DEPECHE

Succès limité du sommet d’Accra sur la crise ivorienne

Le 12 novembre 2003, publié sur ufctogo.com

ACCRA, 11 nov (AFP) - 22h34 - Sept chefs d’Etat ouest-africains se sont réunis mardi après-midi à Accra pour tenter de relancer le processus de paix en Côte d’Ivoire, sans parvenir à des avancées significatives pour permettre au gouvernement de réconciliation nationale de se remettre au travail.

A l’issue de trois heures de huis clos, les participants se sont séparés après avoir obtenu du président ivoirien Laurent Gbagbo seulement un engagement à "collaborer" avec son Premier ministre Seydou Diarra, également présent à la réunion, pour appliquer le programme du gouvernement de réconciliation nationale.

Selon des sources proches de la réunion, ce mini-sommet organisé par le chef de l’Etat ghanéen John Kufuor, président en exercice de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO), s’est déroulé dans une ambiance difficile et n’a pas atteint les résultats escomptés.

Peu après 18h00, le président nigérian Olusegun Obasanjo, visiblement en colère, a quitté le premier la salle, suivi de peu par son homologue béninois Mathieu Kérékou, tout aussi contrarié.

Le projet de communiqué final soumis aux chefs d’Etat de la CEDEAO, dont l’AFP a pu lire une copie, demandait que M. Diarra dispose de toutes les prérogatives de l’exécutif, dans le cadre délimité par la Constitution ivoirienne, pour mettre en oeuvre les accords de paix de Marcoussis, signés fin janvier en France par les principaux partis politiques et les mouvements rebelles.

Les rebelles qui ont pris les armes en septembre 2002 contre le président Gbagbo font partie du gouvernement de réconciliation formé en mars mais ont suspendu leur participation il y a un mois et demi pour protester contre des blocages orchestrés selon eux par le camp présidentiel dans l’application des accords de Marcoussis.

Le document insistait sur la nécessité pour les ministres de pouvoir nommer leurs collaborateurs et sur une répartition équilibrée des postes ministériels.

Inquiets de la situation sécuritaire en Côte d’Ivoire et redoutant une "irrémédiable dégradation" si des progrès ne sont pas réalisés rapidement, les dirigeants ouest-africains souhaitaient la dissolution immédiate des "milices et bandes armées", qui se multiplient à Abidjan et dans d’autres régions du pays.

Ces avancées auraient dû permettre selon eux de lever les principaux blocages au processus de paix et surtout d’obtenir le retour des ex-rebelles au sein du gouvernement, pour entamer rapidement le regroupement et le désarmement des factions.

Autant de sujets évacués du "communiqué de presse" rendu public mardi soir en lieu et place du communiqué final espéré.

"Concernant la situation en Côte d’Ivoire, le président (Gbagbo) et le Premier ministre (Seydou Diarra) se sont engagés à collaborer étroitement et à s’assurer que le gouvernement de réconciliation nationale fonctionne comme une équipe. Ils se sont également engagés à appliquer le programme de travail élaboré par le gouvernement de réconciliation", selon le texte lu à la presse par le secrétaire exécutif de la CEDEAO, Mohamed Ibn Chambas.

Pour assurer la sécurité des membres du gouvernement, notamment ceux issus de l’ex-rébellion, 80 gendarmes supplémentaires vont être envoyés par le Togo et le Niger dans le cadre de la force de paix ouest-africaine.

Les dirigeants ouest-africains ont également rappelé à "la classe politique" ivoirienne sa responsabilité dans les excès des médias, de plus en plus virulents, et demandé aux partis contrôlant ces médias "de prendre les mesures nécessaires pour qu’ils respectent le code de déontologie de leur profession".

Aucun des participants n’a fait de déclaration à l’issue du mini-sommet.

Les ex-rebelles, qui contrôlent toujours la moitié nord du pays, n’avaient pas réagi mardi soir à ce communiqué du mini-sommet.

AFP

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