Colonialisme

26 février 1885 - 26 février 2004 : il y a 119 ans, la Conférence de Berlin

par Lecture proposée par Marc K. Satchivi , le 26 février 2004, publié sur ufctogo.com

Convoquée sur l’initiative du chancelier allemand Otto von Bismarck, la Conférence de Berlin s’est tenue du 15 novembre 1884 au 26 février 1885. Loin de l’Afrique, contre l’Afrique, et au détriment des Africains, des soi-disant puissances se sont réunies sous sa conduite. Pour se partager, autour d’une table, tel un gâteau, tout un continent, la belle et riche Afrique.

 

En effet, l’exploration de l’Afrique par les Européens a commencé avec la navigation portugaise le long des côtes africaines vers 1450. Le « succès » des Portugais durant leurs voyages a encouragé d’autres puissances navales européennes, à leur emboîter le pas. Toutes, elles voulaient explorer l’Afrique. C’est ainsi que durant le XIXè siècle, les Européens avaient établi des colonies tout le long des côtes du continent africain. La ruée vers les territoires d’outre-mer a été rendue bien plus intense par la révolution industrielle, le besoin de la main-d’œuvre à prix réduit, de matières premières et de nouveaux marchés. Evidemment, la concurrence entre ces puissances européennes a souvent mené à des conflits violents. Lesquels conflits paraissaient inutiles aux yeux du Portugal qui émit l’idée d’une conférence internationale qui pourrait régler ces conflits territoriaux ayant résulté des activités européennes dans le Bassin du Congo. C’est, sans nul doute, dans cet état d’esprit que celle de Berlin fut organisée. Mais, elle donnera plutôt, à la fin, le ton pour la « bousculade pour l’Afrique ».

Durant les travaux, il a été convenu que n’importe quelle nation européenne qui prendrait possession d’une côte africaine doit informer les autres signataires de la Loi de Berlin. Et qu’elle peut se baser sur la doctrine de l’« hinterland », c’est-à-dire qu’il lui est permis de reculer son drapeau jusqu’à une distance illimitée si elle ne se heurte pas à une autre « concurrente » ayant déjà implanté son drapeau sur le même terrain.

La Conférence de Berlin a donc apporté un important changement au niveau des affaires internationales. Elle a ainsi créé les règles pour le « métier efficace » des terres à conquérir, s’assurant que la division de l’Afrique allait se faire sans guerre parmi les « puissances » européennes. Celles-ci y ont procédé sans tenir compte des désirs des peuples autochtones et des réalités naturelles sur place. Les frontières artificielles et arbitraires que les Européens ont tracées et imposées continuent par diviser jusqu’alors des groupes ethniques. Elles sont également la source des différends qui opposent aujourd’hui, des « pays (qualifiés de) frontaliers ». Par ailleurs, on notera aussi, le fait que des peuples entiers, parlant les mêmes dialectes et partageant les mêmes us et coutumes, se retrouvent depuis lors divisés, éparpillés çà et là (dans une même région ou zone) et dressés enfin les uns contre les autres.

Il n’est pas surprenant aujourd’hui de retrouver des Koffi, des Kodjo (Kouadio), Komi (Kouamé), Yao, Kossi (Kouassi), Kokou (Kouakou) en République de Côte d’Ivoire, au Ghana et au Togo et au Bénin. C’est ainsi que de part et d’autre des frontières entre le Ghana et la RCI, on retrouve des peuples ayant les mêmes pratiques. De même, des cousins et cousines portant le même nom de famille se retrouvent également dans trois pays : le Ghana, le Togo et le Bénin, sur la côte ouest-africaine. Le même constat est fait dans d’autres régions sur le continent avec des exemples des peuples de l’Afrique Centrale et Equatoriale. Pire, des paysans togolais vivant sur le sol natal, ont leurs terres cultivables au Ghana voisin...

Les conflits interethniques fréquents au Nigeria, la crise ethnico-politique en Côte d’Ivoire, les conflits de l’Ile de Bakassi (entre le Cameroun et le Nigeria), de la bande d’Aouzou (entre le Tchad et la Libye), le génocide rwandais entre Tutsis et Hutus, la « guerre » en RDC, le différend en 1974 entre le Mali et l’ex-Haute-Volta (actuel Burkina-Faso), pour nous limiter ces quelques exemples, demeurent les vrais résultats escomptés par les colonisateurs et autres impérialistes avec leur formule : « Diviser pour mieux régner ».

A Berlin, se réunirent les usurpateurs
Chacun, un long couteau, bien aiguisé, à la main.
A Berlin, se retrouvèrent les colonisateurs
Qui ont agi, après, sans penser au lendemain...

A Berlin, ils couvrirent de lignes obliques,
Courbes, verticales, horizontales, la carte de l’Afrique.
A Berlin, ils ont raisonné de manière cyclique
En mettant en « morceaux », toute honte bue, notre chère Afrique.

Tiens, voici ta part, contente-toi de ces faunes et flores
Moi, je vais avaler ces gisements et mines d’or
Ces montagnes et eaux sont aussi à moi
Vous, prenez, ces terres pour votre roi !

A Berlin, les soi-disant puissances
Se sont partagé notre Afrique en toute aisance
Sans se soucier des réalités géographiques
Ni, se trouvant sur le continent, les présences physiques.

A Berlin, elles se sont basées sur la théorie des 3 « c »
Qui les a « autorisées » à aller « coloniser, christianiser et civiliser ».
A Berlin, il était décidé d’aller sauver des âmes noires
Aujourd’hui, leur exploitation à outrance fait leur « gloire ».

A l’époque, le Pape sanctifia leur rencontre :
« Dieu a créé cette terre pour nous, Amen »
L’Eglise, n’était pas du tout contre.
Aujourd’hui, en y pensant, on a mal à l’abdomen.

Tout au début, c’était des hommes en soutane ou missionnaires
Ils devaient apporter aux « Nègres » la civilisation
Ils furent suivis après par des tortionnaires
Jusqu’à ce jour, les « civilisateurs » excellent si bien dans l’exploitation.

Marc K. Satchivi - Belgique, le 26 février 2004

 

© Copyright Lecture proposée par Marc K. Satchivi

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