Communiqué

Commémoration du 27 avril : déclaration du Bureau National

par UFC , le 27 avril 2009, publié sur ufctogo.com

 

GIF - 733 octets

C O M M E M O R A T I O N D U 2 7 A V R I L

DECLARATION DU BUREAU NATIONAL

Sur l’actualité politique

Depuis les élections législatives du 14 Octobre 2007, la situation politique dans notre pays le Togo, évolue de manière inquiétante. En effet, malgré un processus de sortie de crise qui engage au dialogue, à la concertation et au consensus, le régime RPT fait preuve d’un manque total de volonté politique et tente d’imposer des réformes politiques à sa guise, dans une confusion orchestrée et entretenue par le gouvernement. Cette situation conduit naturellement à l’impasse actuelle.

« Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation » (‘‘CPDC’’)

C’est en considération de la mission et de la composition du ‘’CPDC’’ que, malgré cette dénomination abusive, l’UFC accepte d’y siéger. En effet, la mission assignée à ce cadre est de discuter des réformes politiques et sa composition s’en tient aux forces politiques ayant obtenu aux dernières législatives, au moins 5% des suffrages au plan national. L’élargissement de ce ‘‘CPDC’’ en vue d’y inclure tous les autres signataires de l’APG, est inacceptable. Ce n’est qu’une manœuvre visant à torpiller l’adoption et la mise en œuvre consensuelles des réformes politiques et à compromettre les efforts d’un règlement juste et durable de la crise togolaise.

Depuis 4 semaines, le ‘‘CPDC’’ ne se réunit plus. Le règlement des points de désaccord est toujours en attente au niveau du chef de l’Etat togolais. Conformément au règlement intérieur du ‘‘CPDC’’, il lui revient de rechercher un consensus avec les autres leaders des partis politiques membres du ‘‘CPDC’’.

Pendant ce temps, le gouvernement foule au pied l’esprit de consensus, contourne les discussions et fait voter, en violation de la constitution, une modification de l’article 21 du code électoral par le seul Groupe Parlementaire RPT. Cette modification a pour but de ressusciter la CENI 2007, dont la composition ne correspond plus à aucune réalité politique et dont le mandat a expiré depuis longtemps.

Grâce à la clairvoyance et à la vigilance des députés UFC qui ont aussitôt saisi la Cour Constitutionnelle, ce nième coup de force du gouvernement et du régime RPT a été déjoué. En effet, la décision rendue par la Cour Constitutionnelle empêche le rétablissement de la CENI 2007.

Face aux coups de force répétés du RPT, l’UFC exhorte le Comité de Suivi à ne pas se laisser abuser. Le concours personnel du Facilitateur est nécessaire pour aider la classe politique togolaise à sortir de l’impasse actuelle. Il importe en effet, que l’UFC et le CAR poursuivent avec le RPT et le gouvernement, en toute transparence et sur une base consensuelle, les discussions actuellement en cours sur les réformes politiques et qui doivent permettre, notamment, d’éliminer les mesures discriminatoires, antidémocratiques et d’exclusion, introduites unilatéralement par le RPT dans le cadre électoral.

« Tentative de coup d’Etat »

Au moment où les discussions sur l’adoption et la mise en œuvre des réformes politiques prévues par l’APG piétinent et se heurtent au manque de volonté politique et aux manœuvres dilatoires du gouvernement et du régime RPT, notre pays vient d’être le théâtre d’une attaque aux fusils d’assaut et aux armes de guerre, lancée par des éléments de la Force d’Intervention Rapide (FIR) des Forces Armées Togolaises (FAT), contre le domicile du député Kpatcha Gnassingbé qui, d’après un communiqué du Procureur de la République, serait impliqué dans une « tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat ».

Cette affaire lamentable et piteuse, aux relents de guerre fratricide entre le Chef de l’Etat togolais et son frère député à l’Assemblée nationale, a occasionné des morts, des blessés et de nombreuses arrestations de personnes civiles et militaires. Elle trouble la quiétude déjà précaire des populations togolaises qui vivent l’insécurité au quotidien. La démonstration de violence à laquelle vient de se livrer la FIR crée dans le pays une tension exacerbée, préjudiciable à une préparation sereine de la présidentielle de 2010.

L’UFC dénonce l’opération menée par la FIR en violation des dispositions légales et réglementaires. Il est extrêmement grave que dans cette affaire, la Gendarmerie nationale, qui n’était pas sur les lieux de l’opération dans la nuit du 12 au 13 Avril 2009, ait été instrumentalisée par le Procureur de la République pour justifier et couvrir l’intervention illégale de la FIR.

L’UFC dénonce les détentions illégales d’armes de guerre par les milices du RPT et leurs chefs ainsi que par les enfants du défunt Général Président.

Par ailleurs, l’UFC dénonce et condamne les mesures liberticides de la HAAC et les tentatives du gouvernement d’empêcher les manifestations des populations à l’occasion du 27 Avril.

L’actualité politique c’est aussi la nomination et le redéploiement des juges sur le territoire national en soutien aux fraudes électorales en préparation pour 2010, ainsi que les tentatives d’imposer en dehors du ‘‘CPDC’’, un statut de l’opposition, un financement inéquitable des partis politiques et une loi organique sur la HAAC.

Pendant ce temps, les populations togolaises, abandonnées à leur triste sort, attendent en vain d’hypothétiques initiatives gouvernementales pour réduire la pauvreté, la misère et la précarité.

En considération de cette situation particulièrement préoccupante, l’UFC appelle le Chef de l’Etat et son parti, le RPT, à un sursaut patriotique, pour revenir aux véritables réalités sociopolitiques. A cet effet, il urge de régler, dans le cadre des discussions en cours :

- les conditions d’éligibilité, et le mode de scrutin de l’élection présidentielle

- la recomposition de la CENI et de ses démembrements,

- les autres points de désaccord transmis au Chef de l’Etat par le ‘‘CPDC’’,

- la recomposition de la HAAC.

C’est le lieu d’appeler également la communauté internationale à plus de vigilance pour qu’elle ne se laisse pas abuser par le discours lénifiant du pouvoir RPT. En effet, toute complaisance dans l’appréciation de l’action gouvernementale en matière de respect des principes démocratiques, de bonne gouvernance et des droits humains, est perçue comme un encouragement au refus du régime RPT de mener à bien sur des bases consensuelles, les réformes politiques qu’appelle le règlement juste et durable de la crise qui mine notre pays.

Fait à Lomé, le 27 Avril 2009

Pour le Bureau National,

Le Secrétaire Général

Jean-Pierre Fabre

 

© Copyright UFC

Articles suivants

Articles précédents

Dépêches

UFC Live !

  • Vous devez installer le module flash correspondant à votre navigateur pour voir ce contenu.

WEB Radios - TV

WEB Radios
Tous unis pour un Togo libre et démocratique
vendredi
28 avril 2017
Lomé 28°C (à 00h)