DEPECHE

Une manifestation de l’opposition dégénère à Haïti : au moins 4 morts

Le 7 mars 2004, publié sur ufctogo.com

PORT-AU-PRINCE (AFP) - 07/03/2004 22h10 - Au moins quatre personnes ont été tuées par balles et plus de 20 autres blessées dimanche à Port-au-Prince, dont certaines grièvement, lors de la dispersion d’une manifestation de l’opposition au président déchu Jean Bertrand Aristide, selon des témoins et des radios locales.

Après ces nouvelles violences, Guy Philippe, le chef des insurgés haïtiens qui ont contribué à la chute d’Aristide, s’est dit prêt à reprendre les armes.

"Deux corps ont été apportés à l’hôpital du Canapé Vert", a indiqué par téléphone Ketly Julien, responsable de l’institut mobile d’éducation démocratique, une organisation humanitaire. Mme Julien accueille les blessés à l’hôpital.

Ce bilan est encore très provisoire, les blessés continuant d’arriver, a-t-elle précisé.

Deux autres corps ont été trouvés dans les environs du palais présidentiel au centre de la capitale haïtienne.

Les incidents se sont produits lors de tirs des chimères, des partisans de l’ex-président Aristide, qui ont pris pour cible les manifestants de l’opposition au président déchu lors de leur dispersion dans le centre-ville.

Plusieurs blindés américains sont sortis du palais présidentiel et ont pris position sur la place du champ de Mars qui lui face, a-t-on constaté.

Selon la radio Vision 2000, qui affirme avoir vu ses papiers d’identité, un des morts est un jeune manifestant, Josephat Luckner. Les circonstances de son décès n’ont pas pu être déterminées dans l’immédiat.

Parmi les blessés, se trouvent deux journalistes étrangers, a-t-on indiqué de source médicale. L’un d’eux est de nationalité américaine, a constaté un photographe de l’AFP.

Les manifestants, selon les radios, ont exprimé leur colère contre les forces de l’ordre auxquelles ils ont reproché de ne pas être intervenues au cours des violences.

La manifestation de l’opposition au président déchu avait rassemblé dimanche plus de 10.000 personnes et s’était déroulée dans la matinée sans incident sous la protection de la police anti-émeute haïtienne et des militaires américains et français.

Partis du quartier résidentiel de Pétion-Ville sur les hauteurs de la capitale, plusieurs milliers de manifestants portaient des banderoles, proclamant "plus jamais ça" ou encore "la paix pour Haïti", et s’étaient rassemblés autour de l’Eglise Saint-Pierre.

Ils s’étaient ébranlés dans une ambiance bon enfant en scandant en créole "Wé pas wé fok Aristide jugé" ("qu’on le veuille ou non Aristide doit être jugé"), agitant des pancartes réclamant une police indépendante et l’arrestation de Jean-Claude Jean Baptiste (le conseiller pour la sécurité du président déchu) et de Nahum Marcellus, un responsable de l’aile dure du parti Lavalas dans le nord du pays.

Jean Bertrand Aristide a dû quitter précipitamment Haïti pour la République Centrafricaine il y a une semaine à l’issue d’un mois d’insurrection dans le pays.

Quelque 2.500 militaires américains, français, canadiens et chiliens ont été envoyés en Haïti pour tenter de stabiliser la situation en attendant l’envoi d’une force multinationale sous l’égide de l’ONU.

Samedi, de nouveaux pillages accompagnés de règlements de compte s’étaient produits dans la banlieue sud-ouest de Port-au-Prince, ont indiqué des témoins.

Ainsi, le terminal de la Shell à Bizoton n’était toujours pas sécurisé samedi, et de nouveaux pillages perpétrés par les "chimères" avaient été signalés à nouveau dans la nuit de vendredi à samedi en particulier dans le quartier de Martissant où des dépôts de riz ont été pillés.

© 2004 AFP

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