DEPECHE

Togo : 30 médecins se mobilisent pour une opération santé gratuite

Le 23 novembre 2008, publié sur ufctogo.com

La nouvelle s’est répandue comme une trainée de poudre dans les villages de brousse autour de Sotouboua et Sokodé, au centre du Togo : des médecins soignent gratuitement.

Depuis dix jours, des centaines, voire des milliers de pauvres ont tout laissé tomber dans les champs et parcouru des dizaines de kilomètres à pied pour se faire soigner par ces "médecins aux pieds nus" togolais, qui ont décidé eux aussi de tout abandonner pendant deux mois pour cette croisade médicale.

"Dieu vous le rendra au centuple", bredouille d’émotion Essossinam, un paysan d’une cinquantaine d’années qui souffrait depuis 15 ans d’une hernie dangereuse. Les médecins sourient.

Essossinam n’avait pas d’argent, donc pas d’opération, qui lui aurait coûté au moins 90.000 francs CFA (137 euros) dans un hôpital public, plus de 150.000 FCFA (228 euros) dans le privé.

L’opération, une première au Togo, a commencé le 10 novembre et mobilise une trentaine de médecins, pour la plupart venus de Lomé.

Membres de l’Association internationale des médecins pour la promotion de l’éducation et la santé en Afrique (Aimes-Afrique), ils ont pris leurs quartiers dans les hôpitaux de Sotouboua et Sokodé, à respectivement 300 et 375 km au nord de Lomé.

"Nous sommes venus avec du matériel et des médicaments pour soulager ceux qui souffrent", confie Serge Kodom, le président de cette association.

"Les patients sont entièrement pris en charge. Nous leur faisons également un bilan médical, y compris les tests VIH/sida et pour l’hépatite B", précise-t-il.

Des partenaires étrangers, dont des médecins togolais vivant en Europe, et certaines associations européennes, soutiennent financièrement l’opération qui va permettre à plus de 10.000 personnes de bénéficier de soins gratuits pendant deux mois.

Comme beaucoup d’autres secteurs, la santé au Togo a été une victime collatérale de la politique : le pays a été privé d’aide internationale, notamment de l’Union européenne, pendant plus de quinze ans pour "déficit démocratique".

Le Togo compte plus de 200 centres de santé publics mais la plupart sont sous-équipés et manquent cruellement de personnel soignant.

Face à cette situation, l’Etat a décidé en septembre d’investir les années à venir plus de 16 milliards de FCFA (24,36 millions d’euros) pour construire, agrandir et équiper 49 centres de santé.

"Le gouvernement doit agir vite car la situation est catastrophique", déplore Amdjo Bisséra, un médecin dans un centre santé public de Lomé.

A Sotouboua, trois grandes salles ont été transformées en blocs opératoires, cinq autres accueillent les patients opérés.

Dans un petit laboratoire, des techniciens communiquent au fur et à mesure les résultats d’analyses médicales.

"Je suis enfin guéri. J’avais mal au bas ventre depuis 6 ans. Mais faute de moyens, je subissais", se réjouit Mazalo, 39 ans, opérée d’un fibrome. En temps normal, elle aurait dû débourser entre 150.000 et 400.000 FCFA (229 et 610 euros).

Devant l’hôpital, c’est la cour des miracles. Trois infirmiers recensent et canalisent les malades auxquels ils donnent un carnet de soins. Des centaines de personnes attendent dans le calme le précieux viatique.

"Je ne partirai pas avant d’avoir été soigné", gémit dans la foule un vieillard atteint de cataracte.

"Jusque là toutes les opérations se sont bien passées. La plupart du temps on traite des hernies, des fibromes et des cataractes", explique l’un des docteurs bénévoles, Barka Eboulayima.

En sortant de l’hôpital, un quinquagénaire opéré d’une triple hernie n’en peut plus de joie : "Après quinze de souffrance, je vais enfin pouvoir satisfaire ma femme".

AFP (SOTOUBOUA, Togo)

© Copyright AFP

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