Dépigmentation

Au Togo, les femmes s’éclaircissent la peau pour plaire aux hommes

par AFP , le 7 août 2004, publié sur ufctogo.com

Pour mieux séduire les hommes, les femmes, au Togo, n’hésitent pas à se blanchir la peau, mais cette nouvelle mode comporte des risques quelle que soit la méthode utilisée.

 

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"C’est la peau claire qui attire aujourd’hui les hommes. Ils préfèrent les femmes qui brillent sous le soleil. Nous autres, avons très peu de chance", se lamente Vivita, assise devant son salon de coiffure à Lomé.

"En tout cas, nous n’avons plus d’autres choix que d’éclaicir notre peau, si nous voulons vraiment vivre sous le toit d’un homme", renchérit Elyse, responsable d’un cyber café, proche du salon de Vivita.

Selon des associations de promotion de la femme, au moins deux femmes sur cinq utiliseraient des produits cosmétiques pour rendre leur peau plus claire.

"Assiganmè", le plus grand marché de Lomé où les femmes sont très actives, est le milieu le plus touché par cette pratique.

"C’est une pratique qui a pris de l’ampleur depuis quelques années dans notre pays, notamment dans nos marchés. Toutes les femmes veulent avoir la peau claire pour séduire", confirme Francine, responsable d’une association de mutuelle et d’aide aux femmes des zones rurales.

"Mais ce qui nous fait peur, ce sont les différentes méthodes utilisées par ces femmes pour atteindre leur but", observe-t-elle.

Les produits utilisés varient en fonction de l’éducation, du milieu social, mais surtout des moyens financiers disponibles.

"Plusieurs produits sont utilisés pour rendre la peau claire. Moi, j’utilise des produits importés que je vends d’ailleurs", se vante Anita au milieu d’un petit groupe de femmes dans sa parfumerie.

"Pour bien réussir, il faut débourser entre 150.000 à 200.000 F.CFA (289 à 305 euros) par mois pendant les premiers mois", affirme, sûre d’elle, la "assiganmè yovo" (la blanche du marché), surnom donné à ces femmes en langue guin. Cette somme correspond à un bon salaire au Togo.

Des femmes, qui ne disposent pas de gros moyens financiers, utilisent des savons ou des produits de qualité douteuse venus, en général, du Ghana voisin, ou encore des compositions faites à base de plusieurs savons, précise Anita qui, en technicienne, note que "cela ne donne pas une peau uniforme".

Des lycéennes et des étudiantes s’adonnent aussi à cette pratique.

"Nous avons recensé plusieurs cas dans notre établissement. Des filles qui changent de peau en l’espace de quelques mois dans le seul but de séduire leurs professeurs. Mais, elles oublient les risques qu’elles encourent", confie Paul, surveillant dans un collège privé de la capitale togolaise.

Selon Bernard Amuzu, dermatologue, la dépigmentation a des "conséquences à terme, quelle que soit la méthode utilisée".

"D’une manière générale, la femme qui utilise des produits dépigmentant a une peau fragile et perméable à tous les microbes", explique le docteur Amuzu.

"Certains produits utilisés vont directement dans l’organisme tout comme des médicaments que nous avalons. Ces femmes peuvent avoir une pathologie rénale et même neurologique", observe ce dermatologue.

Elles peuvent aussi présenter des lésions sur tout le corps, et chez certaines ce "sont des poils qui apparaissent sur tout le visage", avertit encore le dermatologue.

AFP

 

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