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Togo : l’UA se réunit jeudi pour prendre d’éventuelles sanctions

Le 24 février 2005, publié sur ufctogo.com

ADDIS ABEBA (AFP) - 24/02/2005 08h12 - Le Conseil de paix et sécurité de l’Union africaine (UA) se réunit jeudi à Addis Abeba pour décider d’éventuelles sanctions contre les autorités de fait au Togo après l’accession au pouvoir controversée du président investi Faure Gnassingbé.

La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a déjà imposé le 19 février des sanctions au Togo, dont sa suspension de cette organisation régionale, et l’Union européenne (UE) a, à son tour, évoqué mercredi la possibilité de "prendre des mesures" contre Lomé.

Désigné par l’armée pour succéder à son père, Gnassingbé Eyadéma, qui avait dirigé d’une main de fer ce petit pays d’Afrique de l’ouest depuis 1967, Faure Gnassingbé a été investi le 7 février, deux jours après la mort de son père, après une révision éclair de la Constitution par le Parlement. M. Gnassingbé a annoncé le 18 février qu’il resterait au pouvoir jusqu’à la tenue d’une élection présidentielle d’ici 60 jours. Une décision largement critiquée par la communauté internationale.

"Il va s’agir d’examiner la situation au Togo au regard des dernières évolutions avec l’éventualité d’émettre des sanctions si nécessaire", a souligné mercredi un responsable de l’UA ayant requis l’anonymat. "Il y a déjà un embargo sur les visas décidé par la CEDEAO, il ne va pas y avoir forcément une escalade dans les sanctions. L’idée, c’est d’abord de renforcer les sanctions prises par la CEDEAO en étendant leur application à l’ensemble des Etats membres de l’UA", a-t-il poursuivi.

La CEDEAO a décrété une interdiction de voyager dans la région pour les dirigeants togolais et les Etats membres de l’organisation régionale ont décidé de rappeler leurs ambassadeurs en poste à Lomé. Le Togo avait été suspendu automatiquement des activités de l’UA, dès le 8 février, à l’issue d’une réunion du Conseil de paix et sécurité de l’organisation, l’équivalent africain du conseil de sécurité de l’Onu.

Dès ce jour, l’UA avait affirmé sa "détermination à imposer des sanctions" contre le Togo si la légalité constitutionnelle n’était pas rapidement rétablie dans le pays. Le protocole du Conseil de paix et sécurité prévoit comme sanctions, outre la suspension automatique des activités de l’organisation, la suspension des relations commerciales entre le pays visé et les autres Etats membres, la suspension des visas ainsi que toute autre sanction jugée nécessaire. L’organisation n’a toutefois jamais eu recours à cette dernière possibilité.

Au fil de l’histoire de l’organisation panafricaine, l’OUA devenue UA en 2002, a essentiellement eu recours à la suspension : la Sierra Leone en 1997, après le coup d’Etat contre Ahmad Tejan Kabbah, le Niger en 1999, les Comores en 1999, Madagascar en 2002 et enfin la Centrafrique depuis le 15 mars 2003.

Le seul cas où l’UA a eu recours à l’ensemble des sanctions disponibles fut lors de la tentative de sécession de l’île d’Anjouan en 2001 avec un embargo total sur les relations commerciales de cette île des Comores.

Pour de nombreux analystes, la crise togolaise est aussi un test de crédibilité pour l’UA qui a succédé à l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 2002 et dont les nouveaux statuts proclament le refus de reconnaître des coups d’Etat parmi ses pays membres. "Accepter ce genre de situation politique (comme celle prévalant au Togo) n’est plus tolérable pour l’UA", a rappelé le même responsable de l’organisation panafricaine.

"On espère que les Etats membres africains ne l’accepteront pas, c’est une question de crédibilité de l’organisation et de fidélité par rapport à nos principes", a-t-il conclu.

AFP

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