CPI

Charles Taylor "disparaît" au Nigeria alors que son extradition se profilait

par AFP , le 28 mars 2006, publié sur ufctogo.com

 

L’ex-président libérien Charles Taylor, accusé de crimes contre l’humanité, a "disparu" dans la nuit de lundi à mardi de son exil au Nigeria, trois jours après l’annonce de la décision d’Abuja de le livrer aux autorités de Monrovia.

La Maison Blanche a réagi mardi soir en soulignant qu’il était de la "responsabilité" du gouvernement nigérian de faire en sorte que Charles Taylor soit livré à la justice internationale, et a réclamé des "réponses" du Nigeria sur la disparition de l’ancien chef de guerre libérien.

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L’ancien président libérien Charles Taylor,
à Monrovia le 10 juillet 2003
© AFP/Archives Georges Gobet

Cette affaire intervient alors que le président nigérian Olusegun Obasanjo est attendu mercredi à Washington, où il doit notamment s’entretenir avec le président américain George W. Bush.

La présidence nigériane a annoncé mardi dans un communiqué que avait "disparu" dans la nuit de sa villa de Calabar (sud-est).

Taylor est considéré comme un des principaux responsables des guerres civiles qui ont ravagé plus de dix ans durant son pays et la Sierra Leone voisine, faisant au total plus de 400.000 morts.

Le président nigérian Olusegun Obasanjo a ordonné une enquête sur les circonstances de cette disparition, notamment pour déterminer "s’il s’est échappé ou s’il a été enlevé".

Tous les agents de sécurité chargés de surveiller Taylor ont été arrêtés, a annoncé le porte-parole de la présidence, Remi Oyo.

Lors d’une visite à Charles Taylor dans sa villa, la semaine dernière, des journalistes n’avaient pas vu de mesures de sécurité particulières sur la route conduisant à la maison et avaient facilement été autorisés à y entrer.

La disparition de Taylor survient alors que le Nigeria avait annoncé samedi qu’il acceptait de le livrer, après avoir résisté pendant plus de deux ans aux pressions internationales. Aucune date pour cette extradition n’avait néanmoins été avancée.

La présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf avait remis une demande en ce sens début mars au président Obasanjo, après avoir longtemps hésité. Certains observateurs redoutaient en effet que des partisans de l’ancien chef de guerre ne cherchent à déstabiliser un pays qui sort à peine d’une délicate transition. 15.000 Casques bleus y sont toujours stationnés.

Mme Sirleaf avait d’ailleurs exprimé lundi le souhait que Taylor soit expulsé directement vers la Sierra Leone, où il est recherché pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre par le Tribunal spécial de l’Onu.

Charles Taylor, 58 ans, est accusé d’avoir soutenu la rébellion pendant la guerre civile dans ce pays, qui fit quelque 120.000 morts entre 1991-2001.

Pour le procureur du Tribunal spécial pour la Sierra Leone, Desmond da Silva, cette disparition est "un affront à la justice" et une "menace pour la sécurité" en Afrique de l’ouest. D’autant que M. da Silva avait appelé dimanche le Nigeria à prendre "toutes les mesures nécessaires afin de s’assurer que Taylor ne puisse pas s’enfuir", à quoi Abuja avait rétorqué qu’il "n’était pas prisonnier".

Taylor apparemment ne veut pas se retrouver devant ce tribunal. Son conseiller spirituel, l’évangéliste Kilari Anand Paul, a déclaré que l’ex-chef de guerre aurait "donné son accord pour affronter la justice à La Haye (Pays-Bas)" siège de la Cour pénale internationale (CPI).

Il "a également donné son accord pour se rendre au Liberia, mais il refuse catégoriquement de se rendre à la justice en Sierra Leone", a ajouté le conseiller qui a fait cette déclaration à Addis Abeba.

L’affaire risque fort d’embarrasser M. Obasanjo à la veille d’une visite à Washington où il doit rencontrer mercredi le président George W. Bush, les Etats-Unis ayant réitéré, cette semaine, leur volonté de voir l’ancien chef de guerre déféré en justice.

Un porte-parole du Département d’Etat, Adam Ereli, a d’ailleurs déclaré que les Etats-Unis étaient "profondément préoccupés" par cette apparente disparition.

La nouvelle de la disparition de Charles Taylor serait "très inquiétante" et "décevante" si elle était confirmée, a déclaré le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan.

"La disparition de Taylor est une honte," s’est indigné l’ONG Human Rights Watch (HRW), tandis qu’Amnesty International relevait que "tout pays dans lequel (Taylor) sera trouvé a la responsabilité de l’arrêter".

Le départ de Taylor au Nigeria avait été décidé en août 2003 par un accord de paix international signé à Accra et mettant un terme à 14 années de guerres civiles au Liberia.

 

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