Manifestation

Bruxelles le 14 avril 2004

par UFC Fédération Internationale , le 15 avril 2004, publié sur ufctogo.com

 

Les consultations ont débuté à 10 heures précises et se sont achévées à 14 heures 30. Elles se sont déroulées dans l’immeuble du Conseil européen. Les travaux se sont déroulés sous la présidence irlandaise.

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Du coté togolais, la délégation était conduite par Koffi Sama. En faisait partie : Natchaba Ouattara, Kokou Tozun, Edem Kodjo, Zarifou Ayeva. Ces derniers se sont présentés comme membres de l’opposition, mais on refusé de se prononcer sur tous les manquements à l’Etat de droit au Togo et les violations des droits de l’homme. Cependant, la présence de ces deux hommes n’est juridiquement possible que parce qu’ils ont été intégrés comme membres de la délégation gouvernementale. Harry Olympio était présent mais n’a pas participé aux travaux.

Il attendait dans les couloirs. Il a déclaré être venu pour avoir des entretiens séparés avec les institutions européennes.

L’avion présidentiel avait conduit un escouade de personnes censées venir témoigner en faveur de la dictature. (présence remarquée de Lucien Messan qui agressait et menaça un manifestant devant l’immeuble du Conseil Européen)

L’Union européenne a exigé du gouvernement togolais un premier rapport pour le mois de juin. Un deuxième rapport devra être soumis en juillet. Un calendrier précis de mise en œuvre des engagements sera établi. On précise du coté de l’Union européenne qu’il est encore trop tôt pour évoquer une éventuelle reprise de l’aide.

Pendant que se déroulaient ces consultations, la Diaspora togolaise en Europe, l’UFC-Fédération internationale et le Comité togolais de Résistance manifestaient devant l’immeuble du Conseil de l’Union européenne dès 9 heures pour exiger :
- Des élections libres, transparentes et démocratiques
- La fin de l’impunité et le respect des droits humains
- La libération immédiate et sans condition de tous les détenus politiques

Plus de trois cents togolais venus d’Allemagne, de Belgique et de France se sont retrouvés devant l’immeuble du conseil pour chanter et crier que 40 ans de dictature sanglante ça suffit, liberté pour le Togo, démocratie d’abord, élections libres transparentes et démocratiques. On notait un important déloiement de la police belge pour prévenir toute provocation...de la part de nervis du RPT.

Après une minute de silence à la mémoire de tous ceux qui sont morts pour que vive le Togo libre et démocratique, les manifestans ont chanté avec beaucoup d émotion l’Hymne national, « Terre de nos aïeux ». Isidore Latzoo prit ensuite la parole pour remercier les patriotes venus manifester et leur rendit compte de la lettre déposée aux institutions européennes, Présidence du conseil, Commision européenne et Parlement européen. :

DIASPORA TOGOLAISE EN EUROPE

UNION DES FORCES DE CHANGEMENT (UFC)

COMITE TOGOLAIS DE RESISTANCE(CTR)


LETTRE À L’UNION EUROPÉENNE
Paris, le 13 avril 2004
Excellence, Monsieur le Président,

Nous, démocrates de la Diaspora Togolaise en Europe (DTE), de l’Union des Forces de Changement (UFC) et du Comité Togolais de Résistance (CTR), nous réjouissons de la reprise des consultations entre l’Union européenne et le Gouvernement togolais et souhaitons vivement que cette initiative contribue à trouver une solution définitive à la grave crise politique que traverse le Togo.

Nous tenons à féliciter l’Union Européenne et sa Commission pour tous les efforts consentis pour aider le peuple togolais. Nul ne peut se permettre d’oublier que l’Union Européenne s’est investie depuis fort longtemps dans la résolution de la crise togolaise. Sous d’autres cieux et sous un autre type de régime ces efforts auraient déjà abouti.

Quelle est donc la particularité de la situation politique togolaise, qui empêche toute évolution favorable ?

Toute institution qui s’investit dans la politique togolaise fait face à une dure réalité : le Togo vit depuis 40 ans sous une dictature militaire hostile à tout changement. Démocratie, droits de l’homme, développement économique, bonne gouvernance, tout cela est ignoré par le régime qui n’est soumis à aucun contrôle.

Les efforts faits par l’Union Européenne durant les années 90 jusqu’à nos jours n’ont donné aucun résultat tangible, malgré toute l’énergie investie.

Sans remonter trop loin dans le temps, mentionnons toutes les missions envoyées durant l’année 1998 au Togo. Elles visaient à aider le pays à organiser des élections démocratiques, transparentes et crédibles, par la surveillance du processus électoral avant, pendant et après les élections. A quoi avons-nous assisté, une fois le peuple mobilisé et le vote fait ?

Le Dictateur togolais, lors du dépouillement qui ne lui était pas favorable, foula au pied tout le travail accompli, proclama un résultat fantaisiste et se déclara élu. Il ne restait plus alors à l’Union Européenne qu’à constater que le processus électoral était « sorti de son cadre légal »

L’aide de l’Union Européenne visait à aider le Togo à sortir de la crise. Le régime d’Eyadéma par son retentissant hold-up électoral, ne fit que l’aggraver.

L’Union Européenne ne se découragea pas pour autant. Avec la Francophonie, l’Allemagne et la France, elle forma une commission de facilitateurs qui, de tractations en négociations, conduisit à l’Accord-Cadre de Lomé (A.C.L.) Cet accord devait permettre d’organiser les élections suivantes sur une base consensuelle. A l’approche des dates des élections législatives et présidentielles, Eyadéma et son parti foulèrent au pied les clauses de cet accord. Avec le contrôle des médias, des listes électorales fantaisistes, une modification in extremis de la Constitution, et une surveillance unilatérale des bureaux de vote, le Dictateur se proclama, une fois encore, élu, bien que tous les assesseurs des bureaux de vote dignes de foi jurèrent le contraire.

Voilà, Excellence Monsieur le Président, quelles sont les mœurs et coutumes de ce régime, que vous n’ignorez pas. Violences, répressions, mensonges, parjures, double langage. Tel est l’arsenal infernal dont use et abuse la dictature militaire togolaise.

Le peuple n’a aucune confiance en elle.

Alors cette crise togolaise, ancienne et profonde, peut-elle se satisfaire d’une solution cosmétique, de toilettage de façade, de vernis ?

L’expérience vécue et les déboires subis nous incitent à une méfiance et une prudence extrêmes. Il est question aujourd’hui de décentralisation, d’élections locales, cantonales, sénatoriales...etc.

Nous pensons que dans le cas togolais, tout cela n’est que ruse et pur divertissement destinés à tromper la communauté internationale, et ne peut conduire à la solution politique du problème togolais, dans un Togo ruiné à tous points de vue par la dictature militaire. Aurait-il été imaginable de voir l’Espagne de Franco, la Grèce des Colonels ou le Portugal de Salazar et Caetano se présenter à Bruxelles pour demander de l’aide ? La démocratie, le respect des droits fondamentaux de la personne humaine, la liberté d’expression des peuples sont les bases universelles solides sur lesquelles l’Union Européenne est bâtie. Nous nous réjouissons du contenu de l’article 9 des Accords UE- ACP, et souhaitons qu’il soit appliqué avec fermeté au cas togolais.

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Article 9 : « ...Le respect des droits de l’homme, des principes démocratiques et de l’Etat de droit, sur lequel se fonde le partenariat ACP-UE, inspire les politiques internes et internationales des parties et constitue les éléments essentiels du présent accord... Le partenariat soutient activement la promotion des droits de l’homme, les processus de démocratisation, la consolidation de l’Etat de droit et la bonne gestion des affaires publiques... »

Le régime putschiste et criminel qui ravage le Togo est aux antipodes de ces principes universels.

Face au régime militaire qui a réduit les Togolais à l’esclavage, que peut-on faire pour aider réellement le Togo à sortir de la crise ?

Nous soutenons que l’aide indispensable aux populations ne peut leur parvenir et les aider à aller de l’avant que si elle tombe dans les caisses d’un régime démocratiquement élu, un régime qui traduise les aspirations profondes du peuple. Voilà une opinion que nous partageons sans réserve avec la Commission européenne qui, dans une communication du mois de mai 2001 au Conseil et au Parlement, déclarait que le développement de l’Union européenne « repose fermement sur le principe d’un développement humain et social participatif. La promotion des droits de l’homme, de la démocratie, de l’Etat de droit et de la bonne gestion des affaires publiques en fait partie intégrante. La réduction de la pauvreté, qui est l’objectif numéro un de la politique communautaire de développement, ne sera durablement acquise qu’avec l’avènement de véritables démocraties participatives et de gouvernements responsables. Les gouvernements corrompus et autocratiques sont susceptibles de détourner l’aide au développement,soit pour maintenir la répression, soit à des fins d’enrichissement personnel, au détriment de leurs populations... »

Or la dictature militaire de Lomé est un régime prédateur et corrompu qui n’a aucun souci de l’intérêt général.

C’est dire que dans les circonstances actuelles, toute solution doit commencer par la recherche d’une véritable solution politique.

L’Union Européenne et la communauté internationale, dans leur désir d’aider réellement le Togo, ne peuvent pas demander moins que l’organisation d’élections législatives et présidentielles, libres et démocratiques sous contrôle de l’UE et de l’ONU avant, pendant et après les opérations de vote.

Toute autre façon de procéder ne pourrait qu’aggraver la crise, en encourageant le régime inhumain de Lomé à user du dilatoire et à s’enfermer dans ses errements antidémocratiques, au détriment du malheureux peuple togolais.

La dictature militaire d’EYADEMA est l’unique cause du drame togolais.

Donner la parole au Peuple demeure la seule voie de salut.

Nous remercions l’Union européenne pour tous les efforts qu’elle fait pour aider le Peuple togolais et tenons à vous exprimer, Excellence, Monsieur le Président, nos gratitudes démocratiques.

Pour l’UFC, Georges BEKE
Pour le CTR, Isidore LATZOO

 

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