Communiqué

Attaque du domicile du député Kpatcha Gnassingbé

par UFC , le 14 avril 2009, publié sur ufctogo.com

 

Communiqué de presse

Relatif à l’attaque du domicile du député Kpatcha Gnassingbé

Dans la matinée du lundi 13 avril 2009, les médias nationaux et internationaux ont diffusé l’information selon laquelle des éléments de la Force d’Intervention Rapide (FIR) des Forces Armées Togolaises (FAT) ont lancé la veille vers 22 heures, une ‘’attaque aux fusils d’assaut et aux armes de guerre’’ contre le domicile du député Kpatcha Gnassingbé, frère du Chef de l’Etat et ancien ministre de la Défense Nationale.

Au cours du journal de la mi-journée du 13 Avril sur TVT, le Procureur de la République a donné lecture d’un communiqué qui explique ces événements par une procédure d’enquête préliminaire en cours suite à la découverte d’une « tentative d’atteinte contre la sûreté de l’Etat », dans laquelle serait impliqué Kpatcha Gnassingbé. ‘’Plusieurs personnes dont 05 officiers’’ des FAT seraient arrêtées.

Selon le communiqué du procureur, des éléments de la gendarmerie qui se sont présentés au domicile de Kpatcha Gnassingbé, le dimanche 12 avril vers 22h, pour interroger des membres de « l’entourage » de celui-ci sur leur participation à un complot contre la sûreté de l’Etat, ont été accueillis par des coups de feu de sa garde rapprochée. Le même communiqué précise que c’est en réaction à cette « réponse musclée » de Kpatcha Gnassingbé que les forces de défense sont intervenues pour soutenir la gendarmerie.

Selon les médias qui l’ont rencontré à son domicile ce même lundi après les évènements, le député Kpatcha Gnassingbé soutient que cette opération, conduite par le colonel Kandanga, commandant de la FIR, vise tout simplement à l’assassiner.

En attendant d’en cerner les contours, l’opération militaire menée contre le député Kpatcha Gnassingbé par les FAT, suscite de la part de l’Union des forces de Changement (UFC), les observations suivantes :

1. Aucune disposition légale ne permet aux forces de sécurité de se présenter au domicile d’un citoyen à 22 heures, pour l’interroger. Il est inconcevable que le Procureur de la République prétende faire interpeller des personnes de l’entourage du député Kpatcha Gnassingbé au domicile de ce dernier en y envoyant la gendarmerie à une heure aussi tardive.

2. L’interpellation d’un citoyen, pour quelque motif que ce soit, est une opération de police judiciaire qui ne relève nullement de la compétence des FAT et encore moins de celle de la FIR.

3. M. Kpatcha Gnassingbé est député à l’Assemblée nationale et jouit d’une immunité parlementaire. Il ne saurait donc faire l’objet d’aucune procédure d’interrogation par la gendarmerie nationale tant que l’Assemblée nationale n’a pas procédé par un vote, à la levée de cette immunité. Au demeurant, l’Assemblée nationale n’a jamais été saisie d’une demande de levée de l’immunité du député Kpatcha Gnassingbé.

4. Le régime RPT s’est engagé, aussi bien au titre des 22 engagements que de l’APG, à rendre l’armée apolitique et républicaine. Malheureusement, force est de constater que ce régime continue d’impliquer des éléments de l’armée nationale dans le débat politique.

En raison de ce qui précède, l’UFC demande à l’Assemblée nationale :

1) d’inscrire à l’ordre du jour de la session en cours, un débat sur la question de l’impunité et sur le respect de l’immunité parlementaire des députés ;

2) d’interpeller le ministre de la Défense Nationale pour éclairer la Représentation nationale sur les évènements de la nuit du 12 au 13 Avril 2009 ;

3) de mettre en place dans les plus brefs délais, une commission d’enquête parlementaire pour situer les responsabilités sur l’opération militaire des 12 et 13 Avril 2009.

Cette affaire piteuse et lamentable met en évidence la persistance de l’insécurité entretenue par le régime RPT pour torpiller la préparation sereine de la prochaine présidentielle dans le but d’empêcher le véritable changement auquel aspire le peuple togolais. Elle traduit le refus du gouvernement de prendre à bras le corps, la question cruciale de l’impunité au Togo. Elle traduit également le manque total de volonté politique du gouvernement et du régime RPT de créer les conditions d’un règlement juste et durable de la crise qui mine notre pays.

L’UFC considère que cette opération est le fait d’un régime en mal de légitimité qui s’emploie à déjouer des complots réels ou imaginaires pour intimider les populations et éliminer des adversaires politiques ainsi que des citoyens civils et militaires supposés favorables au changement démocratique.

L’UFC constate que le régime RPT, fidèle à sa conception rétrograde de la politique, continue de recourir à la violence comme moyen de conquête et de conservation du pouvoir d’Etat. Elle dénonce les violations impunies et répétées des droits humains ainsi que la persistance des exécutions sommaires et extrajudiciaires perpétrées par ce régime. L’UFC déplore les morts et les blessés ainsi que les dégâts matériels occasionnés par cette attaque. Elle exprime ses condoléances aux familles éplorées ou affectées.

Face aux manœuvres d’intimidation d’un régime aux abois, l’UFC appelle les populations togolaises à ne pas céder à la peur et à rester vigilantes et mobilisées.

Fait à Lomé, le 14 Avril 2009

Pour le Bureau National,

Le Vice-Président

Patrick Lawson

 

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