Eclairage

Amnesty International annonce la publication d’un rapport sur le Togo

par UFCTOGO.COM , le 14 décembre 2006, publié sur ufctogo.com

« Le fait de ne pas enquêter sur les violations passées des droits de l’homme et de ne pas traduire en justice leurs auteurs augmente la probabilité de nouvelles violations, à la fois parce que les tortionnaires et les tueurs restent en liberté et peuvent de nouveau avoir la garde de prisonniers et le pouvoir de les tuer, mais aussi parce que les mesures nécessaires pour empêcher des violations ne sont pas identifiées et mises en œuvre... »

 

Lire aussi : liste des personnes tuées et identifiées au cours de la période février-avril 2005

A la demande du gouvernement togolais, Amnesty International qui devait annoncer, dimanche 26 novembre 2006, à Lomé la publication d’un rapport sur le Togo, a accepté, conformément à ses usages, de reporter au 18 décembre la publication de ce rapport.

En effet, à l’occasion d’un séminaire, « documentation et recherche en matière des droits de l’homme » à l’intention des acteurs agissant dans le domaine des droits de l’homme, Amnesty International devait rendre public, un rapport sur la situation des droits de l’homme au Togo, intitulé : « Je veux savoir pourquoi on a tué mon fils ! ».

Cette mission suit les préparatifs d’installation du Bureau du Haut Commissaire aux droits de l’homme à Lomé, qui aura essentiellement pour tâche entre autres de :

- Assister le Gouvernement dans la mise en oeuvre des recommandations formulées dans les différents rapports nationaux et internationaux, notamment les rapports du Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et le rapport de la Commission nationale spéciale d’enquête indépendante sur les allégations de violations des droits de l’homme survenues au Togo, ainsi que des vingt-deux engagements souscrits par le Gouvernement avec l’Union européenne.

- Suivre attentivement la situation des droits de l’homme à travers tout le pays ; Conseiller et assister la Commission nationale des droits de l’homme.

- Faire rapport au Haut Commissaire...

En effet, le rapport Diène-Arbour, sur les violences et les violations des droits de l’homme avant, pendant et après l’élection présidentielle du 24 avril 2005 évoque « la nécessité d’une réconciliation nationale fondée sur les principes de vérité et de justice et de réconciliation. »

Ce rapport dans ses recommandations y met particulièrement l’accent :

« Le triptyque Verite-Justice-Reconciliation devrait constituer le fondement central de tout programme durable de règlement en profondeur de la crise Togolaise. »

On ne peut faire l’économie de la vérité sur les violences auxquelles furent soumis les Togolais depuis janvier 1963 à mai 2005 : elle a aussi une vertu thérapeutique.
En outre, « la vérité est l’acte fondateur initial de la réconciliation d’un peuple profondément traumatisé et divisé par une longue dictature ainsi que par l’ampleur et la gravité de la violence politique de l’Etat. Le principe de vérité doit se traduire par la mise en lumière complète et objective des actes de violations des droits de l’homme, de la nature et des circonstances de ces actes, des listes des victimes, des disparitions, de l’évaluation des biens et des propriétés détruits et de la détermination des responsabilités. La mise en lumière de la vérité doit constituer un exercice démocratique de nature à favoriser le processus de règlement politique, par la participation à son émergence de tous les acteurs politiques et de la société civile du Togo. Le principe de justice doit constituer une mesure emblématique d’éradication de l’impunité, source profonde de la perpétuation de la violation des droits de l’homme et terreau de la culture de violence. La punition des principaux responsables des violations massives des droits de l’homme constituerait une mesure cathartique indispensable pour ancrer la foi démocratique dans l’esprit du peuple Togolais...De même la mise en place d’un système permettant aux familles affectées de retrouver les disparus aiderait aussi la société togolaise à se réconcilier avec elle-même ».
Les termes de ce rapport sont bien pesés et la classe politique togolaise n’a pas suffisamment mesuré sa portée.
Particulièrement, ceux qui sont aux affaires font peu cas de cette question qui, fait partie de l’accord politique global, mais dont les termes dénotent d’une réticence du pouvoir-RPT d’aller à résipiscence. Elles augurent mal de leur volonté de réconciliation.

Ce qui est en jeu à travers une résolution des problèmes politiques (la nature du pouvoir et du régime politique, institutions compris), la réforme de l’armée, la question de l’impunité, c’est l’établissement d’un consensus national qui fait vivre ensemble, sans haine et dépouillé de tout sentiment de vengeance.
Mais, il importe que ceux qui ont commis des choses abominables en aient d’abord conscience, le reconnaissent, et l’assument face à la nation togolaise.

Sans qu’on y ait prêté attention et accordé l’importance relative, cette exigence est au cœur du dialogue politique entre l’union européenne et le Togo. Elle figure en effet dans la « décision du CONSEIL modifiant la décision 2004/793/CE portant conclusion de la procédure de consultation avec la République togolaise au titre de l’article 96 de l’accord de Cotonou, datée du 8 novembre 2006. ». Cette décision énumère les conditions à remplir en vue du rétablissement d’une confiance totale entre l’Union Européenne et le Togo :
« nous souhaitons la poursuite d’un dialogue approfondi sur les sujets suivants : le traitement de la question de la lutte contre l’impunité, inclus la création d’une Commission d’enquête et d’une Commission pour favoriser la réconciliation nationale, tel que prévu par les paragraphes 2.2 et 2.4 de l’Accord Politique Global, et les garanties pour le respect des droits de l’homme telles qu’elles ressortent de l’engagement 2-1 ;
Consciente de la dynamique positive qui s’est engagée au Togo, et mesurant le chemin qui reste à parcourir, l’Union Européenne a décidé de prolonger la période de suivi de la décision du 15 novembre 2004 pour la porter à 36 mois, de façon à permettre aux autorités togolaises de tenir l’intégralité des engagements pris. »

La lutte contre l’impunité au Togo : une exigence inlassable d’Amnesty International

Ces exigences, Amnesty les rappelle inlassablement au gouvernement togolais et à la communauté internationale. En effet, dès avril 1992, Amnesty constate qu’aucune enquête ni action n’a été engagée contre les nombreuses violations des droits de l’homme. En juillet 1991, la CNDH a publié un rapport dont la conclusion précisait que les 28 morts s’étaient produites dans deux ensembles de circonstances distincts.

1. Des soldats ont délibérément empêché de sortir de la lagune une partie des manifestants qui avaient sauté dans l’eau. Criblés de coups de bâton et bombardés de gaz lacrymogènes, ou ne sachant pas nager, certains sont retombés dans la lagune et s’y sont noyés. Les autres, ayant pu nager suffisamment loin pour échapper à l’attention des soldats, ont survécu.

2. Certains manifestants ont été effectivement arrêtés et placés dans des lieux de détention à Lomé. Mais là, ils ont été torturés à mort ou délibérément tués, et leurs corps ont été ensuite jetés dans la lagune. En conclusion, la CNDH déclarait que les auteurs de cette tuerie étaient des membres de l’armée togolaise, et qu’elle avait écrit au président Eyadéma pour lui demander de retrouver et de faire connaître l’identité des individus responsables de ces morts. La CNDH ajoutait dans ce rapport que si aucune information n’était donnée, elle tiendrait le président Eyadéma, en sa qualité de chef de l’armée, pour responsable des actes de ces soldats. La CNDH a signalé par la suite qu’elle n’avait pas reçu de réponse du président Eyadéma. D’autres sources ont contesté que ces cadavres aient effectivement été ceux de personnes tuées par l’armée sur la chaussée longeant la lagune de Bé : selon elles, beaucoup plus de victimes auraient été tuées ailleurs avant d’être jetées dans la lagune.

La conférence nationale s’est jointe à la CNDH et à Amnesty International pour demander au président Eyadéma de déférer à la justice les auteurs des meurtres de la lagune. Or, aucune poursuite n’a été intentée, et il est établi que le président n’a absolument rien fait, ni pour identifier les chefs ou les simples soldats responsables de ces meurtres et les traduire en justice, ni pour modifier les procédures et les pratiques en vigueur dans les forces armées afin d’empêcher que de telles tueries se reproduisent. ». Amnesty notait que « cette absence d’action est due au fait que la légalité a été suspendue : pendant de nombreuses années, elle a été détournée et manipulée par les hommes au pouvoir... »

En conclusion, et de façon prémonitoire, Amnesty affirmait « que le fait de ne pas enquêter sur les violations passées des droits de l’homme et de ne pas traduire en justice leurs auteurs augmente la probabilité de nouvelles violations, à la fois parce que les tortionnaires et les tueurs restent en liberté et peuvent de nouveau avoir la garde de prisonniers et le pouvoir de les tuer, mais aussi parce que les mesures nécessaires pour empêcher des violations ne sont pas identifiées et mises en œuvre... Amnesty International estime que le phénomène de l’impunité, c’est-à-dire l’absence de sanctions, est l’une des principales raisons de la persistance de ces violations. »
De manière concrète, Amnesty recommandait déjà au gouvernement togolais : « d’entreprendre de véritables enquêtes sur les violations des droits de l’homme et de veiller à ce que les responsables soient traduits en justice. Pour que toute la vérité se fasse jour, il est essentiel que les violations des droits de l’homme donnent lieu à des enquêtes appropriées. Tant les victimes et leurs familles que la société en général ont intérêt à connaître la vérité sur les crimes passés. De même, traduire les coupables en justice est non seulement important pour le cas concerné, mais montre clairement aussi que les violations des droits de l’homme ne seront pas tolérées et que ceux qui commettent de tels actes devront pleinement en rendre compte. Quand il n’est pas fait d’enquêtes et que les coupables ne sont pas poursuivis, un cycle de violence est engendré et les violations des droits de l’homme continuent en toute impunité.
« L’impunité annule les valeurs de vérité et de justice et entraîne d’autres violations. Si ce cycle parvient à être interrompu, Amnesty International croit que tous les gouvernements, ainsi que leurs successeurs, doivent assumer certaines responsabilités fondamentales :
« Premièrement, des enquêtes complètes devraient être menées sur les allégations de violations des droits de l’homme. Le but de telles enquêtes devrait être d’établir la responsabilité individuelle ou collective et de fournir un compte rendu complet de la vérité à la victime, à sa famille et à la société. Les enquêtes doivent être entreprises par des organismes impartiaux, indépendants des forces de sécurité, et doivent bénéficier de l’autorité et des ressources nécessaires à leur tâche. Les résultats de ces enquêtes devraient être rendus publics.

« Deuxièmement, les responsables des violations des droits de l’homme doivent être traduits en justice, qu’il s’agisse de responsables d’un gouvernement passé ou présent et sans tenir compte du fait qu’ils soient membres des forces de sécurité ou de groupes paramilitaires non officiels. Les auteurs présumés devraient être jugés et un verdict clair de culpabilité ou d’innocence devrait être rendu à l’issue de leur procès. Amnesty International ne prend pas position sur la nature de la sentence, mais le fait de prononcer systématiquement des peines n’ayant aucune mesure avec la gravité des infractions commises fait tort à la justice et n’empêche pas d’autres violations d’être commises. Il est important aussi, naturellement, que de tels procès soient pleinement conformes aux normes internationalement reconnues et que les accusés ne soient pas soumis à la torture ni à la peine de mort.
« Troisièmement, les lois portant amnistie, qui ont pour effet d’empêcher la vérité de se faire jour et aux coupables de rendre compte de leurs actes devant la loi, ne devraient pas être acceptables, qu’elles soient adoptées par les responsables de violations ou par leurs successeurs. Cependant, Amnesty International ne prend pas position en ce qui concerne les grâces accordées après la condamnation une fois que la vérité est connue et que la justice a suivi son cours. » Or, Amnesty constate que « l’absence de réaction, et le fait qu’aucun représentant du ministère public n’a ouvert d’information sur les autres violations des droits de l’homme commises dans le passé, indiquent que les gouvernants ne désirent ou ne peuvent pas faire respecter la légalité ni protéger les droits de l’homme. »

Les années passant, Amnesty constate la persistance et l’aggravation des violations des droits de l’homme au Togo. Les rapports établissent toujours et inlassablement le même bilan. Il en est ainsi du rapport d’octobre 1993, dans lequel l’organisation alerte que : « Depuis 1990, les violations des droits de l’homme commises par les forces de sécurité togolaises - caractérisées par l’arrestation arbitraire, la détention sans inculpation ni jugement, la torture et l’exécution extrajudiciaire d’opposants présumés - sont en recrudescence...Les éléments dont dispose Amnesty International laissent à penser que les forces de sécurité ont commis à plusieurs reprises des violations des droits de l’homme, sinon officiellement, du moins sachant qu’elles n’encourront pas de poursuites tant que le président Eyadéma sera au pouvoir... »
Encore, Amnesty conclut que « ce sentiment d’impunité a été renforcé par le soutien apporté par des puissances étrangères, notamment par les autorités françaises. La politique d’impunité pour les auteurs de violations des droits de l’homme s’est poursuivie en 1993 malgré une recrudescence d’assassinats politiques commis par les forces de sécurité togolaises : 19 manifestants en janvier 1993, au moins 20 personnes, militaires et civils, en mars 1993, et 21 prisonniers tués en août 1993... »
Amnesty demandera alors à Gnassingbé Eyadéma d’ouvrir une enquête sur les violations des droits de l’homme afin de traduire les responsables en justice et mettre fin au cercle de violence et d’impunité qui sévit au Togo. »

Tout au long de son règne, Gnassingbé Eyadéma foulera au pied ses recommandations et le régime togolais gardera son caractère inquiétant et sanglant. Surtout qu’il dispose d’un soutien de poids, en la personne de Jacques Chirac.
Et surviennent les violences meurtrières de février 2005 à avril 2005, pour lesquels, Amnesty international constate que « ces exactions ont été rendues possibles par une impunité totale qui dure depuis plus de trente ans. Tant qu’il n’aura pas été mis un terme à cette impunité et au non respect de l’état de droit, aucune solution politique et pacifique durable ne pourra être trouvée au Togo.

Or, en dépit de recommandations formulées par les Nations unies et des ONG de défense des droits humains, aucune mesure n’a été prise, à ce jour, pour identifier et traduire en justice les auteurs de ces violences. En particulier, les membres des forces de sécurité et des milices qui se sont rendus responsables de ces actes et notamment d’exécutions extrajudiciaires et d’actes de torture n’ont pas été sanctionnés... »

En effet, alors qu’un processus électoral est enclenché, il est impératif que cette question soit placée au cœur du débat avant toute chose.
Dans la préfecture de l’Ogou où des événements extrêmement graves se sont produits, des auteurs connus de crimes circulent. Le rapport de l’ONU les désigne nommément. Il insiste particulièrement sur la responsabilité du major Kouloum Bilizim dans la mort de plus de deux cents personnes. Notre homme circule en toute quiétude au Togo.
Déjà, ces derniers jours, la presse évoque de manœuvres dangereuses de la part des cadres du RPT dans cette préfecture de l’Ogou.

C’est dans ce contexte préélectoral, qu’Amnesty publiera très prochainement son rapport qui est simplement l’écho de l’exigence de vérité et de justice de toutes ses familles qui ont perdu des proches entre février et avril 2005, et au-delà de cette période, c’est la vérité sur tous les crimes commis par le régime Gnassingbé qui doit être faite.

Nous publions la liste des personnes tuées et identifiées au cours de la période février-avril 2005

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LOME-COMMUNE

(a) Morts identifiés

(i) Entre le 12 février et le 28 février 2005

Nom et prénomsDate et Lieu du sinistreCause du décès
1 Allofa Bruno, l9ans élève en 1ère D « Collège Le Savoir » Bê Kpota SC 12/02/05 Bê Kpota Atsantimé Abattu par balles par les militaires
2 Awanou Nandjaré, gardien Bê 12/02/05 Bê Abattu par balles par les militaires, au retour du service
3 Kugblenou Masso, 31 ans artiste de la chanson, Doulassamé 12/02/05
Doulassamé
Tué par balles
4 Dadzie Kossi Jean, 35ans mécanicien Amoutivé 12/02/05, Amoutivé Grièvement blessé par balles, décédé au CHU-Tokoin
5 Dambré Antoine, 25 ans artiste chorégraphe, Adakpamé 12/02/05, Bê
Kopta
Tué par une balle dans la nuque
6 Ezé Efoué, 12ans élève, Bê 27/02/05 Sauvagement battu puis jeté dans la lagune de Bê, mort par noyade
7 Têko, 23 ans menuisier Bê 27/02/05 Sauvagement battu puis jeté dans la lagune de Bê, mort par noyade
8 Gbadoé Nikolas Gnazo, 25 ans, Bê, SC 27/02/05 Sauvagement battu puis jeté dans la lagune de Bê, mort par noyade
9 Un jeune homme non identifié 27/02/05 Sauvagement battu puis jeté dans la lagune de Bê, mort par noyade
10 Têko Amouzou Vodjoné, menuisier 25 ans ; Bê
Adrométi
27/02/05, Bê Pourchassé puis abattu par balle près de la maison du Chef Aklassou de Bê
11 Sédonou Yao, 30ans menuisier, Bê 27/02/05, Bê Abattu par balle au moment où il allait au WC public
12 Koudi Koffi, Bê 27/02/05, Bê Sauvagement battu puis jeté dans la
lagune de Bê, mort par noyade
13 Sossou Wonekou 12/02/05 Tué par balles

(ii) Entre le 26 avril et le 10 mai 2005

Nom et prénomsLieuxCause du décès
14 Edoh Matrévi Lomé Tué par balles
15 Houssoukpevi Yacinthe 12 ans Lomé Tué par balles
16 Damessi Anani 25 ans Lomé Tué par balles
17 Atabou Kossi ( 30 ans) Lomé Tué par balles
18 Sogoyou Thaa ( 22 ans) Lomé Tué par balles
19 Dotche Kossi ( 25 ans) Lomé Tué par balles
20 Souley Abdou ( 37 ans) Lomé Tué par balles
21 Prince Agbodjan S. Rodrigue ( 27 ans) Lomé Tué par balles
22 Santor Biham Lomé Tué par balles
23 Dantrakou Laré ( 38 ans) Lomé Tué par balles
24 Attitso Noutekpo Lomé Tué par balles
25 Adamou Sombeze Lomé Tué par balles
26 Mondzro Etsou Lomé Tué par balles
27 Afanlété Kokou ( 15 ans) Lomé Tué par balles
28 Laïson Ayi ( 27 ans) Lomé Tué par balles
29 Patona Patrice Lomé Tué par balles
30 Adjigo Agbéko (62 ans) Lomé Tué par balles
31 Zunga Ayaovi Lomé Tué par balles
32 Afanletey Kokou (16 ans) Lomé Tué par balles
33 Gayito Biova, 22 ans, étudiant Lomé Tué par balles
34 Eklou Doussé, 20 ans Lomé Tué par balles
35 Améganvi Komlanvi, 22 ans, élève Lomé Tué par balles
36 Dokou Koudzo, 35 ans, mécanicien auto Lomé Tué par balles
37 Nyamley Folly, 41 ans Docker au port Lomé Tué par balles
38 Lawson Plaka Latévi, 55 ans Lomé Battu à mort
39 Agbati Komlanvi Lomé Tué par balles
40 Aziamati Yao, Lomé Tué par balles
41 Hounga Yawovi Lomé Tué par balles
42 Akhou Edoh, 27 ans Lomé Tué par balles

(b) Morts non identifiés

Selon plusieurs témoignages concordants, des corps de victimes décédées dans LoméCommune ont été emportés par des militaires vers des destinations inconnues.

Ces morts non identifiés seraient, suivant les témoignages, 123.

Préfecture de l’Ogou, localité : Atakpamé

(a) Morts identifiés

Nom et prénomsAgeSexeLésions constatées
1 Ihou Akoua 41 F Trauma crânien + plaie
2 Amedomé Akouto l 1 F Traumatisme thorax de la face, épaule
3 Gnadou Koffi 50 M Trauma crânien + plaie faciale et frontale
4 Karabou 63 M Trauma crânien + traumatisme généralisé
5 Assih Essohana 22 M Traumatisme crânien
6 Patassé Sémmoulam 27 M Plaie traumatique du coude, contusion thorax
7 Yao Bitamulé 28 M Contusion avant-bras gauche + genou gauche
8 Aledi Kili 25 M Trauma crânien + plaie du cuir chevelure, plaie à la lèvre supérieure
9 Moumouni Komi 28 M Traumatisme abdominal, plaie au pouce droit
10 Kouya Kpatcha 31 M Traumatisme des 2 jambes avec plaie à la cheville gauche
11 Un homme non identifié M Trauma crânien + perte de connaissance
12 Amouzou Komi 35 M Traumatisme épaule gauche + plaie contuse
13 Kore Noatchi 14 M Traumatisme ouvert du thorax par arme à feu
14 Caporal Kokodja 38 M Poly traumatisme, plaie du cuir chevelure, avant-bras gauche + cheville gauche
15 Bobo Atsou 18 M Traumatisme ouvert du bras gauche par arme à feu
16 Body Yaovi 27 M Trauma crânien + plaie traumatique frontale et cuir chevelure
17 Gnandou Abdoulaziz 19 M Trauma crânien plaies contuses avant-bras gauche
18 Kpote Abraham 24 Traumatisme avec impotence fonctionnelle jambe gauche
19 Lamboni Kolani 47 M Traumatisme poignet gauche hanche droite
20 Beleti Essozimna 24 M Traumatisme Epaule gauche + bras gauche
21 Dango Komlan M. 18   Plaie avant-bras + coude droit +jambe gauche
22 Bagaga Makpé 21 M Fracture fermée du fémur droit
23 Dena Martin 37 M Traumatisme jambe gauche avec plaie au mollet
24 Pokou Essodina 38 M Trauma du bassin
25 Biakou Yaovi 42 M Trauma crânien +plaie linéaire frontale
26 Abotsi Yao 43 M Trauma du bassin
27 Assoukoulim Kpandja 38 M Trauma crânien + plaie linéaire frontale
28 Agouda K. Kossi 38 M Trauma du bassin
29 Kassegne Kokou 18 M Plaies traumatiques de la jambe gauche, cheville malléole externe au 113 cuisse gauche face externe
30 Salifou Moussibao 36 M Fracture ouverte jambe droite + plaie du cuir chevelu
31 Koumeounou Mawuko 18 M Plaie traumatique thoraco-abdominale par balles
32 Fangbedji Kokou 22 M Traumatisme facial, contusions généralisés
33 Simgbe Oscar 34 M Plaie main gauche par arme blanche
34 Fiokpor Ata 32 M Plaie traumatique au bras gauche par balles
35 Balaoura 28 M Contusion généralisée
36 Togbé Laly 28 M traumatisme cuisse droite
37 Ngani Kossi 42 M Contusion généralisée
38 Kodjoco Tchalim 28 M Contusion cuisse droite
39 Sossou Sénadé 38 M Plaie traumatique avant bras droit trauma cuisse droite
40 Kpati Koffi 44 M Trauma crânien + plaie frontale, trauma poignet gauche
41 Mme Kpati Ahoéfa 38 F Traumatisme épaule droite + plaie contuse à la cuisse droite
42 Gagnon Folly 46 M Trauma crânien + plaie délabrante fronto-pariatale gauche +droit
43 Badjamkoma Essozinam 26 M Contusion joues+hanche gauche, plaie lèvre
44 Moura KOMI 47 M Trama crânien + plaie pariétale gauche
45 Houssin Kodjo 33 M Trauma ouvert plateau tibial droit
46 Ourene Kokou 34 M Plaies à la poitrine et au dos par fusillades
47 Yovo Kodjo 27 M Plaies hemi-poitrine droit et au dos suite fusillades
48 Batchassim Berena 30 M Plaie traumatique à l’épaule
49 Awali Morou 24 M Trauma crânien + plaie du cuir chevelu + hématome + contusion au cou
50 Kwassi Didinê 18 M Fracture fermée avant-bras gauche, trauma de la bouche
51 Ibrahim Boussari 40 M Fracture Trauma avant-bras droit
52 Aklobesse Koffi 67 M Polytraumatisme
53 Atchafli Madou 50 M Plaies traumatiques crâniennes, contusion thoracique
54 Assogba Samuel 32 M Contusion dorso-costale par coups de gourdin
55 Amouzou Yaovi 44 M Trauma crânien + plaie contuse omoplate gauche et dorsale
56 Assogba Akoumayi 25 M Contusions aux poignets et contusions musculaires
57 Sondou Essobazou 62 M Fracture ouverte de la jambe gauche, contusion thoracique
58 Aklobesse Kokouvi 15 M Trauma crânien, facial, buccal + inflammation tempe droite
59 Arouna Yacoubou 18 M Trauma crânien + avant-bras gauche
60 Atchafli Madou 50 M Plaies trauma crâniennes, contusion thoracique
61 Assogba Samuel 30 M Contusion dorso-costale par coups de gourdin
62 Amouzou Yaovi 44 M Trauma crânien + plaie contuse omoplate gauche et dorsale
63 Assogba Akoumayi 25 M Contusion aux poignets et contusion musculaire
64 Bouka Théodore 26 M Trauma crânien + plaie délabrante cuisse droite au 1/3 antero postérieur
65 Mawuli Kossi 28 M Plaies pénétrantes au dos
66 Dossou Sonou, Directeur d’école 24 M Tué et découpe en petit morceau à la machette le tout dans un carton et la tête déposé sur le carton
67 Koutsetan Epiphane 21 M Trauma crânien avec plaie au menton, pavillon, bras gauche
68 Hodin Eké Kokou 41 M Plaie frontale
69 Sodji Kanley 25 M Plaie main + bras droit
70 Idotchaou Agbo 20 M Plaie du coude droit
71 Hodabalo Essotena 25 M Contusion généralisée
72 Pantero Kokou 19 M Trauma genou droit par balles
73 Flessiamenou Akakpo 44 M Trauma bras droit par balles
74 Folly Adjo 16 F Plaie fesse D par balles
75 Koffi Semanou 27 M Trauma crânien + plaie hanche
76 Edoh Sama 42 M Trauma crânien
77 Agahi Kokou 22 M Fracture ouverte de la jambe droite par arme à feu
78 ABI Nbabiniou 25 M Plaie trauma du cou par coupe-coupe
79 Kassêgnê Akouété 29 M Plaie omoplate gauche
80 Montcho Komlanvi M Trauma crânien, contusion musculaire généralisée
81 Missité Telem 30 M Contusions musculaires généralisées
82 Sessie Edoh 40 M Trauma crânien et contusions musculaires généralisées
83 Garba Moumouni 35 M Trauma de genou gauche
84 Balé Lassama 36 M Trauma crânien, contusion du genou
85 Seidou Yao 58 M Contusion thoracique + contusion aux épaules
86 Tchokponhoé Nestor 37 M Plaie frontale et à coté de l’oeil gauche
87 Mayo Kossi 40 M Contusion au thorax, au cou, aux genoux et aux pieds
88 Edohoklou 23 M Trauma crânien avec plaie frontale
89 Gnado Delphin 60 M Trauma crânien + plaie occipitale
90 Agata Ama 40 F Trauma crânien + plaie sircipale, jugale
91 Takou Mondom Oubè 19 M  
92 Kougblénou Sitou   M Tué à bout portant
93 M. Mensah   M Tué et découpé en petits morceaux

NB. Les auteurs identifiés des exactions sont : Baba Boukpéssi, Ouro-Akpo Difézi, Koubalo, Salami Issifou, Kaléa, Memen, Seydou (syndicat), Bernard.

(b) Morts non identifiés

Ici également, des corps de victimes décédées ont été emportés par des militaires vers des destinations vers des destinations inconnues.

Ces morts non identifiés seraient, suivant les témoignages, 197.

(c) Blessés

Les blessés, de peur d’être poursuivis dans les Centre Hospitaliers, n’ont pas pu se présenter. Selon les témoignages, leur nombre serait très élevé et peut être estimé à 500.

Préfecture de l’Ogou, localité : Anié

(a) Morts identifiés

DateNom et prénomsAgeSexeLésions constatéesLieux
1 22/04/05 Kogo Akakpo Kossivi   M Tué par un certain Bernard Anié
2 26/04/05 Un apprenti du Chef Canton   M Tué par balles par un certain Salami Anié

Préfecture des LACS

1- Localité : Aného

(a) Morts identifiés

DateNom et prénomsAgeSexeLésions constatéesLieux
1 26/04/05 Anani Kodjo Franck 25 M Tué par balle en plein visage Aného
2 26/04/05 Lawson-Hellou Laté 3 M Tué par balle dans la tête Aného
3 26/04/05 Attissoh Akolly 28 M Tué par balle dans la poitrine Aného
4 26/04/05 Akladja Kodjo 22 M Tué par balle dans la tête Aného
5 26/04/05 Djoko-Aho Dodji 18 M Tué par balle dans le ventre Aného
G 26/04/05 Adjawa Mokpokpo 19 M Tué par balle dans le ventre Aného
7 26/04/05 Un homme non identifié M Tué par balle Aklakou
8 26/04/05 Agbodan Tété 25 M Tué par balle dans le ventre Agbodan
9 26/04/05 Amélé Jeanne F Tuée par balle dans le ventre Agbodan
10 26/04/05 Un homme non identifié M Tué par balle Agbodan

NB : Il convient de préciser que des balles ont été tirées à partir d’un hélicoptère volant à basse altitude sur la ville. Un hélicoptère, arme de guerre, tirant sur des civils !

2- Localité : Kpémé

(a) Morts identifiés

DateNom et prénomsAgeSexeNature des lésionsLieux
1 26/04/05 Aménovi Kossi - M Criblé de balles dans le ventre Kpéme
2 26/04/05 Koumavo Agossou, élève, classe de 3ème 17 M Torturé et asphyxié par des gazs lacrymogènes, puis achevé par balles Kpénué

(b) Morts non identifiés

Dans la localité d’Afagnan, il y a eu 4 à 5 morts dont nous ne disposons pas à ce jour, les identités précises.

Pour toute la Préfecture des Lacs, les morts non identifiés s’élèvent à 17.

Préfecture le TCHIAOUDJO, localité : Sokodé

Les morts

DateNom et prénomAgeSexeLésions constatéesLieux
26/04/05 Korodowou Wahidu 24 M   Sokodé
26/04/0.5 Fofana Fousseni 22 M   Sokodé

Préfecture d’Amou, localité : Amouta

Les morts

DateNom et prénomsAgeSexeLésions constatéesLieux
1 26/04/05 Obiawo Kodjo M Tué par balles Amouta
2 26/04/05 Ameganvi Claude M Tué par balles Amouta
3 26/04/05 Bakou Donko M Tué par balles Amouta

Préfecture de Kloto, localité : Kpélé - Akata

Les morts

DateNom et prénomsAgeSexeLésions constatéesLieux
1 26/04/05 1 personne non identifiée     Tué par balles Kpélé-Akata
2 22/05/05 Galemondji Flora 54 F Tuée par balles Kpélé-Adéta

Préfecture de Sotouboua, localité : Sotouboua

Les mort ( assassinats accompagnés de vols de matériels et autres dégâts)

DateNom et prénomsAgeSexeLésions constatéesLieux
1 26/04/05 Essozimna Etchare   M    
2 26/04/05 Bassoki Djéri   M    
3 26/04/05 Nonkou Koffi   M    
4 26/04/05 Kabia Ayoto   M    

Préfecture de VO, localités : Vogan et Akoumapé

Les morts

DateNom et prénomsAgeSexeLésions constatéesLieux
1 25/04/05 Agbidi Amévi   M Tué par balle Vogan
2 25/04/05 Yibokou Kokou   M Tué par balle Akoumapé
3 25/04/05 Toudéka Togbé   M Tué par balle Akoumapé
4 25/04/05 Aménouvi Kokou   M Tué par balle Akoumapé

Préfecture de Danyi, localité : Apéyémé

Les morts

DateNom et prénomsAgeSexeLieux
1 26/04/05 Klu Parfaite   F Apéyémé
2 26/04/05 Dzotsi Senyo   M Apéyémé

Préfecture du Moyen Mono

Les morts (Entre le 26 et le 28 avril 2005)

DateNom et prénomsAgeSexeLieux
1 26/04/05 Amewouga Apedoh     Adokomé
2 28/04/05 Amouzou Komi Kpinkpin     Adokomé

Préfecture de Yoto

Les morts

Nom et prénomsAgeSexeLieux
1 Edoh Kokou Lucien   M Zouvi
2 N’Sougan Noël   M Kini Kodji
3 Kpadénou Ayivi   M Tabligbo
4 Tokpo Koffi   M Ahépé
5 Djadé Kodjo   M Ahépé

Préfecture de Haho

Les morts

DateNom et prénomsAgeSexeLieux
1 28/04/05 Greem Komi Modeste Dieudonné
Battu le 26/04/05 à Notsé à coups de gourdins et de machettes. Contusions généralisées. Décédé au CHU de Lomé Tokoin.
59 M Notsé

Liste des personnes disparues (identifiées )

Nom et prénoms
1 Mawusi Komlan
2 Boko Simon
3 Amewuho André
4 Adjé Kossivi
5 Mendé Koffi
6 Ibrahim Abdou Bassirou

Les déplacés

Des centaines de déplacés sont recensés.

Récapitulation Générale

Morts : Total général 564
Blessés : Total général 1020
Dégâts matériels : Total général des victimes 114
Les détenus : Total général 146
Disparus : Total général 06

 

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