Communiqué

A propos de l’entretien entre Gnassingbé Eyadéma et Jacques Chirac à l’Elysée

par UFC , le 2 mars 2004, publié sur ufctogo.com

L’entretien entre Gnassingbé Eyadéma et Jacques Chirac, ce jour à l’Elysée doit être l’occasion pour le gouvernement français de rappeler au dictateur togolais les exigences de démocratie, de droit de l’homme et de bonne gouvernance auxquelles aspirent universellement les peuples.

 

Depuis 40 ans, le régime de Gnassingbé Eyadéma utilise deux armes pour se maintenir au pouvoir : la violence et le mensonge
L’opposition démocratique a fait le choix de la lutte pacifique pour mettre fin à la tyrannie. Elle n’a jamais ménagé sa peine pour faire triompher cette option. Inlassablement, elle a signé des Accords, participé à des élections qu’elle a remportées, à chaque fois. Mais le changement tant attendu n’intervient pas.

Depuis longtemps, l’opposition togolaise s’efforce de préserver le Togo de la violence qui détruit plusieurs pays de la sous-région ouest africaine : Liberia, Sierra Leone, Côte d’Ivoire etc... La patience et la sagesse dont l’opposition fait preuve sont interprétées par le régime togolais comme un signe de faiblesse.

Le choix obstiné de la lutte pacifique n’est pas pris en compte à sa juste valeur par la communauté internationale non plus. Le langage diplomatique de celle-ci, ne désigne pas clairement le chef de l’Etat togolais, Gnassingbé Eyadéma, comme un dangereux fauteur de guerre. Tout se passe pour le Togo comme si la communauté internationale attend que l’irrémédiable se produise avant d’intervenir plus sérieusement. Tous les signes avant-coureurs d’une explosion sont palpables, visibles au Togo. L’exaspération des populations est à son comble. Et l’on nous parle de stabilité !

L’argument de la stabilité est pauvre. Il est cynique et manifeste un mépris profond pour les populations qui subissent la dictature prétendue « stable ». Il n’est invoqué par ses tenants que parce que ceux-ci n’ont pas d’autres arguments pour justifier leur soutien à une dictature. Car, il est évident que la « stabilité » d’une dictature est factice et précaire. Et qu’il n’y a de stabilité réelle que celle fondée sur la légitimité démocratique. L’exemple de la Côte d’Ivoire devrait édifier les donneurs de leçon de la stabilité dictatoriale. Quel régime était plus « stable » que celui de la Côte d’Ivoire ? N’a-t-il pas suffit que le Président Houphouët Boigny disparaisse pour que la résurgence des problèmes que son régime autoritaire lui permettait d’éluder, entraîne la Côte d’Ivoire dans l’instabilité, les coups d’Etat et, pour finir, la guerre civile ?

Nous ne voulons pas pour le Togo, d’une « stabilité » qui mène à la guerre civile !

L’UFC exhorte toute la communauté internationale, en particulier le président Chirac, à prendre la juste mesure de la situation au Togo et à s’associer plus énergiquement aux efforts des forces démocratiques togolaises visant à mettre fin à la tyrannie et à la misère des populations togolaises.

Fait à Paris, le 02 mars 2004,

pour le Bureau de l’UFC,

Christian DABLAKA

 

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