Immigration

Air France : polémique après la mort d’un clandestin

par Libération (France) , le 25 octobre 2003, publié sur ufctogo.com

C’était le 9 octobre au soir, le vol Air France 897 quittait Brazzaville (Congo) pour Paris. Les soldats qui surveillent l’aéroport signalent qu’un passager clandestin s’est caché dans le train d’atterrissage. Il est 20 h 22. A 20 h 30, l’avion décolle.

 

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A Roissy le lendemain, signe que tout le monde est au courant du drame, gendarmes, policiers et Smur attendent sur le tarmac. Le corps congelé d’un garçon d’environ 16 ans est extrait de l’avion.

Entre le départ du gamin et sa mort, que s’est-il passé ? Selon Air France, le commandant de bord, prévenu 1 h 20 après le décollage de la « présence éventuelle d’un clandestin », a poursuivi son vol. Mais, selon des sources internes, deux messages seraient parvenus au pilote en provenance du centre de contrôle Air France à Paris. Le premier conseillait au pilote de se dérouter vers Douala, le second, une heure plus tard, lui suggérant de n’en rien faire.

A Douala, il y avait « risque de complications policières » et l’aéroport de Niamey ne répondait pas. Vendredi, tandis qu’au nom de la compagnie un expert assurait que le jeune homme devait déjà être mort de froid et d’asphyxie lorsque le pilote avait été prévenu, d’autres pilotes assuraient : « Avoir accepté de continuer, c’est impossible ! Il fallait se poser ou alors voler plus bas pour réchauffer le corps. Car personne ne peut dire à quel moment ce pauvre gars est mort... »

Vendredi, lors d’un comité d’entreprise, des syndicats ont exigé de la direction des explications. En vain. Une enquête interne est en cours à Air France et les gendarmes enquêtent de leur côté.

L’Anafé a annoncé sa décision de porter plainte et demande que la justice recherche l’identité du jeune homme et détermine si « une décision délibérée a été prise pendant le vol tendant à renoncer à toutes les mesures qui auraient pu permettre de [lui] sauver la vie ». Et, au-delà du dégoût que peut inspirer cette histoire, des syndicats de navigants pointent des carences « extraordinaires » : « Le commandant de bord n’a été prévenu qu’1 h 20 après le départ et on ne lui a pas ordonné de se poser, mais ce passager aurait pu être un kamikaze ou avoir déposé une bombe ! »

Dominique SIMONNOT - Libération

 

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