Présidentielle 2003

Confusion au Togo avant la proclamation des résultats de l’élection présidentielle

par Le Monde (France) , le 4 juin 2003, publié sur ufctogo.com

 

L’opposition conteste les premiers résultats, qui favorisent le président sortant, Gnassingbé Eyadéma. Deux de ses candidats se proclament vainqueurs.

La situation est confuse au Togo où les résultats officiels de l’élection présidentielle de dimanche n’étaient toujours pas proclamés mardi matin 3 juin. Selon des décomptes portant sur 40 % des suffrages exprimés, la victoire du président sortant, Gnassingbé Eyadéma, paraît acquise : il a d’ores et déjà obtenu 59 % des votes, selon la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Au total, 2 millions d’électeurs auraient participé à l’élection (soit un taux de participation de l’ordre de 70 %).

Mais des candidats de l’opposition contestent les résultats et deux d’entre eux se sont d’ores et déjà proclamés vainqueurs du scrutin - qui s’est déroulé dans le calme. Le premier est Emmanuel Bob Akitani, qui défendait les couleurs de l’Union des forces de changement (UFC), dont le président, Gilchrist Olympio, avait été écarté du scrutin pour avoir présenté un dossier "incomplet". Fort des "tendances qui se dégagent" du dépouillement dans la capitale et les agglomérations avoisinantes (le fief de l’UFC), M. Akitani a affirmé dans un communiqué publié lundi soir qu’il a "remporté l’élection présidentielle". Le candidat de l’UFC s’est déclaré élu avec "plus de 75 % des suffrages exprimés" et a annoncé la formation d’un "gouvernement de reconstruction nationale" dans les prochains jours.

CRAINTE DE TROUBLES

L’autre candidat à s’être déclaré vainqueur du scrutin est un ancien transfuge du pouvoir, Maurice Dahuky Pere. "Les données provisoires en ma possession (...) et d’autres sources indépendantes, attestent que j’ai obtenu la majorité relative des voix après le dépouillement de près de 36 % des centres de vote", a-t-il assuré. Président de l’Assemblée nationale au temps où il était membre du parti au pouvoir, le Rassemblement du peuple togolais (RPT), M. Pere a appelé, lundi, "tout le peuple togolais à la résistance en vue de mettre fin à la dictature".

Les déclarations des deux vainqueurs autoproclamés n’ont pas troublé la sérénité du "candidat Eyadéma". "Nous sommes dans un Etat de droit. Il y a une commission nationale électorale indépendante, au sein de laquelle les partis d’opposition ont toujours des représentants, et qui est seule habilitée à communiquer des résultats", a indiqué le chef de l’Etat sortant, interrogé par l’Agence France-Presse.

Quelques jours auparavant, le président Eyadéma avait proposé à ses adversaires la formation d’un gouvernement d’union nationale quel que soit le vainqueur de la présidentielle. Le chef de l’Etat sortant s’est présenté tout au long de la campagne électorale comme le seul garant de l’unité et de la stabilité du Togo en pointant du doigt les problèmes qui assaillent les autres Etats de la région en proie à des guerres civiles à connotations ethniques (Côte d’Ivoire, Liberia, Sierra Leone).

A Lomé, la capitale, nombre d’habitants ont préféré déserter la ville et se réfugier au Ghana voisin par crainte de troubles. Lundi les marchés y étaient déserts et les boutiques fermées tandis que des opposants prédisaient une révolte populaire si le président Eyadéma, au pouvoir sans interruption depuis trente-six ans, leur "volait la victoire".

Si la capitale, et le sud du Togo, est un fief de l’opposition, le chef de l’Etat peut se prévaloir du soutien du nord du pays, d’où il est issu. La région fournit 70 % des forces armées et 79 des 81 membres du Parlement actuel.

Jean-Pierre Tuquoi

 

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