Débat

Colloque sur la démocratie et la transparence électorale en Afrique

par La rédaction UFCTOGO.COM , le 8 juin 2004, publié sur ufctogo.com

 

A l’initiative du Front des Forces Alternatives présidé par Jean-Jacques Ekindi du Cameroun, une rencontre-débat a eu lieu en Sorbonne, le 5 juin dernier pour évoquer divers thèmes relatifs à la démocratie en Afrique.

Les participants qui venaient du Togo, du Cameroun, du Burkina, de la Guinée et de la Cote d’Ivoire ont posé les problèmes suivants :

Où en est l’Afrique à l’épreuve de la démocratie pluraliste ?

Les dictatures ont-elles vraiment disparu ?

La démocratie que les Africains attendaient tant joue-t-elle son rôle de régulateur politique et social ?

Les pouvoirs en place en Afrique se soumettent-ils véritablement aux règles de la démocratie ?

Les oppositions africaines jouent-elles le rôle attendu en pareille circonstance ?

Qu’en est-il de la diaspora ? Des intellectuels ? Des activistes sociaux et politiques ? Des médias ? De la communauté internationale ?

Le problème de la transparence électorale.

Les principaux orateurs ont abordé le cas précis du déroulement des élections dans leur pays en se fondant sur les derniers scrutins, et chacun a pu souligner les aspects qui ont trait à la régularité du processus, à l’équité et à la performance.

Après un débat avec l’auditoire, Jean-Jacques Ekindi a exposé l’initiative « Un ordinateur pour la démocratie », projet panafricain en vue de promouvoir l’informatisation des fichiers électoraux dans toute l’Afrique.

Le but de cette initiative du Front des Forces alternatives est de réaliser une action solidaire concrète entre leaders progressistes africains, en engageant des réflexions et des actions communes ayant pour objectif de renforcer le camp de la démocratie dans tous les pays africains.

Intervenant au nom de l’Union des Forces de Changement, Isaac Tchiakpe a fait remarquer que « le Togo illustre à la perfection cette démocratie de façade et les cas de mascarade électorale. Depuis 10 ans que Gnassingbé Eyadéma s’est converti en démocrate, ce qui fait l’essentiel de la démocratie n’a pas cours au Togo. Le pluralisme politique n’est que formel. Une stratégie de la tension et de la terreur empêche les partis et les militants d’exercer leur activité et de circuler librement sur l’ensemble du territoire.

Les médias publics ne sont pas ouverts à l’opposition, mais sont des organes de propagande à la gloire du dictateur.

La Constitution et le Code électoral ont été modifiés subrepticement pour exclure en particulier un candidat, celui de l’UFC, Gilchrist Olympio.

Des accords politiques signés sous l’égide de la Communauté internationale ne sont pas respectés. Et les scrutins sont organisés dans une totale opacité de manière à garantir avant même le début du scrutin, la victoire de Gnassingbé Eyadéma.

Toutes les institutions(Cour constitutionnelle en particulier) sont aux ordres et à la dévotion d’un homme.

Face à cette situation oppressante, on regrette une complaisance voire une pusillanimité des partenaires au développement du Togo.

Dans ce contexte de scepticisme, de défiance et de refus d’une alternance pacifique par les urnes, il nous faut être créatif et inventer de nouvelles formes de lutte pour accéder au pouvoir, et qui ne passent pas par la violence armée.

Face à l’impasse politique au Togo, l’Union européenne a accepté d’ouvrir des consultations avec le gouvernement togolais au titre de l’article 96 de l’Accord de Cotonou et qui porte sur le dialogue politique et les mesures à rendre en cas de violation grave des droits de l’homme ou de manquement aux principes de l’Etat de droit. Le gouvernement togolais a pris 22 engagements qui, s’ils sont respectés traduiront un profond infléchissement du régime. Mais en l’état de la situation, notre évaluation de la mise en oeuvre de ces engagements n’est pas encourageante. Eyadéma utilise toujours sa stratégie du contournement et de la duplicité. Une dizaine de militants de notre parti ont été condamnés à de lourdes peines de prison alors que l’un des engagements prévoit la libération totale de tous les prisonniers politiques.

Le dialogue intertogolais qui doit reprendre dans un cadre structuré et transparent n’a pas débuté mais déjà des signes de mauvaise volonté du régime apparaissent. On refuse de délivrer des documents de voyage au président de notre parti. C’est donc dire que ce dialogue ne commence pas sous de bons auspices. Et il est à craindre, s’il aboutit à un échec qu’on s’oriente vers une radicalisation d’une partie de la jeunesse, voire d’une frange de l’opposition constatant que la voie de la discussion et du dialogue est impossible. »

Les actes de ce colloque seront publiés.

 

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