérailles. Fait unique en son genre pour une Afro-américaine, la dépouille de la championne des droits civiques a été exposée au Capitole de l’Etat de Géorgie. Les drapeaux ont été mis en berne toute la journée du mardi 7 février 2006 sur tous les bâtiments publics aux Etats -Unis et sur toutes les représentations diplomatiques américaines dans le monde.

Préserver le Centre Martin Luther King

Erigé à côté de l’Eglise baptiste Ebenezer à Atlanta où le prix Nobel de la paix a prêché pendant huit ans (1960-68), le Mémorial Martin Luther King est un centre international réunissant un hall d’exposition, un institut pour études afro-américain, une bibliothèque et un musée. Y défilent jusqu’à 650.000 visiteurs par an.

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10.000 personnes sont venues rendre un dernier hommage
à la ’’première dame des droits civiques américains’’ - Photo copyright AP

Avec la disparition de Coretta Scott King, s’ouvre un délicat débat sur l’avenir de cette première institution érigée en souvenir d’un leader noir américain. Dirigé jusqu’en 1995 par la première dame des droits civiques, le mémorial fait face à des ennuis financiers et nécessite d’importants travaux de réfection. Il est aussi source de dissension entre les quatre enfants des époux King. Ces derniers ont récemment fait appel au service des serruriers pour s’empêcher mutuellement d’y pénétrer. Dexter Scott et Yolanda Denise sont favorables à céder le centre à l’Etat fédéral. Ce que refusent Martin Luther et Bernice Albertine.
En 2003, la famille King avait liquidé quelques 7000 objets ayant appartenu au leader noir américain, dont un brouillon du fameux discours « I have a dream ». Les quatre enfants doivent se gardez de vendre ce précieux héritage de leur père et s’abstenir de marchander la vision de leur mère.

Rien ne peut consumer l’œuvre amorcée par le regretté pasteur Martin Luther King et poursuivie par sa veuve. Ni le temps, ni l’effort de la pluie. Elle est si impérissable que toute la communauté noire- américaine doit intervenir auprès des enfants King en les aidant, à perpétuer l’héritage à eux laissé par leur père.

Par Ekoué Satchivi

 

© Copyright Ekoué Satchivi

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