Droits de l’homme

25 mars 1993 : purge sanglante dans l’armée togolaise

par La rédaction UFCTOGO.COM , le 25 mars 2004, publié sur ufctogo.com

Dès la fin de la Conférence nationale souveraine, Eyadéma n’a eu de cesse de récupérer par la terreur, la violence, l’intrigue, la manipulation le pouvoir qu’il a du céder sous la pression populaire. 1993 marquera en lettre de sang abondamment versé, la récupération totale du pouvoir par Gnassingbé Eyadéma.

 

L’année commence mal et les populations vont vivre des événements très douloureux : massacre de Fréau jardin, le 25 janvier 1993 ; et les derniers jours de 1993, la garde présidentielle est lancée dans les rues de Lomé pour semer la terreur en tirant au hasard. Lomé se videra du tiers de sa population partie se réfugier au Ghana et au Bénin.
C’est dans ce contexte de peur et d’intimidation que se tiendra à Colmar (France) en février 1993, une nouvelle médiation franco-allemande entre le RPT et l’opposition. Ces négociations buteront sur la question primordiale de la sécurité des Togolais et de leurs biens. En clair, on demande le retour des militaires dans les casernes, car ce sont eux qui font régner la terreur. On réclame dans l’opposition le déploiement d’une force internationale d’interposition, particulièrement lors de la période électorale prévue, non sans problème, pour août 1993. Eyadéma et ses partisans refusèrent catégoriquement une telle proposition. En outre, assuré du soutien total et sans fard de la France, si la droite gagnait les élections législatives d’avril 1993, Eyadéma va déployer sa stratégie diabolique d’épuration dans l’armée, car il se méfie de certains officiers et militaires considérés comme des démocrates. Ainsi, une liste des militaires à exécuter est établie. Le plan est tracé et sera froidement réalisé par les Djoua, Bitenewe, Titikpina, Ernest Gnassingbé, Telou Yao, Faya, Adam Sakibou, kabiya Egbam, Kabiya Dao, ... Il s’agit de simuler une agression extérieure !

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Militaires exécutés

En effet, dans la soirée du mercredi 24 mars 1993, vers 18 heures, on remarque que d’importants renforts de troupe sont acheminés vers les frontières du Ghana et du Bénin. Des chars font partie de l’arsenal déployé. Jeudi 25 mars 1993, vers 3h du matin, les loméens sont réveillés par des tirs nourris d’armes automatiques. Peu de temps après, une radio émettant en modulation de fréquence annonce que des forces démocratiques vont attaquer. Pendant que se déroule ce simulacre macabre, les tueries commencent dans le camp RIT où, nous dira t-on, Eyadéma a réussi à s’échapper.
Durant cette nuit, le général Ameyi sera abattu. Le colonel Tepe ainsi que trois de ses neveux seront exécutés par un certain sous-lieutenant Simeza de Pya. Le colonel Akpo Gnandi de la garde présidentielle est atteint en plein ventre d’une rafale tirée par le caporal-chef Ali Ayenam.

Le Major Fondoumi est désarmé par le soldat Tchouko kondo et un groupe qui l’expédieront à Lomé 2. La maison de l’officier située dans le quartier Adéwui sera aussitôt saccagée et pillée par des militaires. Selon des témoins crédibles, il sera soumis à des tortures devant Gnassingbé Eyadéma.

Le Commandant de gendarmerie Dotto sera sauvagement battu par un groupe de soldats et laissé pour mort. Le lieutenant Dedo, parent du général Ameyi est porté disparu. Le lieutenant Gaba qui fut appréhendé par les soldats réussit à s’évader. Son chauffeur, le soldat de 1ère classe Djibom est mort atteint d’une rafale de mitraillette.

Les militaires assassinés et identifiés sont :
- Le général AMEYI
- Le Colonel TEPE et trois membres de sa famille ( Koffi TEPE, Paul TEPE, Robert TEPE)
- Le Sergent-chef Yeto KOUGLENOU
- Le Sergent-chef BATCHASSI ( garde présidentielle)
- Sergent MAYANBO
- Caporal Yaya SEIBOU
- Le Sergent HODIBA
- Caporal NOMAGNON
- Caporal AMEZIAN Mensah
- Caporal AFFO Bozinanbo
- Caporal AFFO Ati Issaka
- 1ère Classa DJIBOM
- 1ère Classe ATCHA Souradjou
- 2ème Classe AGBAGLI Kodjo
- 2ème Classe AZIATI

Beaucoup de militaires ont fui le Togo pour échapper à la folie meurtrière des SIMEZA, TAKOUGNADI, ADJANA, AGARAM, POULI, SAMANI Kossi, KPAKPAME, ALOU Essohanam, TCHEKPASSI, PALI Abissoubie, ALI Ayenam, LIBIBE, TCHOUKO Kondo...

Dans un communiqué publié le 30 mars 1993, Amnesty international évoque les exécutions extrajudiciaires, les arrestations et les disparitions de militaires à la suite d’une « attaque présumée » du camp militaire de Lomé. L’organisation de défense des droits de l’homme parle de « l’assaut de la résidence du président Eyadéma par des assaillants inconnus qui auraient pris la fuite. Des dizaines de militaires auraient été arrêtés à la suite de cet assaut et au moins 20 personnes ont été sommairement exécutées par l’armée togolaise...Les autorités ont déclaré que des soldats loyalistes étaient responsables de ces morts, mais n’ont ordonné aucune enquête ni pris des mesures pour traduire en justice les responsables de ces exécutions extrajudiciaires ».

Lire le rapport d’Amnesty International :
http://web.amnesty.org/library/Index/ESLAFR570041993?open&of=ESL-TGO

Ainsi va toujours le Togo, où l’impunité et la terreur sont érigées en norme de gouvernement par Gnassingbé Eyadéma !

La rédaction ufctogo.com

 

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