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TPIR (Rwanda) : des soldats français ont entraîné les exécuteurs du génocide

Le 13 janvier 2005, publié sur ufctogo.com

Un soldat de l’ancienne armée rwandaise a témoigné jeudi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) avoir vu des instructeurs militaires français entraîner des miliciens désignés aujourd’hui comme les exécuteurs du génocide de 1994.

Ce soldat, dont le TPIR protège l’anonymat sous le nom de code DA, servait en 1994 au sein du bataillon de reconnaissance, une des unités d’élite de l’armée rwandaise, a indiqué l’agence de presse indépendante Hirondelle, spécialisée dans les débats au TPIR.

Le soldat témoignait dans le procès des ex-chefs d’état-major de l’armée et de la gendarmerie, les généraux Augustin Bizimungu et Augustin Ndindiliyimana, de l’ex-commandant du bataillon de reconnaissance, le major François-Xavier Nzuwonemeye, et de son second, le capitaine Innocent Sagahutu.

Les quatre officiers sont accusés de crimes de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Ils plaident non coupable.

"Vers fin 1992, dans une forêt près du camp Gabiro (est), des miliciens Interahamwe recevaient un entraînement militaire. Ils étaient formés par des militaires rwandais mais aussi par des instructeurs militaires français qui dispensaient les techniques de survie", a raconté DA.

"Les miliciens s’y relayaient par cohortes de 500 à 600", a-t-il ajouté, soulignant avoir passé lui-même près de 2 mois au camp Gabiro vers la fin de 1992.

"Les différentes compagnies du bataillon de reconnaissance se relayaient à Gabiro", a-t-il souligné.

Selon lui, un autre camp militaire, celui de la Garde présidentielle (GP) à Kimihurura (Kigali), avait également servi de centre d’entraînement pour les miliciens.

"Vers fin mai 1993, j’ai vu à deux ou trois reprises des miliciens s’entraîner au camp GP. Les instructeurs étaient des militaires rwandais, dont certains de la GP, mais aussi des militaires français", a-t-il expliqué.

La formation au camp "GP" était dispensée à des chefs miliciens qui s’y exerçaient notamment au maniement du pistolet, et les blindés du bataillon de reconnaissance y avaient aussi un champ de tir, a-t-il précisé.

La France est régulièrement accusée par l’actuel régime rwandais, dominé par la minorité tutsie, d’avoir entraîné et armé les auteurs du génocide, issus de la majorité hutue.

AFP - ARUSHA (Tanzanie)

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