Reportage

Commémoration du 40e anniversaire de l’assassinat de Sylvanus Olympio, Premier Président du Togo

par Diastode , le 12 janvier 2003, publié sur ufctogo.com

 

Gilchrist Olympio s’est recueilli sur la tombe de ses parents et a pris l’engagement solennel de combattre le régime Eyadema et d’y mettre fin.

Petit village béninois situé à moins d’une demi-dizaine de kilomètres de la frontière bénino-togolaise, Agoué a accueilli le leader charismatique de l’Union des forces de changement (UFC) en cette veille du jour anniversaire de l’assassinat de Sylvanus Epiphanio Olympio, le Premier Président élu de la jeune République togolaise. Allure pugiliste au regard toujours souriant, vêtu d’un boubou olive, M. Olympiio est arrivé tôt le matin dans un village bondé de militants et sympathisants de son parti, tout de sang et or vêtu. Après l’ovation d’une foule en liesse, le cortège composé des leaders de partis d’opposition du Togo (Léopold Gnininvi de la CDPA, Porte-parole du Front, Jean-Lucien Sanvee de Tové et Ajavon Zeus de la Convergence patriotique panafricaine) et des partis politiques du Bénin, s’est ébranlé à la cathédrale du village où une messe a été dite en mémoire du défunt père de la Nation.

Après la messe, Gilchrist Olympio entouré de ses lieutenants et ses illustres invités, est parti au cimetière familial se recueillir sur les tombes de son père et de sa mère, et d’un célèbre journalistre togolais brutalement disparu, Bertin Folly du satirique "La Parole", tombes sur lesquelles il a déposé des couronnes de fleurs.

Revenu au domicile de son père, un édifice des richissimes de l’époque coloniale et de la traite négrière qui a résisté au temps, il s’est prêté à l’épreuve des questions-réponses des journalistes de la presse togolaise et béninoise et de la presse internationale, présents pour couvrir l’événement. Il a lu une déclaration liminaire avant de subir avec brio l’épreuve orale des reporters. Il a déclaré que par un funeste destin, le 13 janvier s’inscrit dans l’histoire du Togo comme un jour de tristesse et de deuil. Pour lui, rien n’explique l’assassinat du chef de l’Etat, si ce n’est que les factueux qui ont exécuté la basse besogne, "de source informée, avaient perçu de l’argent en récompense de leur forfait."

Refusant de citer nommément celui-là qui a revendiqué le meurtre devant les journalistes, à savoir l’actuel Président du Togo, le dictateur Gnassingbé Eyadèma, l’emblématique leader de l’UFC s’est contenté de dresser un profil des bourreaux de son père. "Au moment du coup, déclarait-il, les factueux étaient des demi-soldes de l’armée française. Ils ne pesaient aucun poids politique au Togo car ils n’avaient aucune expérience du champ politique national. Dans tous les cas, ils avaient quitté le Togo depuis longtemps et s’étaient trop désintéressés du sort de leurs compatriotes pour soudain se porter au redressement de tort." M. Olympio a poursuivi en disant que "chaque célébration du 13 Janvier par le pouvoir constitue un crime contre le peuple togolais car elle rappelle douloureusement tous les morts et les vivants traumatisés sur lesquels le régime s’est élevé." Il a déclaré ensuite qu’en ce jour anniversaire, le peuple togolais se recueille et observe, se souvient et compare. "Il compare ceux qui sont tombés courageusement au combat et ceux qui l’oppriment. Il mesure les sacrifices de ceux qui ont servi leur pays dans l’abnégation et l’égoïsme, et ceux qui le saignent par leur intérêt personnel."

M. Olympio a continué en situant ce qui reste à faire : "Notre devoir est de combattre cette dictature et d’y mettre fin. Nous en prenons l’engagement en ce jour anniversaire (...)Que personne ne croie au slogan ’moi ou le chaos’ ou aux menaces de guerre civile qu’on nous a tant de fois serinés. Le peuple togolais a assez souffert et est suffisamment fort pour braver la dictature. Il n’a rien à perdre."

Le miraculé de Soudou, avant de lancer "Ablodé", le slogan de l’indépendance et celui de son parti en signe de la fin, a prévenu : "L’année 2003 sera celle de notre combat définitif pour éliminer la dictature d’Eyadèma qui n’a jamais tenu compte des idées, des sentiments et des désirs du peuple togolais. La mort tragique des héros de notre peuple, les actes qu’ils ont posés de leur vivant, sont restés dans l’imagination populaire. Ils nous stimulent aujourd’hui et empêcheront demain nos descendants de désespérer."

Le leader de l’UFC a eu ensuite un huis-clos avec les leaders de l’opposition, une séance de travail à laquelle la presse n’était pas invitée. A sa sortie, il s’est adressé à la foule qui scandait "Ablodé, Ablodé, Ablodé gbadjaaa...," avant d’aller visiter la maison de son grand père Octavianus Epiphanio Olympio, une villa qui a gardé son superbe malgré le temps. Il est revenu plus tard communier autour d’une table avec ses illustres invités avant de mettre le cap sur Cotonou vers la fin de l’après-midi où il était arrivé la veille.

La sécurité, quoique discrète, était présente et assumée par des membres de la garde présidentielle béninoise, avec un officier supérieur à leur tête. Deux individus suspects ont été appréhendés et gardés à la gendarmerie béninoise.

Diastode

 

© Copyright Diastode - Visiter le site

Articles suivants

Articles précédents

Dépêches

UFC Live !

  • Vous devez installer le module flash correspondant à votre navigateur pour voir ce contenu.

WEB Radios - TV

WEB Radios
Tous unis pour un Togo libre et démocratique
dimanche
26 mars 2017
Lomé °C (à 0h)