Droits de l’homme

Camp de refugiés en Afrique : Aide humanitaire ou chantage sexuellement transmissible ?

par Le Pays (Burkina) , le 16 mai 2006, publié sur ufctogo.com

L’ONG britannique, Save the children (Sauver les enfants), vient de publier un rapport accablant sur le comportement de ceux qui sont chargés d’apporter une assistance humanitaire aux populations déplacées ou réfugiées, désespérément démunies, du fait des différents conflits et autres atrocités qui frappent l’Afrique.

 

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Le scandale a été découvert grâce à un travail de fourmi fait par cette ONG dans des camps installés au Liberia pour soulager des populations, notamment des femmes et des enfants en détresse. En fait, une population fragilisée par la guerre civile qui a ravagé ce pays.

Malheureusement, ces nobles intentions se sont vite transformées en cauchemar pour cette composante de la population. Fonctionnaires de l’ONU et Casques bleus se sont vite convertis en touristes sexuels qui usent et abusent de leur force de frappe financière (1 000 dollars par mois) pour appâter leurs cibles préférées, les populations vulnérables, veuves d’horizon et en quête du minimum vital.

Si l’on en croit cette ONG, tout se résumerait en ce terrible marchandage et ce troc sexuellement indigestes que que proposeraient ces "humanistes" à leurs clientes obligées, car réduites à vendre leur corps moyennant quelques bols de riz. "Ton sexe contre la nourriture". Un marchangade plus cynique que celui de "pétrole contre nourriture" proposé aux Irakiens.

Ce n’est pas la première fois que des humanitaires et des Casques bleus sont pris en flagrant délit d’entorse et de négation à leur mission de pompiers dans des régions où ils sont censés sécuriser les populations. En 2003 déjà, en RDC, des cas similaires avaient fait la une des médias et le tour de toutes les chancelleries. Le secrétaire général de l’ONU s’en était ému et avait ordonné des enquêtes pour sanctionner les coupables. Mais apparemment, il s’agit d’un coup d’épée dans cet océan d’inhumanisme dans la mesure où jusqu’à présent, une opacité totale entoure les résultats de ces enquêtes. On peut y voir là, une prime à l’encouragement puisque ces dérives sont récurrentes.

Plus grave, on assiste à un ensevelissement de l’humanitaire sous les gravats des crimes de toutes sortes. Ainsi, au nom de l’humanitaire, la communauté internationale finance des projets et paye des hommes pour déshumaniser des populations dont le tort est d’être victimes de la sécheresse de coeur de leurs semblables. Certes, certains pays originaires des Casques bleus avaient pris des mesures énergiques en sanctionnant des éléments de leurs contingents.

C’est le cas du Nigeria qui avait infligé une sanction collective à des policiers servant la mission de l’ONU en RDC. Mais d’une manière générale, l’on se contente de renvoyer les fautifs dans leur pays d’origine. Quand on sait que sous nos tropiques, l’impunité dont peut jouir un individu est à la hauteur de l’épaisseur de son portefeuille, il est évident qu’un Casque bleu, grassement prayé, a tous les arguments convaincants pour échapper aux griffes des juridictions nationales.

Du reste, le choix de ces Casques bleus par leur hiérarchie ne se fait pas toujours dans la transparence. Pourquoi ne pas alors envisager de faire juger ces hommes qui foulent aux pieds les règles élémentaires de la morale et de l’éthique de leur mission par des juridictions internationales, sous l’égide de l’ONU ? Cela éviterait de discréditer l’ONU.

En attendant, que vont devenir les victimes de cette bestialité ? Il s’agit de ces enfants conçus dans la clandestinité (monnayant un oeuf ou un dollar selon le constat des différents rapports), après des rapports non consentants, nés dans la douleur, abâtardis et qui vont se retrouver dans un univers hostile dû aux pesanteurs socioculturelles. Il s’agit enfin de ces malheureuses mineures dont le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elles peuvent se retrouver avec des maladies sexuellement transmissibles.

Loin de refuser à ces délinquants et déviants sexuels leur droit de se défouler, ils auraient dû se contenter des possibilités qu’offre le plus vieux métier du monde plutôt que d’être la honte de toute l’humanité. Il est temps de mettre un frein à cette pratique éhontée et permanente consistant à exploiter la misère de ceux qui étaient en droit d’attendre des humanitaires des messagers de la reconquête de leur dignité perdue plutôt que des assassins de leur droit à être des êtres au sens plein du terme.

Le Pays

 

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