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Washington soutient la CEDEAO, le Togo de plus en plus isolé

Le 10 février 2005, publié sur ufctogo.com

Le nouveau pouvoir togolais mis en place par les militaires après la mort du général Gnassingbé Eyadéma se retrouve de plus en plus isolé au sein de la communauté internationale.

Les Etats-Unis ont apporté leur plein soutien mercredi aux pressions exercées par les pays d’Afrique de l’ouest pour amener ce pays à revenir à l’ordre constitutionnel, après la prise du pouvoir par le fils du président Gnassingbé Eyadéma, décédé samedi.

Les Etats-Unis "approuvent pleinement" les décisions du sommet de neuf chefs d’Etat de pays de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) réuni mercredi à Niamey, a déclaré le porte-parole adjoint du département d’Etat, Adam Ereli. Ce sommet "a condamné les récents développement au Togo et les manipulations du processus constitutionnel togolais", a ajouté le porte-parole dans un communiqué.

"Les Etats-Unis appellent les autorités togolaises à coopérer pleinement avec la CEDEAO, l’Union africaine et les autres membres de la communauté internationale, ainsi qu’à aller pacifiquement et rapidement vers des élections libres et équitables", a-t-il ajouté. Neuf chefs d’Etat ouest-africains réunis en sommet extraordinaire à Niamey ont accentué la pression sur le fils du président défunt du Togo Gnassingbé Eyadéma, Faure Gnassingbé, investi le 5 février par l’armée, en exigeant mercredi soir "le retour de l’ordre constitutionnel" sous peine de "sanctions".

Mercredi matin, l’Union européenne, qui devait reprendre son aide en avril 2005 après plus de dix ans d’interruption notamment pour la répression de l’opposition, a dénoncé "le coup d’Etat" des militaires qui ont mis au pouvoir Faure Gnassingbé, le fils du général Eyadéma, décédé le 5 février.

"L’UE condamne toute violation des dispositions constitutionnelles régissant l’intérim du pouvoir, qu’elle considère comme un coup d’Etat et appelle tous les responsables politiques et les institutions de l’Etat à oeuvrer en vue d’une transition pacifique vers un régime démocratique", a déclaré la présidence, exercée par le Luxembourg.

Enfin, l’UE déclare suivre avec "préoccupation l’évolution de la situation politique" et "se rallie aux déclarations faites par les Nations unies, l’Union africaine et la CEDEAO (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest) appelant au respect du processus démocratique".

Lundi, l’Union africaine, dont la politique depuis quelques années est de dénoncer les coups d’Etat sur le continent, avait affirmé sa "détermination à imposer des sanctions" contre le Togo si "la légalité constitutionnelle" n’est pas rapidement rétablie dans ce pays.

Même l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), d’habitude peu encline à entrer dans le domaine politique, a décidé mercredi soir de suspendre la participation du Togo à ses instances ainsi que la coopération multilatérale avec ce pays et a "condamné avec la plus grande fermeté le coup d’Etat perpétré par les forces armées togolaises". Depuis la déclaration de Bamako, adoptée en novembre 2000, sur la surveillance de l’état démocratique dans l’espace francophone, c’est la première fois que l’OIF décide de suspendre la participation des représentants d’un pays.

La France, dont le président Jacques Chirac a salué la perte "d’un ami personnel" après le décès de général Eyadéma, s’est engagée mercredi à surveiller les promesses, faites, le même jour, par Faure Gnassingbé, d’organiser des élections libres. "Nous avons entendu ce matin Faure Gnassingbé dire qu’il souhaitait très rapidement organiser des élections libres et démocratiques (...) Nous allons vérifier si ces promesses sont tenues", a déclaré le ministre de la Coopération Xavier Darcos devant les députés français.

"Si ce n’est pas le cas, la France jouera son rôle plein et entier dans le cadre des institutions internationales, en particulier l’Union européenne qui avait décidé de reprendre les négociations de partenariat en avril prochain avec le Togo", a ajouté le ministre. La France souligne ainsi sa nouvelle politique africaine qui est d’intervenir dans le cadre d’institutions internationales et non plus de faire ou défaire, elle seule, des régimes dans sa zone d’influence.

"Ne demandez pas à la France d’être le gendarme de l’Afrique : ce n’est pas l’ambition ni la vocation de notre pays. Nous sommes dans le cadre du droit international", déclarait mardi soir son chef de la diplomatie, Michel Barnier.

AFP

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