Droits de l’homme

Bénin-Togo : Des milliers de réfugiés togolais vivent encore en exil

par IRIN (Agence d'information de l'ONU) , le 15 décembre 2005, publié sur ufctogo.com

De nombreux de réfugiés togolais qui s’étaient installés au Bénin en avril dernier sont finalement rentrés chez eux, mais plus de 19 000 vivent encore en exil, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

 

COME, le 14 décembre (IRIN) - De nombreux de réfugiés togolais qui s’étaient installés au Bénin en avril dernier sont finalement rentrés chez eux, mais plus de 19 000 vivent encore en exil, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Faisant le point sur la situation des réfugiés au Bénin, le HCR a indiqué que 10 960 personnes vivent actuellement dans ses camps de réfugiés de Comé et d’Agame, et 8 130 autres sont à Cotonou, la capitale, ou dans les autres centres urbains du pays.

Selon les estimations de l’agence, 24 500 ont fui le Togo pour se réfugier au Bénin à la suite des violentes manifestations déclenchées par les élections présidentielles très contestées du 24 avril, et 15 000 autres sont partis au Ghana.

A plusieurs reprises, le gouvernement de Faure Gnassingbé, le nouveau président élu, a exhorté les réfugiés à rentrer au pays au nom de la réconciliation nationale.

Par vagues successives, des togolais avaient traversé les frontières de ce petit pays d’Afrique de l’ouest à la fin du mois d’avril, lorsque les manifestations de rues avaient dégénéré en guérilla urbaine dans la capitale, Lomé, à la proclamation de la victoire de M. Gnassingbé aux élections présidentielles qui, selon l’opposition, avaient été entachées de nombreuses irrégularités.

Consternés par l’usurpation du pouvoir par Faure Gnassingbé à la suite du décès de son père dans l’exercice de ses fonctions en février dernier, après avoir dirigé le pays pendant 38 ans, des milliers de militants de l’opposition ont fui le Togo par peur des persécutions des forces de sécurités appelées pour rétablir l’ordre.

Selon les conclusions de la commission d’enquête gouvernementale rendues publiques le mois dernier, 154 personnes ont été tuées et 600 autres blessées durant les troubles. Mais selon le Haut commissariat des Nations unies pour les droits de l’homme, 400 à 500 personnes auraient trouvé la mort pendant ces émeutes.

Beaucoup de réfugiés ont peur de rentrer, craignant d’être persécutés à leur retour.

A en croire le chargé de programme du HCR, M. Van Casteele, il n’y a pas eu de nouvelles arrivées au camp de Comé depuis deux mois. La plupart des 239 mineurs non accompagnés enregistrés au départ avaient retrouvé leurs familles, et seuls 54 enfants vivaient encore sans leur parent à Comé, a-t-il ajouté.

Avec l’aide des autorités béninoises, l’agence travaille actuellement à la mise à jour des données relatives aux réfugiés togolais dans son nouveau système Projet profil - une méthode d’enregistrement utilisée dans 40 pays -, qui offre à chaque réfugié une attestation d’enregistrement et une carte d’identité, comprenant une photographie et des empreintes digitales.

Imorou Kossi, pésident de la coordination des réfugiés à Comé a confié à un groupe de journalistes qui visitaient le camp, que les résidents continuaient d’avoir peur pour leur sécurité se plaignaient de l’insuffisance des rations alimentaires et des soins de santé.

L’agence a acheté une ambulance neuve qu’elle a mise à la disposition du camp et a remboursé des frais de soins médicaux aux autorités locales qui supportent une partie des problèmes liés à la prise en charge des déplacés, a indiqué M. Van Casteele. Une équipe de Médecins sans frontières devrait également arriver au mois de janvier.

Au plan alimentaire, le HCR affirme que les réfugiés reçoivent les 2 100 calories requises quotidiennement, mais que certains ont l’habitude de manger des quantités plus importantes de nourriture.

Entre-temps, le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies a sollicité des bailleurs de fonds une contribution financière pour assurer l’alimentation des réfugiés jusqu’en mars 2006.

« Chaque réfugié dans le camps a reçu une ration alimentaire complète d’un mois », a déclaré à IRIN Marcus Prior, le chargé de communication du PAM pour l’Afrique.

« Le fait que certains ne semblent pas satisfaits souligne bien la précarité de la situation d’un réfugié, même lorsqu’on reçoit de l’aide », a-t-il ajouté.

Malgré l’importante contribution financière de la Norvège, il manque encore près d’un million de dollars pour réunir les 3 millions nécessaires qui permettront de couvrir les besoins alimentaires des réfugiés jusqu’au mois de mars prochain.

Le PAM fournit une aide alimentaire non seulement aux réfugiés installés les camps du Bénin, mais aussi aux milliers d’autres qui ont fui au Ghana ou qui ont été déplacés à l’intérieur du Togo.

 

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