DEPECHE

Tunisie : Ben Ali réélu avec 94,48% des voix, l’opposition crie à la manipulation

Le 25 octobre 2004, publié sur ufctogo.com

Le président tunisien sortant Zine El Abidine Ben Ali a été réélu comme prévu à une écrasante majorité (94,48%) pour un quatrième mandat à l’élection présidentielle de dimanche, selon des chiffres officiels définitifs contestés par une partie de l’opposition, qui crie à la manipulation.
Les trois candidats de l’opposition ont obtenu moins de 6%, le principal d’entre eux, Mohamed Ali Halouani, du parti Ettajdid (ex-Parti communiste), étant crédité de 0,95%, selon les chiffres définitifs annoncés lundi par le ministre de l’Intérieur Hedi Mhenni.

M. Halouani, qui se présentait sous l’étiquette de l’"Initiative démocratique" regroupant des personnalités indépendantes, avait dénoncé la censure de son manifeste électoral et des "irrégularités" durant la campagne et dans les bureaux de vote.

Les deux autres candidats de l’opposition, considérés comme proches du pouvoir et dont les candidatures étaient symboliques, Mohamed Bouchiha, secrétaire général du Parti de l’unité populaire (PUP) et Mounir Béji, du Parti social libéral (PSL), ont obtenu respectivement 3,78% et O,79% des voix.

Le score de M. Ben Ali, s’il se situe en-dessous des 99,44% qu’il avait obtenus lors de la première présidentielle pluraliste de l’histoire de la Tunisie, en 1999, n’en a pas moins l’allure d’un plébiscite.

Le scrutin, qui s’est déroulé dans le calme, a été qualifié de "crédible" par la Ligue arabe.

"Selon les premières données nous ne constatons pas de graves dépassements, juste des détails logistiques d’organisation, qui n’entament en rien la crédibilité du scrutin", a déclaré Ahmed Ben Helli, chef de la mission de la Ligue.

A l’exception de Mohamed Bouchiha, candidat de soutien à M. Ben Ali, qui s’est réjoui d’avoir "contribué à briser le tabou des scores à plus 99% enregistrés lors des scrutins présidentiels précédents", les réactions sont très vives, tant parmi les partis d’opposition que dans la mouvance des droits de l’Homme.

L’Initiative démocratique (ID) parrainant Mohamed Ali Halouani, a contesté les résultats des élections.

"Nous contestons ces résultats inimaginables et le score ridicule de 0,95% attribué à notre candidat", a déclaré l’avocat Ayachi Hammami, porte-parole de l’ID, envisageant un recours devant le Conseil constitutionnel.

"Ces résultats sont une insulte à l’intelligence des Tunisiens, un échec plutôt qu’une victoire pour le régime" de M. Ben Ali, a-t-il ajouté.

Le secrétaire général du Parti démocratique progressiste (PDP, légal) a dénoncé, pour sa part, "un simulacre d’élections" et contesté les résultats des deux scrutins.

Pour Mustapha Ben Jaâfar, dirigeant du Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), les résultats sont "surréalistes" et les forces d’opposition doivent repartir d’urgence "sur des bases claires en rupture avec le système partisan".

Enfin, la vice-présidente de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, Souhayr Belhassen, a interprété les résultats des élections de dimanche comme "la volonté du régime (Ben Ali) de punir les perturbateurs et récompenser les proches du pouvoir".

Zine El Abidine Ben Ali, 68 ans, est arrivé au pouvoir il y a 17 ans après avoir écarté pour "sénilité" Habib Bourguiba, premier président de la Tunisie indépendante.

Il a remporté son quatrième mandat grâce à un amendement de la Constitution approuvé par référendum et contesté par une partie de l’opposition, l’ancien texte limitant à trois le nombre des mandats présidentiels.

Le taux de participation à ces élections a été de 91,50%, selon des chiffres officiels communiqués par M. Mhenni, qui a fait état d’élections "transparentes et démocratiques".

Plus de 4,6 millions d’électeurs inscrits étaient appelés à désigner leur président et à élire un parlement parmi les 26 listes du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), et celles de six partis d’opposition, en plus de sept listes "indépendantes".

Aux législatives, le RCD a remporté la totalité des 152 sièges en compétition au niveau des 26 circonscriptions, soit 80% des 189 à pourvoir dans la future Chambres des députés (parlement unicaméral).

Les partis d’opposition en lice se sont partagés les 37 sièges restants (20%) suivant un décompte des voix à l’échelle nationale : le Mouvement des démocrates socialistes (MDS) en tête avec 14 sièges, suivi du PUP (11 sièges) et de l’Union démocratique unioniste (sept sièges). Le parti Ettajdid a obtenu trois sièges et le PSL deux sièges. Le Parti démocratique progressiste (PDP), qui s’était retiré en fin de campagne, reste sans représentation parlementaire.

AFP

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