Transport aérien

Cameroun : crash de la Camair évité à Douala

par Le Quotidien Mutations (Cameroun) , le 25 mars 2004, publié sur ufctogo.com

Panique
La Camair a failli payer crash !
Un boeing 757 contraint à un atterrissage forcé, 115 passagers sains et saufs.

 

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Une ambiance inhabituelle dans le grand hall de l’aéroport international de Douala. Des hommes et des femmes vont dans tous les sens, au pas de course en général. A la sortie de la zone d’enregistrement, une dame éclate en sanglots et tombe dans les bras de quelques parents accourus en catastrophe. Sa compagne, Marie Delong, reste calme, mais visiblement bouleversée. Les deux dames sortent du salon d’honneur de l’aéroport où sont installés la plupart des passagers du Boeing 757-200 TJ-CAH de la Camair dont le voyage vient de faire long feu. Toujours dans son calme, Mme Belong va raconter ce qui s’est passé : " L’avion était en plein vol lorsque j’ai suivi un grand bruit. Il y a eu quelques secousses. En regardant à l’extérieur, on a remarqué qu’il y avait des flammes qui s’échappaient de l’appareil. Certains passagers ont paniqué. J’ai aussitôt sorti ma bible que voici (Ndlr : elle la sort de son sac) et j’ai commencé à prier. Le pilote a fait un tour et a annoncé en anglais qu’il fallait attacher les ceintures. Il a dit qu’on allait faire un atterrissage forcé. Et c’est quelque temps plus tard que l’avion s’est posé sur le sol ". La panique a duré 8 minutes, 15 ou 30, en fonction des sources. Mais l’heure n’était visiblement pas au chronométrage.

L’appareil ici concerné est un avion de la Cameroon airlines (Camair). Il devrait en principe se rendre en Afrique de l’Ouest avec quatre escales prévues : Cotonou, Abidjan, Bamako et Dakar. Il transportait 125 passagers au total. Tous sont sortis indemnes de la panique. Certains n’étaient pas toujours revenus de leurs émotions à l’exemple de la compagne de Marie Delong. Les autres n’ont pas tardé à reprendre la température normale. Dès la sortie de l’avion, le téléphone a sonné ici et là pour alerter quelques connaissances. Mais la plupart des curieux, qui ont pris d’assaut l’aéroport, ont été informés par le bouche à oreille. Le spectacle du Boeing dans les airs, laissant de temps en temps échapper des flammes, était suffisamment impressionnant pour laisser deviner toute sorte de chose. A peine dix minutes après l’atterrissage de l’appareil, un gigantesque embouteillage s’était installé dans la route à grande circulation qui mène à l’aéroport. Qu’est-ce qui est à l’origine de l’incident ? Selon Pierre Caquerret, le Directeur technique de la Camair, " le réacteur droit de l’avion a avalé un objet dont la nature n’était pas encore déterminée ". Un incident " relativement courant " dans tous les aéroports du monde a dit M. Caquerret. La présence de ce corps étranger a occasionné ce que le technicien appelle " la perte de poussée d’un réacteur en phase de décollage ".

Une " phase assez critique ", reconnait-il. Conséquence : " l’avion a décollé avec un réacteur en pleine poussée et un autre en poussée réduite ". Selon M. Caqueret, le Boeing 757-200 de la Camair est un bi-réacteur certifié pour décoller avec un seul réacteur. C’est pourquoi, explique-t-il, qu’une fois la phase de décollage terminée, l’avion a fait un demi-tour : " l’atterrissage a été normal, dans les bonnes conditions, avec une bonne maîtrise, sans dégâts, en milieu de piste ". Et il insiste : " il n’y a pas eu de feu dans le moteur. Pas d’arrêt complet ! " Les " flammes intermittentes " observées avant l’atterrissage témoignait, apprend-on, de " la combustion du corps avalé ". A l’arrivée du reporter de Mutations à l’aéroport, peu après 16h15’, l’avion ronflait toujours. Il y avait un grand déploiement de gendarmes tout autour de l’appareil. Comme celui des travailleurs de l’aéroport, qui arboraient tous un gilet de couleur vert-fluo. Deux camions-citernes de couleur jaune manœuvraient doucement dans les parages. A quelque 20 m de l’appareil, les traces de flammes n’étaient pas visibles.

Le gouverneur de la province du Littoral, le Délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala e-t de nombreuses autorités du maintien de l’ordre n’ont pas tardé à se rendre à l’aéroport pour s’enquérir, de visu, de la situation. Elles n’ont pas tardé à repartir. Vers 18h, l’avion a été remorqué par un hister. Direction : la direction technique de la Camair. Son moteur sera déposé et expertisé, a dit le directeur technique. Mais d’ores et déjà, M. Caquerret redoutait soit des " dégâts limités ", soit des " dégâts très importants ", en fonction de la zone d’impact de l’objet avalé par le réacteur. Vers 19h, lorsque nous quittions l’aéroport, un haut cadre de la Camair laissait entendre que les 115 passagers du vol malheureux allaient prendre les airs à 20h pour leurs destinations respectives. La plupart attendaient tranquillement à l’aéroport.

Christophe Bobiokono

 

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