Coup d’état

Bruxelles réclame le « retour sans délai à l’ordre constitutionnel »

par AFP , le 20 février 2005, publié sur ufctogo.com

 

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La Commission européenne a réclamé dimanche le « retour sans délai à l’ordre constitutionnel » au Togo, estimant que le maintien au pouvoir du président investi du pays, Faure Gnassingbé, était "en violation de l’ordre constitutionnel et légal".

Le commissaire au Développement et à l’Aide humanitaire, Louis Michel, a demandé dans un communiqué "la mise en place d’un véritable dialogue national, voire d’un gouvernement national de transition qui permette la tenue d’élections présidentielles et législatives libres et transparentes".

"De toute évidence, la décision de M. Faure Gnassingbé (de se maintenir au pouvoir) place le Togo en situation de rupture par rapport à la communauté internationale", a déclaré Louis Michel, en réclament le "plein respect des libertés publiques".

"En agissant de la sorte, Faure Gnassingbé et ceux qui le soutiennent portent la responsabilité de l’isolement de leur pays. Je les exhorte de retourner sans délai à l’ordre constitutionnel", a-t-il ajouté.

Faure Gnassingbé, un des fils du président défunt Gnassingbé Eyadéma, a été désigné par l’armée et investi le 7 février, après avoir obtenu l’aval de l’Assemblée grâce à une modification express de la Constitution.

La Constitution togolaise prévoyait, en cas de décès du chef de l’Etat, un intérim du président de l’Assemblée nationale et l’organisation d’une élection présidentielle dans les 60 jours.

Vendredi soir, Faure Gnassingbé a annoncé son intention d’organiser un tel scrutin dans le délai prévu, mais a précisé qu’il entendait rester à la tête de l’Etat pendant l’intérim.

L’Union européenne est en train de préparer une déclaration au sujet du Togo qui devrait être publiée dans les prochains jours. "Je suis sûr qu’elle sera d’une totale fermeté", a ajouté Louis Michel.

Sans changement, "le chemin vers les sanctions paraît inévitable", a indiqué dimanche à l’AFP une source communautaire s’exprimant sous le couvert de l’anonymat.

L’UE, principal contributeur du Togo, avec la France, avait interrompu son aide en 1993 après les violences ayant émaillé le processus de démocratisation. Bruxelles avait décidé en novembre dernier de normaliser partiellement ses relations avec Lomé, en raison d’engagements pris par le pouvoir togolais.

Les Etats-Unis, qui avaient suspendu leur assistance directe au Togo en 1994, ont appelé samedi Faure Gnassingbé à "démissionner immédiatement".

La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO, 15 pays), qui avait dénoncé un "coup d’Etat", a décidé samedi la suspension du Togo de l’organisation, le rappel des ambassadeurs à Lomé et une interdiction de voyager pour les dirigeants togolais.

L’opposition togolaise a réuni plus de 25.000 personnes dans les rues de Lomé, samedi, et a annoncé de nouvelles manifestations contre le "coup d’Etat" et pour obtenir le départ de Faure Gnassingbé.

 

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