Diplomatie

Au revoir M. l’Ambassadeur ! Le peuple togolais vous dit Merci.

par La rédaction UFCTOGO.COM , le 17 septembre 2003, publié sur ufctogo.com

De Gaulle ne voulait que des fonctionnaires aux ordres. Davantage au poste d’Ambassadeur de France. Dans un régime comme celui de la 5è République où la politique étrangère est semble t-il le domaine réservé du Chef de l’Etat, l’Ambassadeur de France est « la voix de son maître » ; c’est un fonctionnaire, sans plus.

 

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Aucune autorité réelle, aucun esprit d’initiative. Du reste, dans certains pays africains, le poste d’Ambassadeur de France est exposé. Disons le carrément, il ne tient pas son rang dans certains pays (Gabon, Togo), obligé de s’aplatir devant des responsables politiques sans moralité. Il est cocasse de noter qu’un homme de l’envergure et de la culture de Jean-François Valette devienne l’obligé d’un régime anachronique servi par des hommes sans foi ni loi.
L’ambassadeur Valette n’était pas un ami des démocrates togolais. C’était, sans fard, le représentant de la France dirigée par Jacques Chirac, ami cher du sanguinaire dictateur (Gnassingbé Eyadéma).

Valette a joué contre la démocratie, il a misé sur les perdants ( voir les références à son plan d’action pour le Togo, évoqué par Comi Toulabor ’’ le dinosaure et le syndrome ivoirien, in Le Monde diplomatique, Mars 2003 et le Discours prononcé par l’ambassadeur Valette le 14 juillet 2003).
Averti par cette expérience togolaise de l’ambassadeur Valette, un quotidien camerounais s’interroge à juste titre sur sa future expérience camerounaise. Les analyses et les faits qui les justifient sont fort instructifs. Lisez plutôt :

Le Quotidien Mutations (Cameroun) - 17 septembre 2003

Le nouvel ambassadeur de France vient du Togo : Jean-François Valette arrive au Cameroun. Il entretenait d’excellents rapports avec Eyadema.

Au cours de son séjour au Togo, Jean François Valette n’a pas toujours fait l’unanimité. Pour en avoir quelque illustration l’on peut se référer à la lecture de certains journaux locaux et même internationaux. En février 2003, Olivier Hamezon, journaliste togolais indépendant, relevait par exemple dans Togo Presse que : "...Lorsque les organisations de la société civile togolaise ont pris l’initiative d’attirer l’attention à la fois de la classe politique nationale et des représentations diplomatiques occidentales sur les dangers que constitue le processus de l’élection présidentielle de cette année, la démarche a été saluée et encouragée par tous sauf par la France. Sur des consignes de Paris, Jean-François Valette, l’ambassadeur de France au Togo, a tenté de décourager la Délégation de l’Union Européenne au Togo d’apporter son soutien à la société civile. Le diplomate français soutenait la thèse d’un " processus express ", alors que la société civile dans ses analyses en début d’année, au regard du cadre législatif de l’élection, estimait qu’une consultation organisée dans ces conditions porterait " les germes du démantèlement de la société togolaise déjà atterrée par la crise économique ? ".

Ingérence

Dans sa livraison du mercredi 30 octobre 2002, sous le titre " De la brouille dans l’air au Togo et ailleurs", l’hebdomadaire satirique français Le Canard enchaîné revenait sur la censure dont sont victimes la presse togolaise et les moyens de communication en affirmant que : " ...Le général Eyadema dispose à Paris d’un excellent porte-parole, l’ambassadeur de France à Lomé, Jean-François Valette. Et il a bénéficié de son appui, lorsque son ancien Premier ministre et nouvel opposant, Agbéyomé Kodjo, s’est exprimé sur les ondes françaises...".
Le journal Le Togolais quant à lui relevait le 10 avril dernier que le diplomate ne s’entendait plus du tout avec le président Gnassingbé Eyadema et que ce dernier avait même demandé son départ à Paris. Une rumeur indirectement démentie par le concerné puisque, avant d’être remplacé à Lomé par Alain Holleville, le 11 septembre dernier, Jean-François Valette est allé faire ses adieux au chef de l’Etat. A la sortie de l’audience, il a déclaré à la presse avoir eu des relations étroites, directes et franches avec le général Eyadema. Curieuse amitié ! Lorsque l’on sait que ce dernier est réputé pour ses violations répétées des droits de l’Homme et son hostilité pour tout ce qui a trait à la démocratie.

D’autre part, en dépit des avis controversés sur le rôle qu’il a eu à jouer à Lomé, l’arrivée de Jean François Valette au Cameroun vient redonner du crédit à certaines informations qui faisaient état de ce que les autorités en place à l’Elysée souhaitaient placer des hommes portant l’estampille de la " Droite "afin de réduire progressivement le fossé créé par la " Gauche " de Jospin dans la nomination du personnel affecté dans les chancelleries.

Selon des informations recueillies sur le site officiel de l’ambassade de France au Cameroun, en tant qu’ambassadeur, Jean-François Valette doit représenter son pays auprès de l’État camerounais. Il est donc chargé de " protéger, au Cameroun, les intérêts de ses compatriotes et de négocier avec le gouvernement local. Il informe aussi son gouvernement de l’évolution de la situation au Cameroun. Enfin, il a pour tâche de promouvoir des relations amicales et de développer les relations économiques, culturelles et scientifiques entre la France et le Cameroun ". En tant que représentant du président de la République française, l’ambassadeur est d’abord responsable, sous l’autorité du Ministère des Affaires Étrangères, " de l’unité et de la cohérence de la représentation de la France. Il lui incombe donc de coordonner et d’animer l’action des services civils et des missions militaires qui composent la mission diplomatique dont il est le chef. Comme les préfets, l’ambassadeur représente le gouvernement et chacun des ministres : « il joue donc le rôle d’intermédiaire entre les services de sa mission et les départements dont ils relèvent".

Memorandum

Pour plusieurs raisons, le rappel du rôle que doit jouer l’ambassadeur de France au Cameroun n’est pas superflu. Dans un premier temps on se souvient qu’après s’être acquitté de cette tâche pendant près de huit ans, Yvon Omnes, ambassadeur de France au Cameroun au cours des années 80 et 90, est devenu le conseiller spécial de monsieur Paul Biya une semaine après être parti officiellement en retraite. Depuis lors, il est employé aux fonctions les plus souterraines, comme celles consistant à essayer de rallier les opposants au régime, à l’instar de Ni John Fru Ndi ou des initiateurs du mémorandum sur les problèmes du Grand Nord. Une intrusion dans les affaires politiques locales qui trahit pour le moins une absence de clairvoyance de la part des décideurs et n’est pas pour rassurer l’opinion sur la prétendue neutralité de la France dans les affaires internes d’un État que l’on estime être " souverain ".

Deuxièmement, Jean-François Valette arrive à Yaoundé à un moment politique crucial. Notamment marqué par l’imminence de l’élection présidentielle. De ce fait, son immixtion dans le jeu politique camerounais, à l’instar de celle qu’on lui a prêtée dans le cas du Togo, ne ferait qu’accroître les tensions et les susceptibilités. Sur un dernier plan, son action sera certainement aussi jugée sur l’amélioration des conditions calamiteuses d’obtention de visa auxquelles sont jusqu’à présent confrontées les populations locales dans les consulats de France au Cameroun.

Thierry Ngogang - Mutations (Cameroun)

La rédaction UFCTOGO.COM

 

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