DEPECHE

Tensions aux abords de certains bureaux de vote à Lomé

Le 21 juin 1998, publié sur ufctogo.com

La tension montait aux abords de plusieurs bureaux de vote qui n’avaient pas démarré leurs opérations en début d’après-midi dimanche à Lomé, alors que l’élection présidentielle togolaise se déroulait dans le calme dans la majeure partie du pays.

Vers 13H00 (locales et GMT), un millier de personnes, jeunes pour la plupart, excédées d’avoir attendu en vain sous le soleil l’ouverture de leur bureau de vote, ont sillonné les rues de la capitale aux cris de "nous voulons voter".

Appelant "au secours" la communauté internationale, les manifestants se sont rendus devant l’ambassade des États-Unis et la résidence de l’ambassadeur d’Allemagne qui les a reçus. Un autre groupe de 200 personnes, revendiquant également le droit de voter, a défilé un peu plus tard dans l’après-midi à coups de sifflets.

Selon le ministre de l’Intérieur, le général Seyi Mémène, entre 60 et 65% des électeurs avaient voté dans tout le pays à la mi-journée. "Tout était rentré dans l’ordre à 11H30. Vous constatez que tout marche bien", a déclaré le général Mémène, au cours d’un point de presse.

Pourtant à 14H00, le vote n’avait toujours pas débuté dans les quartiers populaires de Bê, Ablogamé, Gbéyévi, Bassadji, Kodjovi Akopé, Nykolapoè, Doumasséssé... faute de matériel (bulletins de certains candidats en nombre insuffisant, manque d’enveloppes...). Ces retards ont suscité la fureur des électeurs frustrés, agglutinés dans les cours et les escaliers des écoles, prenant à partie toute personne ressemblant à un observateur ou un organisateur du scrutin. "Ici on est à fond contre Eyadéma, c’est pour ça qu’on ne nous envoie pas les urnes", clamait l’un d’entre eux, bruyamment applaudi par ses camarades. Selon les autorités administratives, ces "anomalies" et retards" n’ont affecté qu’une infime minorité des bureaux de vote du pays : une soixantaine sur plus de 4.000.

De fait à Kara (nord) par exemple, fief du général Eyadéma, les électeurs ont pu accomplir dans le calme leur "devoir civique" dès l’ouverture du scrutin et en début d’après-midi, le vote était même achevé dans certaines localités du nord du pays. Dans de nombreux bureaux de Lomé, les électeurs ont pu voter paisiblement dans des salles de classe où leçons de calcul, prières ou des dictées -"Maman prépare le foutou"- ornaient encore les tableaux noirs. Les piles des bulletins arboraient les couleurs des différents candidats : épis de maïs sur fond blanc pour le général Eyadéma, bélier noir sur fond bleu pour Me Yao Agboyibo, palmier sur fond jaune pour Gilchrist Olympio, "carton rouge" pour Zarifou Ayeva, poignée de mains pour le Pr. Léopold Gnininvi et étoile à cinq branches pour Jacques Amouzou.

En début d’après-midi, des malles contenant des cartes d’électeurs étaient toujours entreposées à la mairie de Lomé. Les autorités avaient annoncé que les électeurs dépourvus de cartes pourraient se les procurer sur place. (…)

Agence France-Presse (AFP), Lomé, Togo

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