Anciens combattants

Allons enfants de la Patrie, le jour de gloire est mal payé

par Libération (France) , le 14 août 2004, publié sur ufctogo.com

Les pensions des ex-soldats des colonies demeurent très inférieures à celles des Français.

 

La commémoration, dimanche à Toulon, du débarquement de Provence devrait fournir aux associations de combattants étrangers l’occasion de revenir sur l’épineuse question des pensions. Alors que, depuis 1959, celles des Français étaient régulièrement revalorisées, les pensions des ex-coloniaux ont été gelées. Il a fallu que des actions judiciaires et l’arrêt du Conseil d’Etat en 2001, ordonnant la « recristallisation » des pensions, pour que le gouvernement se décide à les augmenter. Et encore celui-ci a-t-il traîné des pieds pendant deux ans avant de consentir un petit 20 % de moyenne, bien loin de mettre les 80 000 « soldats indigènes » encore vivants (Seconde Guerre mondiale et Indochine) au même niveau que les Français.

« La vie coûte plus cher en France qu’au Togo », justifie Hamlaoui Mékachéra, secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants, qui se fonde sur « les parités de pouvoir d’achat publiées annuellement par l’ONU » et « les données économiques existantes ». Selon lui, « donner au Togolais une pension arithmétiquement égale à celle d’un Français reviendrait à privilégier le premier sur le second ».

Résultat, aujourd’hui un ancien tirailleur Sénégalais ne touche que 210 euros par an. Un Malien, 146 euros. Un Guinéen, 69 euros. Un Marocain, 60 euros. Un Togolais, 102 euros. Les Français, eux, touchent 425 euros annuels. « Ce n’est pas beaucoup mais, en France, on ne compte pas dessus pour vivre. C’est surtout un gage de reconnaissance », analyse le colonel Rives, membre du Conseil national pour les droits des anciens combattants d’outre-mer de l’armée française.

En revanche, dans les pays dont sont issus les soldats étrangers, « cette somme est très importante. Elle représente souvent la seule rentrée financière d’une famille », explique cet officier à la retraite qui plaide activement, avec plusieurs associations, pour une égalité de traitement. « Au combat, on ne faisait pas de distinction entre les origines des soldats ».

Par Damien ALBESSARD

 

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