Pédophilie

Conférence internationale sur un fléau mondial : le tourisme sexuel

par Sud Quotidien (Sénégal) , le 29 septembre 2003, publié sur ufctogo.com

Le Sénégal, en collaboration avec l’Organisation mondiale du tourisme organise du 30 septembre au 1 octobre prochain , à Dakar, une conférence sur le thème " La protection des enfants contre l’exploitation sexuelle dans le tourisme ".

 

Plusieurs dizaines de participants étrangers, représentant les plus hautes instances du tourisme sont attendus à Dakar. Après la revue des pairs sur la situation des enfants dans l’espace de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), le choix du Sénégal pour l’organisation de cette conférence peut s’expliquer par la destination touristique privilégiée de notre pays. La Petite Côte suivra avec intérêt les assises de Dakar qui pourraient déboucher sur des solutions à un mal qui la touche.

L’Afrique, après l’Europe et l’Asie, va se pencher sur les moyens pour éradiquer ce fléau mondial : l’exploitation sexuelle des enfants dans le tourisme, déviance du tourisme par lequel des enfants, garçons ou filles sont mis à la disposition de clients étrangers pour satisfaire leurs désirs sexuels. La pauvreté, l’éclatement familial et le manque de scolarisation sont les causes recensées.

Selon la note d’information du ministère de tourisme du Sénégal, " il est par conséquent essentiel que, dans les Etats africains,les autorités nationales du tourisme fassent prendre davantage conscience à leurs nationaux et à leurs résidents étrangers,ainsi qu’aux professionnels du secteur touristique, de la nécessité d’encourager un tourisme sain et socialement responsable "

Parmi les nombreuses définitions du tourisme sexuel, nous retiendrons celle de Me Justin Roberge, une des plus en vue : "Le fait pour une personne de faciliter ou de commettre un acte d’ordre sexuel contre un enfant sur le territoire d’un État dont elle n’est pas ressortissante, lequel acte constituerait une infraction s’il était commis sur le territoire de l’État d’origine de son auteur."

C’est une très grande victoire des organisations non gouvernementales que les autorités africaines et sénégalaises aient pris au sérieux ce danger qui est aux portes de l’Afrique . Aujourd’hui, le sujet n’est plus tabou, en ce sens que le réseau des journalistes pour la protection des droits de l’enfant, l’Unicef, l’Observatoire de Mbour et le Cegid parlent de ce fléau. Pour combattre le tourisme sexuel, les autorités gouvernementales, les Ongs et les professionnels du tourisme doivent travailler en étroite collaboration.

Il n’est un secret pour personne que pour combattre le tourisme sexuel, il n y a pas plusieurs chemins. Les touristes qui se livrent à cette pratique sont très informés au point qu’ils se détournent des pays qui protègent les droits des enfants, principales victimes de ce commerce inhumain et odieux .

La Convention internationale des Nations unies pour les droits de l’enfant, établie le 20 novembre 1989, a été ratifiée par un total de 191 États.

Elle cherche à protéger les mineurs de moins de 18 ans et à poursuivre ceux qui les exploitent. La Convention interdit la prostitution enfantine, mais cela est insuffisant.

Des pays appliquent cette loi sur leur territoire, mais seuls quelques pays ont adopté, en février 1994, des lois pénales d’extra-territorialité. Ils s’engagent ainsi à poursuivre sur leur territoire des abus sexuels commis sur mineurs, même si ceux-ci ont eu lieu à l’étranger. Le principal article qui protège les enfants de l’exploitation sexuelle indique dans son article 34 :

" Les parties États s’engagent à protéger l’enfant contre toutes les formes d’exploitation sexuelle et de violence sexuelle. A cette fin, les États prennent en particulier toutes les mesures appropriées sur les plans national, bilatéral et multilatéral pour empêcher : que des enfants ne soient incités ou contraints à se livrer à une activité sexuelle illégale ; que des enfants ne soient exploités à des fins de prostitution ou d’autres pratiques sexuelles illégales ; que des enfants ne soient exploités aux fins de la production de spectacles ou de matériel de caractère pornographique. "

En 1996, le Congrès mondial de Stockholm a réuni plus de cent gouvernements et Interpol (Organisation internationale de police criminelle) dans la lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales. La déclaration finale insiste sur la nécessité de punir ceux qui exploitent sexuellement les enfants et de ne pas punir les enfants victimes !

Mame Olla Faye

 

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