Le pré carré français

Chirac-Eyadema-Kadhafi : le mariage de raison

par La rédaction UFCTOGO.COM , le 2 septembre 2003, publié sur ufctogo.com

Kadhafi est au devant de la scène internationale. Il revient en grâce... Le Figaro ( mardi 2 septembre 2003 ) de ce jour explore les arcanes de cette " étrange relation " entre Kadhafi et la France de Jacques Chirac. Rien ne devrait nous étonner. En effet, à lire ces divers articles du Figaro et du Canard Enchaîné, on réalise davantage la nature amorale de la politique étrangère de la France...
" Il est vrai que les peuples n’ont que des intérêts..."

 

JPEG - 2.3 ko

Les terrains d’entente entre Tripoli et Paris

Pierre Prier - Le Figaro - 2 septembre 2003

C’était il y a tout juste quatre ans. Un condamné à perpétuité avait pris place dans la tribune officielle du défilé militaire marquant l’anniversaire de la révolution libyenne. Abdallah Senoussi, beau-frère de Muammar Kadhafi, avait été jugé à Paris deux mois auparavant, par contumace, et reconnu coupable de l’attentat contre le DC 10 d’UTA. Mais l’homme se riait du verdict. « Oui, je sais, je suis « wanted » en France », déclarait-il, jovial, à l’envoyé spécial du Figaro, présent au même défilé.

JPEG - 37.1 ko

A quelques fauteuils d’Abdallah Senoussi, un dignitaire français, l’ex-ministre de la Coopération Jacques Godfrain, gardait l’oeil sur les chars et les missiles. Le beau-frère du Guide de la révolution n’a jamais été inquiété, pas plus que ses cinq compatriotes condamnés en même temps que lui à Paris. La Libye et la France voulaient refermer le dossier le plus vite possible... Deux semaines auparavant, dans une interview au Figaro, Muammar Kadhafi avait signé à la hâte un solde de tout compte : « Il faut être clair. Même si nous avons versé des compensations à la France, cela ne veut pas dire que nous avons abattu l’avion. » Jacques Chirac s’était félicité de voir « tournée cette page sombre » entre les deux pays.

Un peu plus tard, la Grande-Bretagne obtenait, au prix de quelques astuces juridiques, de juger un des acteurs libyens de l’attentat contre le Boeing de Lockerbie, aujourd’hui emprisonné à vie. Puis les familles ont reçu des compensations bien supérieures à celles allouées aux parents des victimes de l’avion français.

Pourquoi cette différence de traitement ? La réponse tient, comme toujours, aux réalités politiques internationales. Entre Kadhafi, d’une part, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, d’autre part, les termes de l’échange ont toujours été basiques : la Libye devait payer, livrer un suspect et reconnaître ses torts en échange d’une levée des sanctions de l’ONU et de la réintégration dans le jeu international. Entre la Libye et la France, c’est une tout autre histoire. Les deux pays ont besoin l’un de l’autre, en particulier en Afrique, où ils entretiennent des relations complexes et des liens très croisés.

L’Afrique francophone, le « pré carré » français, est aussi l’arrière-cour de Kadhafi. En Afrique, la France et la Libye ont été parfois rivales, jusqu’à s’affronter militairement au Tchad. Mais surtout, depuis quelques années, Paris et Tripoli sont arrivés à des accords tacites de non-belligérance, et même de services réciproques. La France se chagrine de voir l’éternel président Eyadéma du Togo mis au ban de l’Union européenne pour ses pratiques électorales douteuses ? C’est la Libye qui vient à son secours, renflouant constamment le général à coups de pétrodollars, à la grande satisfaction de Paris.

JPEG - 28 ko

La France paraît également avoir obtenu du colonel Kadhafi qu’il modère ses ardeurs géopolitiques en Afrique de l’Ouest. Tripoli a fourni longtemps en armes et en argent le sanguinaire chef de guerre-président libérien Charles Taylor, chassé récemment du pouvoir, à travers le Burkina-Faso. Tout allait bien tant que la France faisait des amabilités à Taylor, ex-client des Etats-Unis. Mais les choses se sont gâtées quand l’axe Tripoli-Ougadougou-Monrovia a menacé la Côte d’Ivoire. Après un moment de flottement, Paris a cherché à mettre le holà.

Tripoli a écouté. La source d’armes libyennes s’est tarie. Et dernièrement, l’arrestation à Paris du sergent-chef ivoirien Ibrahim Coulibaly, accusé de comploter pour assassiner le président ivoirien Laurent Gbagbo, pourrait être le fruit de la nouvelle entente entre la Libye, le Burkina et la France. Coulibaly s’était réfugié chez Blaise Compaoré, qui n’a rien à refuser à Kadhafi. Le président burkinabé a prié le sous-off putschiste de quitter le pays...

La France et la Libye ont trouvé d’autres terrains d’entente. En particulier en Centrafrique, ex-colonie française, où la France a obtenu de Kadhafi le retrait de forts contingents du MLC du chef de guerre congolais Jean-Pierre Bemba. Obligé de la Libye, ce dernier menaçait Bangui, la capitale, où un général bien vu par Paris a pris le pouvoir. Du même coup, la pression était relâchée sur la frontière sud du Tchad, avec qui la France a renoué de bonnes relations. Et la Libye contribuait à remettre un peu d’ordre au Congo-Kinshasa, où la France s’est impliquée fortement dans le processus de paix en engageant mille soldats. Ces échanges entre Etats ont pesé lourd dans le dossier du DC 10.


JPEG - 3.2 ko

Le trublion Kadhafi en Afrique francophone

Claude Angoli - Le Canard Enchaîné - 30 octobre 2002

Actif et dépensier, il attise les braises en Côte d’Ivoire, au Tchad, en Centrafrique et dans l’ex-Zaïre.

Le colonel libyen s’est fait un plaisir de recevoir Dominique de Villepin, le 18 octobre. Et d’envoyer son ministre des Affaires étrangères rencontrer Chirac, trois jours plus tard. En principe, tout va pour le mieux avec Kadhafi, et l’on a servi aux médias une fort convenable version de ces deux entrevues.

JPEG - 19.9 ko

La visite de Villepin à Tripoli officialisait, paraît-il, la normalisation des relations franco-libyennes, et permettait de réclamer une indemnisation correcte pour les familles des 170 victimes d’un attentat dont les services secrets de Kadhafi sont responsables. Celui qui a abouti au crash du DC 10 d’UTA dans le désert du Niger, en septembre 1989.

Quant à Chirac, il n’aurait accueilli l’êmissaire du colonel que dans l’intention de montrer son intérêt pour la réunion, à Paris, de la commission mixte francolibyenne, la première depuis vingt ans... Et prière à chacun de croire que le Président et Villepin n’ont pas évoqué, un seul instant, le rôle tenu par ce brave Kadhafi dans divers conflits africains.

L’incorrigible et riche colonel se montre pourtant si actif qu’il mérite mieux que ce silence pudique. Les services français de renseignement, le Quai d’Orsay et l’Elysée le savent, s’ils n’ont pas, pour l’heure, l’envie d’en parler ouvertement.

Au nord du Tchad, Kadhafi appuie des groupes rebelles qui aimeraient renverser le président Idriss Déby, un homme peu estimé à Paris, mais ceci ne justifie pas cela. En République démocratique du Congo (l’ex-Zaïre), notre ami libyen est en quelque sorte l’associé de Jean-Pierre Bemba et de son MLC (Mouvement de libération du Congo), dont l’intention est de chasser le jeune président Kabila de
Kinshasa. Ce n’est ; pas gagné, mais le pays regorge de tant de richesses...

Ironie de ces implantations militaires à succursales multiples : Kadhafi se retrouve, au pays de feu Bokassa, dans le même camp que la France. Depuis longtemps, il a installé des troupes à demeure en Centrafrique, afin d’y soutenir le président Ange-Félix Patassé.

Et la semaine dernière, Paris a apporté, en paroles, son soutien à Patassé, une fois encore aux prises avec un nouveau coup d’État de son ex-chef d’état-major de l’armée.
C’est en Côte d’Ivoire que l’ingérence de Kadhafi est la plus sournoise. Le 19 septembre dernier recevant à Tripoli de hauts responsables africains, il s’est gentiment payé leur tête. A l’en croire, aucun coup d’État n’était fomenté à Abidjan et il ne s’agissait que de mouvements d’humeur de soldats inquiets pour leur avenir.

L’esprit mutin du chef libyen

En réalité, Kadhafi utilise les conflits ethniques en Côte d’Ivoire et a financé, plus ou moins directement, les achats d’armes des militaires qui veulent renverser le président Laurent Gbagbo et qui occupent désormais le nord du pays. Le tout, armes et monnaie, passant par le Burkina voisin, avec, selon les services français et les diplomates lucides, l’aimable complicité du patron du pays, Blaise Campaoré. Lequel a accueilli, naguère, nombre de militaires ivoiriens participant à l’actuelle rébellion, mais soutient que les frontières entre les deux Etats sont poreuses et qu’il ny peut rien si la Côte d’Ivoire est en ébullition.
Des propos qui font sourire les « africains » du Quai d’Orsay ou de l’Elysée : à plusieurs reprises, et notamment en septembre 2001, à Paris, un proche collaborateur de Campaoré, colonel de son état, accompagnait, lors de ses divers contacts politiques, le fameux « IB » (Ibrahim Coulibaly), l’un des chefs des mutins ivoiriens. L’actuel cessez-le-feu, avec des unités françaises en « force tampon », sanctionne de fait la partition d’un pays instable qui a, depuis plusieurs années, vécu le pire : mutineries à répétition, complots, coups d’État, émeutes ethniques, tueries, etc. Puis le meilleur : un président élu normalement (Gbagbo) qui ne truque pas les élections législatives et municipales. Et qui les perd...

A son passif, il n’a pas mesuré les risques ni su - ou pu ?- réduire les conflits ethniques et empêcher, pendant le récent coup dEtat, l’assassinat de son prédécesseur, le général Gueï. Enfin, il n’est pas de la « famille » des présidents africains classiques. Emprisonné à quatre reprises (sous Houphouët, sous Bédié et à la demande de Ouattara alors Premier ministre), il se veut socialiste et surtout différent.

Moralité : il risque d’y avoir encore de la besogne en Côte d’Ivoire et ailleurs pour la « main-d’œuvre, armée ». A savoir ces groupes de mercenaires ou de va-nu-pieds libériens, sierra-léonais, burkinabés, congolais, maliens et « apatrides » qui parcourent l’Afrique à la recherche d’un emploi et de la solde qu’ils méritent. Chirac et Villepin devraient peut-être demander à Kadhafi de se montrer plus économe.

Record battu : cinq Etats de l’Afrique francophone connaissent des guerres civiles durables ou à répétition. A savoir le Tchad, la Côte d’ivoire, le Congo-Brazzaville, le Centrafrique et la République démocratique (sic) du Congo.
L’ombre de Kadhafi plane sur quatre d’entre elles. Et il finance, en plus, les dépenses budgétaires du Togo. Quelle générosité...


JPEG - 2.3 ko

Kadhafi se rêve en parrain du continent

Pierre Prier - Le Figaro - 4 février 2003

Le président libyen, grand pourvoyeur de devises, n’est pas absent des conflits de l’Afrique de l’Ouest

Ce ne sera sans doute pas encore pour cette fois. Muammar Kadhafi ne devrait pas obtenir du sommet extraordinaire de l’Union africaine, qui a clôturé ses travaux hier soir à Addis-Abeba au terme de 24 heures - au lieu des 48 initialement prévues -, l’instauration d’un poste de président africain, élu pour plusieurs années. Kadhafi voulait un président de l’Union qui « ne soit pas un chef d’Etat ou de gouvernement en exercice ». Les leaders africains ont lu entre les lignes. Kadhafi ne porte-t-il pas le titre de « Guide » de la révolution libyenne, qui fait de lui une sorte d’inspirateur hors hiérarchie ?

JPEG - 7.3 ko

Muammar Kadhafi, nul n’en doute, reviendra à la charge. Depuis qu’il a abandonné l’ambition de devenir le nouveau Nasser, le leader libyen entretient un rêve de remplacement : réaliser la vision de Kwame Nkrumah, le président ghanéen chantre de l’unité africaine dans les années 60. « Les idées de Nkrumah étaient bonnes. J’aurais souhaité que les Africains les suivent à la lettre », avait-il déclaré au Figaro à la veille de sa campagne pour créer les « Etats-d’Unis d’Afrique ».

Kadhafi proclamait dans la foulée : « L’Afrique est mon milieu naturel. Les Arabes d’Afrique sont africains, alors que les Arabes de la péninsule arabique sont asiatiques. »
Le colonel Kadhafi songe toujours à un « bloc africain » qui discuterait d’égal à égal avec les Etats-Unis et l’Europe. Sous son impulsion, l’Organisation de l’union africaine (OUA) a fait place en juillet 2002 à l’Union africaine. Mais le rêve des Etats-Unis d’Afrique est encore loin. Les chefs d’Etat tiennent à leurs frontières. Les puissances régionales émergentes, comme l’Afrique du Sud, souhaitent consolider leur influence sur le continent. Pour le Guide, en revanche, l’Union créée à Syrte n’était qu’une ébauche. A peine la réunion était-elle terminée qu’il convoquait à Tripoli, en août 2002, une série de spécialistes du droit constitutionnel pour les faire plancher sur des amendements à la nouvelle charte.

En attendant, l’Afrique lui a déjà permis de retrouver une respectabilité internationale. Les Africains ont été les premiers, en 1998, à briser l’embargo aérien imposé par l’ONU. Le Guide compte aussi sur son nouveau projet pour effacer son passé de supporter de toutes les causes révolutionnaires de par le monde, lui évitant ainsi de se retrouver du mauvais côté de l’« axe du Mal » de George Bush.

L’ex-financier des groupes armés internationaux se voit maintenant volontiers en parrain bienveillant et pacifique de l’Afrique. « Le terrorisme, c’est fini », résumait sans détour, en 1999, le directeur de cabinet de Kadhafi, Béchir Salah Béchir. « Aujourd’hui, on peut jeter le fusil pour mettre en oeuvre la paix et le développement. Voilà mon rôle », disait le Guide lui-même.
Certains, en France, ont un temps rêvé d’un partenariat réunissant les colossales ressources financières du pétrole libyen et le savoir-faire des coopérants français. Mais l’aide libyenne est restée plus traditionnelle. Les présidents africains qui défilent à Tripoli savent qu’ils en repartiront moins pauvres. « Le tarif, c’est souvent 30 millions de dollars à la première visite, quelques millions aux suivantes », dit le représentant d’un mouvement rebelle qui a bien connu les coulisses de Tripoli.

Dans le petit monde de l’Afrique francophone, on s’amuse à compter les visites en Libye des présidents. Recordman : un chef d’Etat d’un pays sahélien qui a récemment quitté le pouvoir, après avoir fait en cinq ans une quarantaine de fois le voyage de Tripoli. Les subsides ne servent pas toujours à renflouer les caisses personnelles. Muammar Kadhafi a financé toutes les élections récentes d’Afrique de l’Ouest, aidant les présidents sortants comme leurs adversaires, chacun à la hauteur du degré de sympathie de Tripoli. Pour d’autres Etats, l’argent libyen est une question de survie. Le Togo du général Eyadéma, sous embargo européen depuis 1993 pour la piètre qualité de ses élections, se porterait beaucoup plus mal sans la générosité du colonel.

Mais la réalité a la vie dure. Malgré sa volonté d’apparaître en faiseur de paix, la Libye n’a pas partout renoncé à son activisme d’antan, surtout en Afrique de l’Ouest et du centre. Au Tchad, théâtre de tentatives d’invasion libyennes repoussées par les Français dans les années 80, Kadhafi a entretenu ces dernières années un mouvement rebelle dans le Nord, jouant avec les nerfs du président tchadien Idriss Déby. Celui-ci s’est récemment rendu à Tripoli, où il aurait obtenu de Muammar Kadhafi qu’il empêche le congrès du MDJT (Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad). Muammar Kadhafi s’est ainsi une fois de plus posé en médiateur indispensable...

De l’autre côté du Tchad, en Centrafrique, il envoie en 2002 deux cents soldats libyens protéger le président Ange-Félix Patassé, d’un éventuel coup d’Etat. Officiellement, les Libyens sont aujourd’hui rentrés, mais leur départ a coïncidé l’entrée en Centrafrique des troupes d’un protégé de Kadhafi, le MLC de Jean-Pierre Bemba, le rebelle congolais qui tient l’Equateur, une partie du Congo ex-Zaïre, dépecé par ses voisins depuis la mort de Mobutu.

Plus à l’Ouest, Muammar Kadhafi n’est pas absent du conflit ivoirien. Les armes et les véhicules reçus par les rebelles n’ont pas pu être achetés par le modeste Burkina-Faso, le pays frontalier. Mais le président burkinabé Blaise Compaoré a toujours entretenu de bonnes relations avec la Libye. Des armes ont souvent transité par Ouagadougou à destination de divers mouvements, comme celui du président libérien Charles Taylor, à l’époque où il n’était qu’un chef de guerre brutal. Les rebelles sierra-léonais du RUF, adeptes du découpage de membres à la machette, ont eux aussi profité longtemps de l’arrangement.

Ces manigances kadhafiennes en Afrique n’ont pas toujours déplu à Paris. « On a parfois l’impression que Kadhafi va où les Français ne vont plus », dit un connaisseur du dossier. Parfois même, le financement libyen a été vu d’un bon oeil en France. Les journalistes se souviennent de cet ambassadeur français qui facilitait les contacts avec le rebelle Taylor, ami de la France dans un pays anglophone, aujourd’hui président et reçu à l’Elysée.

La France tient d’ailleurs à garder ses bonnes relations avec la Libye. En 1999, la page a été rapidement tournée après la condamnation de six Libyens reconnus coupables de l’explosion en vol du DC- 10 d’UTA en 1989. L’un des condamnés n’était autre que le beau-frère du colonel, à l’époque chef de services secrets. Et au Tchad, les menées récentes de Muammar Kadhafi n’ont pas mis en danger la présence de 1 000 soldats français. Le colonel libyen semble très bien connaître l’emplacement de la ligne jaune invisible au-delà de laquelle il gênerait les intérêts français.


Articles proposés par la rédaction de UFCTOGO.COM
copyright © 2002-2003 Le Canard Enchaîné & Le Figaro

 

© Copyright La rédaction UFCTOGO.COM

Articles suivants

Articles précédents

Dépêches

UFC Live !

  • Vous devez installer le module flash correspondant à votre navigateur pour voir ce contenu.

WEB Radios - TV

WEB Radios
Tous unis pour un Togo libre et démocratique
samedi
29 avril 2017
Lomé 28°C (à 03h)