Sylvanus Olympio

40ème anniversaire de l’assassinat de Sylvanus Olympio : Gilchrist Olympio face à la presse

par Diastode , le 14 janvier 2003, publié sur ufctogo.com

 

A l’occasion des manifestations marquant le 40ème anniversaire de l’assassinat du Père de la Nation togolaise, le premier Président de la République togolaise, Sylvanus Epiphanio Olympio, arraché à l’affection du peuple togolais par les balles meurtrières d’une soldatesque de la coloniale ayant à sa tête le grand ogre Gnassingbé Eyadèma, le leader charismatique de l’Union des Forces de Changement Gilchrist Olympio, qui était arrivé la veille sur la terre béninoise en vue de procéder au dépôt de gerbes sur la tombe de son père le président défunt, était face à la presse ce 12 janvier 2003.

Devant un parterre de journalistes togolais, béninois et de la presse internationale, l’emblématique incarnation de la lutte contre la dictature d’Eyadèma a exposé ses points de vue sur la crise togolaise. D’entrée de jeu, et répondant à la question concernant son absence sur le terrain, Gilchrist Olympio a rappelé l’Histoire en affirmant que « les grands leaders de ce monde ont lutté et ont fait leur vie en dehors de leur patrie, en commençant par Charles de Gaulle, Lénine, Nelson Mandela, Jomo Kényatta, Sam Nujoma, et bien d’autres sur notre continent. Donc il n’y a rien d’anormal à voir un leader qui ne veut pas aller vivre sous les ombres d’un dictateur pendant 12 mois avant de se porter candidat. Et c’est pour cette raison que nous disons que la lutte continuera. Et nous allons mener cette lutte avec les moyens rationnels qui sont à notre disposition. »

Évoquant le cas du changement de la Constitution et du code électoral modifiés, le Président national de l’UFC s’est réclamé « disciple de Saint-Augustin, » ce qui veut dire, assène-t-il, « que nous n’obéissons pas aux lois scélérates et injustes. Et ce que Eyadèma est en train de faire set injuste ; par conséquent nous allons continuer la lutte. » Il a continué en disant ceci : « nous demanderons que M. Eyadèma abroge tous ces changements et qu’on revienne, comme le demande la communauté internationale, à l’Accord cadre de Lomé, l’organisation d’élections libres et et démocratiques, la remise en place de la Commission électorale, et que personne ne soit exclu des élections à venir. »

Il précisera comme pour terminer, que « c’est une mauvaise question de penser que lorsque M. Eyadèma s’engage dans ses voies et moyens antidémocratiques nous devons en tout temps courber l’échine. Nous sommes des citoyens comme tout le monde ; nous avons le droit de nous battre qu’il y ait en place un régime démocratique et c’est ce que nous sommes en train de faire. »

Répondant à la question de savoir s’il a eu des difficultés avec les autorités béninoises, connaissant bien les intimidations du régimes à l’encontre des dirigeants des pays qui lui accordent l’hospitalité, l’exilé politique et leader du parti des forces de changement a déclaré que « le Bénin est un pays démocratique ouvert, une société ouverte et que dans la mesure où vous ne violez pas leurs lois, les Béninois vous laissent tranquilles. »

Abordant la question de l’apport de la communauté internationale dans notre lutte, M. Olympio a déclaré que même si elle s’intéresse à nous, nous ne constituons pas son "repas quotidien." Il a déclaré avoir pris contact avec des proches de Jacques Chirac qui ont déclaré souhaiter voir au Togo comme dans d’autres pays africains, la démocratie, la transparence, et l’alternance, « mais, encore faudrait-il qu’au niveau de notre pays, nous montrions une certaine volonté affirmée que nous voulons ce changement ». Il martèlera ensuite : « Regardez le cas de Madagascar, le cas du Zaïre, et même en Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens se sont affirmés et on pense être à leurs cotés pour leur trouver une solution. Je crois que lorsque nous aussi nous allons nous affirmer, nous trouverons une solution auprès de la communauté internationale. »

A la question de savoir s’il utiliserait les armes au moment venu, l’incarnation de la ligne dure contre la dictature quadragénaire a déclaré : « Je ne suis pas un guérillero. Je suis un chef de parti politique, » avant d’ajouter que cependant, les forces de l’ordre font partie de la lutte et comme dans d’autres pays, et qu’au moment d’utiliser les armes, les combattants ont préféré mettre des fleurs au bout de ces armes, et on a parlé de la "Révolution des oeillets". Il a alors souhaiter qu’au moment venu, au Togo, on puisse parler de la "Révolution des ibiscus."

Concernant la stratégie de lutte dénommée "guérilla politique" qu’il aurait prônée au lendemain de sa victoire confisquée de 1998, M. Olympio a déclaré n’avoir jamais prononcé ce mot et que c’est après une conférence de presse en Anglais au Ghana au cours de laquelle il a prononcé le mot "harassment" qui veut dire en Français "harcèlement" qu’il a appris qu’il a prononcé les mots "guérilla politique." Pour lui-même, si ses mots se ressemblent, ce n’est pas tout à fait la même chose. Mais cette fois-ci, il croit que c’est la « confrontation et le rapport de forces qui peut faire partir Eyadèma. »

Diastode

 

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