Football

CAN 2004 : Trois grands absents : Côte d’Ivoire, Ghana, Zambie

par RFI (France) , le 7 juillet 2003, publié sur ufctogo.com

La liste des seize est désormais complète : Tunisie (organosateur), Cameroun (tenant),Afrique du Sud, Algérie, Bénin, Burkina Faso, Egypte, Guinée, Kenya, Mali, Maroc, Nigéria, République Démocratique du Songo, Rwanda,Sénégal et Zimbabwe.Trois indédits : Bénin, Rwanda et Zimbabwe.

 

Nous étions prévenus, des têtes allaient tomber. A la veille de la dernière journée, seules trois équipes (mais dans des groupes de trois) étaient rassurées sur leur bon compte, l’Algérie, le Nigéria et le Sénégal. Ainsi donc, en dépit des prétendues certitudes affichées avant le coup d’envoi des éliminatoires, il aura fallu souvent attendre les ultimes minutes des rencontres pour connaître l’heureux lauréat de dix des treize groupes. Et le couperet est tombé sur la Côte d’Ivoire, le Ghana et la Zambie qui seront les grands absents de Tunisie 2004.
L’absence de la Côte d’Ivoire n’est pas une énorme surprise. On savait que dans un groupe 11 à trois unités, il y aurait nécessairement un gros sur la touche, l’Afrique du Sud ou la Côte d’Ivoire. Il faut dire que les circonstances des premiers matches étaient très particulières et que la Côte d’Ivoire s’est brusquement retrouvé dans le chaos. Si les éliminatoires étaient à rejouer, il n’est pas dit que les Bafana Bafana sortiraient vainqueur de leur duel avec les Eléphants, car les Ivoiriens semblaient sur le point de trouver une attaque plus percutante que jamais, même si elle a été tenue en échec lors de l’ultime confrontation avec l’Afrique du Sud. Tout s’est joué, en fait, lors du premier match lorsque les protégés de Robert Nouzaret ont concédé le nul, à Abidjan, aux Sud-Africains. Il faudra donc, pour la première fois depuis 1984 et même depuis 1980 (la Côte d’Ivoire s’était volontairement retirée de toutes les compétitions africaines pour deux ns après la CAN au Nigéria), faire sans les Eléphants. Une fin de sréie qui n’a rien de dramatique. La Côte d’Ivoire restera néanmoins un candidat sérieux au Mondial 2006.

Le cas du Ghana est autrement plus inquiétant. Vingt et un ans après son dernier titre, onze ans après sa dernière finale, ce pays est inexorablement rentré dans le rang. Unanimement loué pour la qualité technique de son football, il n’a cessé de perdre son âme en pratiquant un jeu, à l’européenne, qui n’était pas le sien. Les artistes se sont progressivement dissipés dans la nature, incapables de produire autre chose qu’un jeu stéréotypé, plus basé sur le réalisme que sur l’improvisation et la technicité. Le football ghanéen a été dépouillé prématurément de ses meilleurs jeunes éléments, devenus vulires mercenaires du ballon rond. Mais que sont devenus les jeunes des équipes cadettes et juniors qui, elles non plus d’ailleurs, ne terrorisent plus personne. Qu’est donc allé faire dans cette galère Abedi Pelé, homme de pouvoir apparemment sans pouvoirs au sein d’une fédération défaillante. Pour s’être un temps abandonné aux marchands de joueurs (il y a une dizaine d’années), le football ghanéen a été dénaturé au point de perdre toute son âme.

Depuis sa troisième place en 1996, nul n’ignorait que la Zambie était sur le déclin. Parce que le rassembleur qu’était Kalusha Bwalya était parti à la retraite, parce que quelques joueurs n’avaient pas été remplacés, parce, plus que tout, le football de ce grand pays de football manquait cruellement de fonds, tenu parfois de ne pas engager ses équipes en Coupes des clubs, faute de moyens. De là à imaginer les Zambiens s’incliner dans leur poule face aux Ecureuils béninois, il y a un pas que personne ne pouvait consciemment franchir à l’heure du coup d’envoi des éliminatoires. Le Bénin a gagné ses trois matches à domicile, condition nécessaire mais pas suffisante pour se qualifier ; il a marqué sur son terrain un maximum de buts (10 contre 0) et inscrit quatre points à l’extérieur, ne s’inclinant qu’une seule fois. Un parcours étonnant pour une formation sans aucune vedette. L’aventure béninoise n’est pas sans rappeller celle du Burkina Faso et du Mali voilà quelques années, équipes qui ont su se frayer une petite place vers les sommets et s’y maintenir. Le Rwanda, non plus, n’avait guère fait parler de lui jusqu’à présent sinon dans le championnat de l’Afrique de l’est et du centre, dont les équipes n’ont guère brillé sur la scène continentale. Elle sera une des attractions de la CAN à venir. Avec le Zimbabwe, meilleur deuxième, dont on attendait depuis longtemps l’avènement en Coupe d’Afrique. Sa présence est, en quelque sorte, une délivrance pour un football parmi les meilleurs de sa région.

Pour le reste, qualification à l’arraché de la Guinée dans un groupe à sa portée qui n’a pas été de tout repos ; le Burkina Faso pas toujours très à l’aise a surtout bénéficié de l’effondrement du Congo ; le Kenya a joué à cache-cache avec le Togo qui a fini par s’incliner faute d’une gestion sereine de la sélection ; la RD.Congo a obtenu son billet sans convaincre. L’horizon 2004 a délivré la première partie de son énigme en désignant ses quatorze élus dont trois inédits - Bénin, Rwanda, Zimbabwe - mais les éliminatoires l’ont confirmé : les retardataires ont progressé, la plupart des leaders ont soit stagné, soit régressé. La CAN tunisienne semble tendre fermement ses bras à la Tunisie, au Cameroun, au Sénégal ou au Nigéria, le quatuor qui, sans ordre préférentiel, semble se détacher.

Gérard Dreyfus - RFI

 

© Copyright RFI (France) - Visiter le site

Articles suivants

Articles précédents

Dépêches

UFC Live !

  • Vous devez installer le module flash correspondant à votre navigateur pour voir ce contenu.

WEB Radios - TV

WEB Radios
Tous unis pour un Togo libre et démocratique
lundi
23 octobre 2017
Lomé 27°C (à 04h)