Catastrophe

26 septembre 2002 : Joola, le titanic africain

par AFP , le 25 septembre 2003, publié sur ufctogo.com

Le Sénégal rend vendredi un hommage triste et amer aux 1.863 victimes du naufrage du Joola, qui a sombré le 26 septembre 2002 au large de la Gambie, emportant avec lui l’espérance de milliers de familles et leur foi dans les autorités de leur pays.

 

Ce soir-là, vers 23H, le Joola, qui assurait la liaison entre Ziguinchor, principale ville de Casamance (sud) et Dakar, chavire sous l’effet de la tempête, de la surcharge - quelque 2.000 passagers pour une capacité de 550 places - et d’une accumulation de fautes commises à tous les niveaux.

La nouvelle du naufrage ne parvient que le lendemain matin à Dakar, et les secours, déclenchés très tardivement, s’avèrent totalement inefficaces. Seuls 64 passagers, récupérés par des pêcheurs, gardent la vie sauve.

Sur les 1.863 victimes, sénégalaises pour la plupart mais également venues d’autres pays africains et d’Europe, seuls 500 corps sont retrouvés. Les autres sont encore dans l’épave, qui repose dans l’océan Atlantique, à une quarantaine de km des côtes gambiennes.

Avec un bilan plus lourd que celui du Titanic en 1912 (1.513 morts, 711 rescapés), c’est la catastrophe maritime civile la plus meurtrière qu’ait jamais connue l’Afrique, une des pires jamais enregistrées au monde.

Certaines familles ont invoqué la volonté divine et, sans colère, se sont résignées à pleurer leurs morts. Mais beaucoup d’autres n’acceptent pas que leurs enfants, dont le souvenir les obsède, aient été envoyés à une mort atroce par l’incompétence, la corruption, le laisser-aller général.

Elles n’admettent pas que seules quelques sanctions administratives aient été prises, contre deux ministres - nommés par la suite à d’autres postes de responsabilité - et quelques officiers, limogés parce que l’armée était chargée de l’exploitation du bateau.

"Nous sommes très en colère contre le président (sénégalais Abdoulaye Wade) et son gouvernement", déclarait mercredi Idrissa Diallo, président du Collectif de coordination des familles de victimes.

Au plan pénal, le dossier du Joola a été classé sans suite en août par la justice sénégalaise. Le versement des indemnisations promises par le gouvernement - 10 millions de F.CFA (15.245 euros) par victime - ne devaient commencer que ce jeudi. Quant au renflouement du bateau réclamé par de nombreuses familles, il n’aura sans doute jamais lieu.

Pour le Collectif des familles, "la gestion politicienne du dossier du Joola, faite de promesses non tenues, de double langage et de louvoiements, a été un échec sur tous les plans".

Vendredi, le collectif a convié les Sénégalais à se recueillir au cimetière de Mbao, près de Dakar, où une centaine de victimes ont été inhumées.

D’autres associations, organisations ou particuliers, prévoient des débats, une exposition, des moments de prières, à Dakar, en Gambie et à Ziguinchor, où des processions seront également organisées vers un cimetière et vers le port, où des fleurs seront jetées à la mer.

Selon l’Association nationale des familles des victimes - qui agit séparément du Collectif - le président Wade se rendra à Ziguinchor pour les cérémonies, information confirmée mercredi soir par le ministère de l’intérieur.

Le naufrage sera également commémoré en France par les familles de la vingtaine de victimes françaises du naufrage qui, elles, ont porté l’affaire devant la justice. Une information judiciaire est ouverte au parquet d’Evry (banlieue parisienne) pour "homicides involontaires" et "défaut d’assistance à personnes en péril".

AFP

 

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