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Une association de la société civile togolaise ne "reconnait plus" Eyadéma

Le 16 juin 2003, publié sur ufctogo.com

PARIS, 16 juin (AFP) - 12h18 - La Concertation nationale de la société civile du Togo, ayant suivi l’ensemble du processus du scrutin présidentiel depuis janvier 2003, "ne reconnait plus (le général) Eyadéma comme président du Togo", indique un communiqué recu lundi à Paris.

Ce "réseau indépendant d’acteurs de la société civile nationale" affirme ne pas reconnaître le président Gnassingbé Eyadéma, réélu le 1er juin, en raison "de fraudes massives" et de "corruption".

"Vu les preuves de fraudes massives faites de : bourrage d’urnes, achat de consciences, actes de violence et d’intimidations sur les électeurs, trafics d’urnes, falsifications de procès-verbaux de résultats" et "constatant la corruption organisée au profit du candidat du Rassemblement du peuple togolais (RPT - parti au pouvoir)", la Concertation estime que les résultats proclamés par la Cour constitutionnelle "sont irrecevables".

Selon le communiqué, ces résultats, qui ont officiellement entériné le 12 juin, la réélection du général-président "sont sans fondement crédible. Chacun des membres de cette institution, outre le fait d’être militant du RPT, a été soudoyé pour la circonstance afin de déclarer le candidat Eyadéma vainqueur".

La concertation invite "d’urgence la jeunesse togolaise, les travailleurs et l’ensemble des citoyens togolais condamnés à la misère, à s’associer massivement aux initiatives en cours pour la libération de notre patrie" et elle demande "à la France d’éviter dorénavant de se mêler des affaires du Togo".

Le président Eyadéma, au pouvoir depuis 36 ans, a été réélu pour 5 ans en l’absence de son principal opposant Gilchrist Olympio. L’opposant, qui se dit condamné à l’exil pour des raisons de sécurité, a été empêché de se porter candidat après une modification constitutionnelle qui, en revanche, a autorisé le président Eyadéma à se représenter.

Les autres opposants ont aussi crié à la fraude, à la corruption et aux intimidations, au cours d’un scrutin également dénoncé par Amnesty International et des associations chrétiennes, dont le Secours Catholique.

AFP

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