DEPECHE

Victoire d’Abdoulaye Wade : le Sénégal tourne une page de son histoire

Le 20 mars 2000, publié sur ufctogo.com

Une page de l’histoire du Sénégal et de la démocratie en Afrique a été tournée avec la victoire, reconnue lundi par Abdou Diouf, le président sortant, du libéral Abdoulaye Wade, qui accède ainsi à la magistrature suprême après plus de 25 ans dans l’opposition. Dans un message lu sur les ondes des radios sénégalaises, Abdou Diouf a félicité son adversaire - que des résultats partiels et provisoires - créditent d’une large avance - et lui a "souhaité ses voeux de succès dans cette mission noble et exaltante au service du peuple sénégalais tout entier".

Les adversaires politiques du président sortant, membres des partis du Front pour l’alternance (FAL) dont l’alliance a permis la victoire d’Abdoulaye Wade, ont unanimement rendu un hommage appuyé à M. Diouf, valorisant son rôle de "digne fils" de l’histoire du Sénégal.

"Le Sénégal sort grandi de cette démarche. Il est aujourd’hui un exemple pour l’Afrique toute entière" a déclaré Landing Savane (PADS - extrême gauche), membre de la Coalition avenir 2000 d’Abdoulaye Wade.

Abdoulaye Wade, fondateur en 1974 du Parti démocratique sénégalaiss’est présenté 4 fois à la présidentielle, en 1978 contre Léopold Sédar Senghor, puis en 1983, 1988 et 1993 contre Abdou Diouf.

Lundi 20 mars, que des Sénégalais ont déjà baptisé "le printemps nouveau du Sénégal, le vieux lutteur, 74 ans, est arrivé au bout de son long combat, celui de l’alternance politique, chassant un parti socialiste (PS) au pouvoir depuis près de 40 ans.

Bien qu’il se soit présenté sous l’étiquette libérale "parce que celle de socialisme était déjà prise" a-t-il plaisanté un jour, Abdoulaye Wade est parfaitement à l’aise dans les alliances nouées pour ce scrutin crucial.

Il cohabite "en harmonie et en conviction" avec des leaders d’extrême gauche, d’anciens communistes, des transfuges du PS et des représentants des partis religieux, très influents dans le pays.

"Cette victoire désormais acquise, c’est celle du peuple sénégalais". C’est l’adhésion du peuple sénégalais à une politique nouvelle", a-t-il souligné dimanche soir, juché sur une voiture avec, à ses cotés, celui qui sera son premier ministre Moustapha Niasse.

Les deux hommes - un libéral et un transfuge du PS - se respectent profondément.

Ils ont affirmé qu’il se voueraient entièrement "au seul intérêt du pays".

Lundi, alors que la population fêtait la vague bleue - la couleur fétiche de Wade et de son parti du "sopi" (changement en langue Wolof), le futur président de la République sénégalaise et son premier ministre étaient au travail sur les dossiers les plus urgents : la réduction de la grande misère, la maîtrise de l’économie, le rétablissement du pays et l’arrêt de la vague de corruption.

L’arrivée d’Abdoulaye Wade au "Palais Roume", la résidence présidentielle va bousculer les caciques socialistes boulonnés à leurs sièges depuis près de 40 ans.

Des élections législatives seront rapidement organisées pour "une meilleure représentation du peuple" et le Sénat, création coûteuse et décriée d’Abdou Diouf supprimé, a annoncé entre les deux tours Moustapha Niasse.

Les Sénégalais semblent envisager l’avenir sans inquiétude.

"Ils ont prouvé qu’ils étaient déterminés et responsables" a commenté lundi le Nigérien Ide Oumarou, ancien secrétaire-général de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) et observateur de la Francophonie à l’élection présidentielle.
Agence France-Presse (AFP)

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